Un centre commercial de la banlieue de Washington. Malgré le vent glacial, une quinzaine d’hommes attend dans le froid. Tous sont des immigrés hispaniques. Certains sont sans papiers.
Ils attendent l’arrivée d’un hypothétique employeur qui voudra bien les embaucher quelques heures, voire quelques jours.
Travailleurs journaliers, ils sont les premières victimes de la crise économique aux Etats-Unis. Leurs emplois précaires, souvent dans la construction, sont les premiers à disparaître.
"J’ai travaillé pour beaucoup de boîtes dans le bâtiment. J’ai fait de la construction, du jardinage et de la rénovation d’appartements", explique Jorge, la trentaine, immigré du Guatemala.
Aujourd’hui, lui et des dizaines d’autres, passent des heures sur un bout de trottoir, mais le travail se fait de plus en plus rare.
"Premier arrivé, premier servi !"
D’après l’institut de recherche Pew Hispanic Center, le chômage chez les immigrés hispaniques est passé de 5,1 % à 8 % en 2008, soit une augmentation de 2,9 %. Dans le même temps, il n’a augmenté que de 2 % dans le reste de la population.
Evidemment ces chiffres ne prennent pas en compte les clandestins, qui seraient jusqu’à 12 millions aux Etats-Unis, et qui dépendent justement des emplois les plus précaires.
"Ils viennent ici à partir de 6 heures du matin et ils nous donnent leur nom et puis… c’est premier arrivé, premier servi !" explique Mario Quiroz de l’association Casa de Maryland, qui gère un centre de recherche d’emploi pour immigrés à Hyattsville, dans le Maryland.
Lors du boom de l’immobilier, tout le monde repartait d’ici le matin avec un travail pour la journée.
Aujourd’hui, la salle d’attente est pleine et peu d’employeurs se manifestent. On passe le temps comme on peut. Devant les photos du pays, certains commencent à se demander s’il ne vaudrait pas mieux rentrer, d’autres veulent transformer la crise en opportunité.
La Casa de Maryland gère un atelier où il est possible d’apprendre un nouveau métier ou de se perfectionner.
"Confiance en l’avenir"
Parmi les personnes qui profitent de cet atelier, Maurizio Martinez, qui vient du Salvador. Il met son temps libre à profit, car il a confiance en l’avenir des Etats-Unis, maintenant qu’ils sont dirigés par Barack Obama.
"On espère qu’avec le plan de relance du président les choses vont s’améliorer, confie-t-il. En ce moment, je suis sans emploi, mais prendre des cours est la meilleure manière d’être mieux payé à l’avenir et donc d’améliorer mon style de vie."
Premières victimes de la récession, ces immigrés savent que l’acquisition de nouvelles compétences leur permettra à l’avenir d’éviter d’être la variable d’ajustement de l’économie américaine.














