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Hongrie et Autriche n'auront pas à cultiver d'OGM

Dernière modification : 02/03/2009

La majorité des 27 pays de l'UE a refusé de suivre la Commission européenne dans sa recommandation de lever l'interdiction, en vigueur, de la culture de maïs génétiquement modifié - comme le demandait le géant américain Monsanto.

AFP - Une majorité de pays européens, inquiets pour l'environnement, ont refusé lundi de forcer l'Autriche et la Hongrie à cultiver un maïs génétiquement modifié de la firme américaine Monsanto, un revers pour la Commission européenne et une victoire pour la France.
  
Seuls cinq pays sur 27 - Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède, Finlande et Estonie - ont soutenu la demande de la Commission de lever les "clauses de sauvegarde" décidées par l'Autriche et la Hongrie, lors d'un vote des ministres de l'Environnement de l'UE.
  
Une majorité qualifiée de 255 voix était nécessaire pour rejeter cette demande de l'exécutif européen. Si elle n'avait pas été atteinte, la Commission, qui invoquait le risque de plainte contre l'UE à l'OMC, pouvait imposer la levée des interdictions autrichienne et hongroise.
  
"C'est une victoire historique. Pour moi, c'est comme si l'Autriche était devenue championne d'Europe de football", s'est réjoui le ministre autrichien de l'Environnement, Nikolaus Berlakovich, reflétant le sentiment de toute la classe politique autrichienne.
  
Greenpeace s'est aussi félicité de l'"échec cuisant de la Commission".
  
"La protection de l'environnement et de la santé publique devrait toujours venir avant les intérêts financiers d'une poignée de sociétés agro-chimiques", a déclaré l'organisation.
  
Le vote de lundi est une très bonne nouvelle pour la France et la Grèce: elles peuvent maintenant espérer que leurs interdictions de cultiver ce maïs, qui doivent être soumises prochainement au vote des pays de l'UE, seront maintenues.
  
"Nous apprécierions hautement que le collège des commissaires fasse une lecture attentive du vote d'aujourd'hui", a ainsi averti le ministre français Jean-Louis Borloo.
  
"Compte tenu des interrogations des scientifiques et des citoyens sur les impacts environnementaux des OGM, nous souhaitons que soient maintenues les clauses de sauvegarde nationales jusqu'à ce qu'une décision soit prise sur le renouvellement éventuel des autorisations de ces OGM", a-t-il ajouté.
  
L'UE autorise la commercialisation des OGM. Mais une seule semence, le MON 810, a été homologuée pour la culture - en 1998, pour dix ans.
  
Le renouvellement de cette autorisation est en cours d'évaluation. L'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) a indiqué avoir demandé à Monsanto des "informations supplémentaires concernant l'impact environnemental".
  
M. Borloo a aussi déploré que le président de la Commission, José Manuel Barroso, ait tenté de passer en force alors que les gouvernements des 27 avaient appelé en décembre la Commission à recueillir une expertise plus large lors de l'examen des demandes d'autorisation d'OGM, en prenant en compte les structures agricoles et les particularités écologiques des régions européennes.
  
A trois mois des élections européennes, beaucoup de pays ne voulaient pas risquer de braquer l'opinion sur un sujet sensible comme les OGM.
  
Dès la semaine dernière, la présidence tchèque de l'UE avait appelé à faire preuve de "psychologie" sur une "question complexe".
  
"Je ne vois pas pourquoi on devrait suivre les intérêts d'une seule entreprise américaine et fâcher les citoyens des Etats membres", a encore  expliqué lundi le ministre allemand de l'Environnement, Sigmar Gabriel.
  
"Nous avons voté sur les rapports institutionnels entre la Commission et les Etats membres", a estimé après le vote l'Italienne Stefania Prestigiacomo.
  
"M. Barroso a pris un risque considérable. C'est un résultat très sévère pour lui", a souligné un responsable français sous couvert de l'anonymat.

Première publication : 02/03/2009

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