- Chine - France - Insolite
AFP - Un collectionneur d'art chinois a créé la surprise lundi en annonçant avoir acheté les deux bronzes chinois vendus la semaine dernière lors de la dispersion de la collection Yves Saint Laurent-Pierre Bergé, tout en affirmant ne pas vouloir payer.
Cette annonce représente un coup de théâtre dans la saga des têtes de rat et de lapin pillées il y a près de 150 ans au Palais d'été de Pékin par les troupes franco-britanniques et devenues le symbole de l'humiliation coloniale de la Chine, qui en réclamait la restitution.
"Je crois que n'importe quel Chinois se serait levé à ce moment précis... J'essaie de tout faire pour faire face à mes responsabilités", a dit, lisant un communiqué, l'acheteur, Cai Mingchao, lors d'une conférence de presse à Pékin.
"Mais je dois souligner que l'argent ne peut pas être versé", a ajouté M. Cai, qui dirige une maison d'enchères basée à Xiamen (sud-est).
M. Cai est connu sur le marché de l'art. En 2006, il avait acheté pour près de 15 millions de dollars une statue de Boudhha de l'époque Ming, lors d'enchères à Hong Kong.
"Depuis que la vente a eu lieu, il y a eu beaucoup de spéculations pour savoir qui était l'acheteur, j'annonce que l'acheteur est un Chinois qui doit être admiré", a indiqué pour sa part Niu Xianfeng, directeur adjoint du Fonds du patrimoine national de Chine, un organisme semi-gouvernemental qui tente depuis 2002 de récupérer des oeuvres d'art pillées et cosigne le communiqué.
"Nous voulons de nouveau souligner, comme l'a fait Cai Mingchao, que cet argent ne peut pas être versé", a-t-il ajouté.
Les deux hommes ont réfusé de répondre aux questions, renvoyant au texte.
Mais le communiqué ne précise pas si M. Cai refuse de payer parce qu'il ne dispose pas de l'argent ou pour une question de principe.
Selon une dépêche en anglais de l'agence Chine Nouvelle, citant M. Niu, le Fonds et M. Cai ont agi ensemble pour saboter la vente.
"Le Fonds a été soumis à une grosse pression pour participer aux enchères, mais cela a été une démarche exceptionnelle dans une situation exceptionnelle, qui a réussi à arrêter la vente", a-t-il expliqué.
Ajoutant à la confusion, Chine Nouvelle, sur son service en chinois, laisse entendre que l'argent pourrait être versé.
"Nous sommes toujours dans la période de paiement, on ne sait pas encore si cette vente sera conclue ou non", a dit M. Niu.
Selon le site internet de Christie's, l'acheteur dispose de sept jours pour verser l'argent.
Un porte-parole à Pékin de la maison d'enchères, qui appartient à l'homme d'affaires français François Pinault, a indiqué ne pas avoir de commentaire à faire.
Au lendemain de la vente, le gouvernement chinois avait fait part de son courroux, accusant Christie's d'avoir vendu à plusieurs reprises des oeuvres chinoises pillées.
Les deux pièces faisaient partie d'une fontaine à eau imaginée au XVIIIe siècle par le jésuite français Michel Benoist.
L'ensemble jouait sur le thème des 12 animaux du calendrier chinois, devant un des palais de style occidental de l'empereur Qianlong (1735-1795), construit au Palais d'été, dans le nord-ouest de la capitale.
Cinq des 12 têtes -- singe, buffle, tigre, cheval et cochon -- ont pu être récupérées ces dernières années grâce à des fonds privés. Le Fonds du patrimoine national de Chine avait acquis en 2003 auprès d'un collectionneur américain la tête de cochon.
Le groupe Poly, conglomérat dépendant de l'armée, et le milliardaire hongkongais Stanley Ho, ont racheté les autres lors d'enchères.
Le gouvernement chinois réclame leur retour mais refuse de payer.


























Commentaires (7)
Histoire, quand tu nous tien
Ha tiens, soudain la chine à besoin de la loi international.
Elle est moins prompte à y répondre lorsqu'on parle de Droit de l'Homme.
Sinon, deux petit points : le pillage des deux bronzes, a eu lieu "un peu" avant cette convention. Donc à l'époque, elle n'était pas dans l'illégalité ou autre.
De deux, pour l'Egypte, l'obélisque, est un cadeau, et non un vol. Par contre la France à bien pillé l'Italie sous Napoléon. Et aussi François 1er (cf : Léonard de Vinci) Je propose que l'Italie nous demande de leur redonner la Joconde. Ha et aussi, que le Japon redonne à la chine ce qu'il lui a volé en 1940, et aussi ce que les espagnole on volé aux incas! Et aussi ce que les romain on volés en Egypte, et dans toute la méditerranée.
Bref, le passé, c'est le passé. Et qu'on ne me dise pas que la Chine n'a pas 30millions pour ces œuvres.
Convention de La Haye - Protocole de 1954 Paragraphe I
Extraits:
1. Chacune des Hautes Parties contractantes s'engage à empêcher l'exportation de biens culturels d'un territoire occupé par Elle lors d'un conflit armé...
2. Chacune des Hautes Parties contractantes s'engage à mettre. sous séquestre les biens culturels importés sur son territoire et provenant directement ou indirectement d'un quelconque territoire occupé...
3. Chacune des Hautes Parties contractantes s'engage à remettre à la fin des hostilités, aux autorités compétentes du territoire précédemment occupé, les biens culturels qui se trouvent chez Elle, si ces biens ont été exportés contrairement au principe du paragraphe premier...
Conclusion : Sur cette affaire, la France est en violation totale du droit international...
Deux poids, deux mesures
Cette histoire des bronzes n'est qu'un episode de plus dans la mode de l'anti-chinois primaire vehiculee depuis quelques temps par les medias francais (de maniere plus ou moins volontaire), qui frise parfois le racisme pur et simple.
Pour en revenir a cette actualite, la "patrie des droits de l'homme" se targue de grands principes, s'enfonce dans la contradiction en ne respectant pas les conventions de La Haye sur les objets d'arts voles lors de conflits. Deux poids, deux mesures : ceux qui trouvent "normal" que les oeuvres volees par les Nazis soient restituees aux Juifs ne veulent pas appliquer ces memes principes aux oeuvres systematiquement pillees a l'etranger.
Eh oui, que ce soit ces bronzes (et bien d'autres objets encore) en Chine, les antiquites des pharaons en Egypte (cf. Napoleon) ou bien encore les tresors d'Angkor Wat au Cambodge (cf. Andre Malraux), pour ne citer qu'eux, le pillage culturel est une vieille habitude francaise !
restitution au propriétaire volé
Les oeuvres VOLEE par la France et son ARROGANCE, comme d'autres oeuvres d'ailleurs doivent être restituées à la Chine qui à été spoilier et qui est le véritable propriétaire. On peut considérer, tant bien même que les "honorables" YSL et Berger avaient raqués les bronzes, ils étaient selon la LOI, acheteurs d'objets volés (RECEL), les tunes perdue par la vente aux enchères de la JET SET qui n'est pas à plaindre passe par les "dommages colatéraux". Ils s'en remettrons les petits chéris !!!! Salut
Maintenant la Chine doit les payer
C'est perdu pour la Chine, Yves and Pierre les avait achete, ils ne les on pas vole du Palace Chinoise! Alrs domage pour les Chinois!
plus que grand temps...
...même l'allemagne nazie a restitué ce qu'elle avait pillé et les allemands somme toute ne se sont pas trop mal comportés face aux oeuvres d'art françaises comparé à la france en égypte ou en chine ou les états-unis en irak plus récemment non il est plus que grand temps de rendre ces statuettes à la chine...bravo en tout cas à cet acheteur chinois qui a déjoué tous les pronostics...
les tetes chinoises
Si dans cette affaire que je qualifie de banale si l'on n'en fait pas un drame, la France doit payer la Chine, Alors que doit faire la France sur des dossiers colossaux entre autre les personnes exposees a l'essai nucleaire de Reggane (Algerie) ?
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