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EUROPE

Karadzic devrait dire s'il plaide coupable devant le TPI

Dernière modification : 03/03/2009

Radovan Karadzic, l'ancien chef des Serbes de Bosnie accusé de crimes de guerre et de génocides, doit dire, ce mardi, à La Haye, s'il plaide coupable devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie.

AFP - L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, arrêté à Belgrade en juillet 2008, doit dire mardi s'il plaide coupable ou non coupable de génocide, de crimes de guerre et contre l'humanité, devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie.
  
Radovan Karadzic, 63 ans, est accusé de deux génocides et de neuf crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour son rôle dans la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995.
  
Il devra se prononcer sur un acte d'accusation amendé par le bureau du procureur, qui compte désormais deux chefs d'accusation de génocide concernant des crimes commis en Bosnie-Herzégovine en 1992 et le massacre de Srebrenica (est de la Bosnie) en juillet 1995, au lieu d'un.
  
Le procureur du TPI, le Belge Serge Brammertz, avait annoncé à l'arrivée de Radovan Karadzic au centre de détention du TPI à La Haye le 30 juillet 2008 qu'il allait actualiser l'acte d'accusation en fonction des procès passés et des évolutions de la jurisprudence.
  
Radovan Karadzic avait refusé de plaider coupable ou non coupable le 29 août 2008 sur l'acte d'accusation, datant de 2000, en vigueur lors de son arrestation. Il avait expliqué qu'il plaiderait après avoir eu connaissance de l'acte d'accusation définitif.
  
Conformément à la procédure du TPI, le juge avait alors considéré que M. Karadzic plaidait "non coupable".
  
Deux chefs d'accusation, ceux de complicité de génocide et de violation de la Convention de Genève, n'ont pas été retenus dans le nouvel acte d'accusation qui réduit par ailleurs à 27, contre 41 auparavant, le nombre de lieux en Bosnie-Herzégovine où ont été commis les crimes pour lesquels Radovan Karadzic est poursuivi.
  
M. Karadzic est considéré comme le cerveau du "nettoyage ethnique" lancé, avec l'appui de Belgrade selon l'accusation, contre les Musulmans et Croates durant la guerre de Bosnie qui a fait fait 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés.
  
Il est également tenu pour responsable de la "campagne de terreur" pendant le siège de Sarajevo, qui a fait quelque 10.000 morts en 44 mois, ainsi que du massacre à Srebrenica de près de 8.000 hommes et garçons musulmans par l'armée des Serbes de Bosnie, en juillet 1995.
  
L'ancien dirigeant des Serbes de Bosnie, qui se défend seul, est également poursuivi pour la détention de milliers de civils dans des camps, notamment dans la région de Prijedor (nord-ouest de la Bosnie).
  
Radovan Karadzic, dont la cavale a duré treize ans, était jusqu'à son arrestation le 21 juillet 2008 à Belgrade l'un des deux fugitifs les plus recherchés d'Europe, avec son alter ego militaire, le général Ratko Mladic, toujours en fuite.
  
Au cas très improbable où il plaiderait coupable, Radovan Karadzic échapperait à un procès et les juges n'auraient qu'à décider de sa peine.

Première publication : 03/03/2009

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