Dernière modification : 06/03/2009 

- Burkina Faso - Cinéma africain - Festival Fespaco


L'Afrique du Sud achète le cinéma africain
Les salles africaines programmeront-elles les films récompensés cette année au Fespaco ? Rien n'est moins sûr depuis qu'une télévision sud-africaine acquière les droits exclusifs de centaines de films. Une véritable razzia...
Par Arnaud ZAJTMAN (texte)
Arnaud ZAJTMAN / Marlène RABAUD (vidéo)
En partenariat avec RFI et TV5 Monde, FRANCE 24 vous fait vivre cette nouvelle édition du Fespaco, qui a pour thème : "Cinéma africain, tourisme et patrimoine culturel."

Au Fespaco, une chaîne de télévision privée fait une razzia sur la production cinématographique africaine financée par la France et s’arroge un monopole de diffusion. Depuis quatre ans, Mike Dearham, responsable des acquisitions pour la chaîne de télévision privée sud-africaine M-Net a acquis près de 500 films africains, dont le film “Ezra", du Nigérian Newton Aduaka, couronné Étalon de Yennenga au Fespaco 2007. 

 

"Nous sommes intéressés par l'acquisition de droits exclusifs sur le continent africain", explique Mike Dearham, qui signe des chèques allant de trois mille à trente mille euros aux réalisateurs et aux producteurs présents au Marché international du cinéma africain (MICA) organisé en marge du Fespaco.

 

Les droits sont valables pendant vingt-cinq ans, sur toutes les diffusions effectuées sur le continent africain - et parfois au-delà -, qu'elles aient lieu en salles, via Internet, le câble, et même la téléphonie mobile lorsque cette technologie se sera développée en Afrique.

 

"Bientôt, M-Net sera le principal diffuseur de cinéma africain", assure Mike Dearham, sans donner de délai concernant le démarrage de ces diffusions.

 

66 films africains financés grâce à la France

 

En attendant, l’opérateur se contente d’assécher un marché déjà fragile, financé en grande partie par des fonds publics français et européens.

 

"Nous aurions préféré qu'un opérateur français diffuse le cinéma africain que nous finançons, mais si les producteurs décident de céder des droits exclusifs à M-Net, nous ne pouvons rien faire. C’est la loi du marché", regrette François Bellorgey, responsable de la coopération cinématographique avec l’Afrique au Ministère français des Affaires étrangères.

 

Pendant quatre ans, le Fonds Cinéma du ministère des Affaires étrangères a consacré une enveloppe de 8,5 millions d’euros à la production de films africains. Une enveloppe qui a permis d'en financer 66. Le secrétaire d’Etat français à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet, est venu au Fespaco réitérer l’engagement de la France dans la production de films africains – qui s'élève à dix millions d’euros pour les cinq années à venir -, afin de promouvoir, sur grand écran, "les valeurs de la francophonie, telles que la démocratie, la bonne gouvernance ou le droit des femmes".

 

En finançant des films, la France s’arroge seulement le droit de les diffuser au sein du réseau des centres culturels français (CCF), principalement fréquentés par les expatriés et l’intelligentsia africaine.

 

"Un monopole malsain"

 

 

Cependant, la razzia opérée par M-Net rend impossible la diffusion des films - et des valeurs qu’ils sont censés véhiculer - vers un public plus large. À Ouagadougou, où plus d’une dizaine de salles de cinéma périphériques ont ouvert leurs portes ces dernières années, les temps redeviennent difficiles.

 

"Les gens veulent voir des films africains. Or, nous n’arrivons plus à faire venir de films. Ils sont possédés par M-Net", regrette Zakaria Gnegné, gérant de la salle de Wemtenga, dans un quartier périphérique de Ouagadougou, "la capitale du cinéma africain". Ainsi, Gnegné n’a pas pu diffuser “Ezra”. M-Net en possède les droits exclusifs d’exploitation.

 

Le monopole touche également le public européen et américain. Depuis 2008, Arte publie, chaque année, un coffret de DVD intitulé "Cinéastes africains". La chaîne franco-allemande est alors obligée de négocier avec M-Net pour y inclure certains films.

"Faire ce que fait M-Net, à savoir acheter les droits des films et ne pas les diffuser, ce n’est pas du business, c’est de l'affairisme. Un monopole, c’est malsain", fulmine Adrienne Frejacques, responsable des éditions et du commerce international pour Arte.

Commentaires (9)

reponse

salut je m'appelle Patrice Kengne je suis réalisateur
je doit dire si M net fais cela c'est parce qu’elle n'avait pas de concurrence et que les réalisateur africains qui travaille dans la misère total n'ont pas d'autre choix que de prendre ce qu'on leur offre donc vous pouvez voir en cela l'affairisme moi je dis contrairement a ce que la coopération et autres organisme qui aide le cinéma africain veut nous faire croire le cinéma c'est d'abord et avant tout du business et les nigérians l'ont compris alors moi je ne peut qu'encourager M Net a nous rendre professionnel
merci/

reponse

slt je m'appel patrice kengne je suis realisateur
je doit dire si M net fais cela c'est parcequ'elle n'avait pas de conccurence et que les realisa

L'Afrique du sud achète le cinéma africain

C'est une très bonne chose. Je vis en France et je suis un peu étonné que la France soit mêlée de quoi que ce soit au cinéma africain prétend-elle. Ici aucun film africain ne passe dans les salles de cinéma. D'ailleurs si la France s'est fait devancée par l'Afrique du sud, c'est certainement à cause de la condescendance qufait preuve depuis toujours vis-à-vis de l'Afrique. Il est for possible que les opérateurs français ne se voyaient pas payer des films africains au delà du seuil de leur tolérence. Les réalisateurs sont allés vers le plus offrant, c'est la loi du marché. TFM s'est octroyé les droits exclusifs de la difusion de : "Miracle à Santa Anna" réalisé par le grand Spike Lee, résultat : (il n'a été diffusé dans aucune salle de cinéma en France, en plus il est même impossible de se le procurer en DVD). Une pratique de la censure par le biais commerciale sans risque de condamnation de la France : (astucieux n'est-ce pas ?).

Africa is the future

L'Arique n'a désormais besoin que des africains, désolé pour ceux qui veulent garder les hiérarchies telles qu'elles sont...vous serez déçu pour longtemps encore, la roue tourne et la pluie tombe partout. A quand une ingérence africaine dans les affaires européennes ;) L'Europe à bien des soucis en ce moment, elle ferait bien de s'en occuper et de laisser les africains s'occuper du reste. Africa is the future!! Paix et amour (même dans la difficulté)

La nouvelle Afrique

C'est fini, l'ère de l'Afrique assistée attendant toujours le secours de l'Occident. Désolé pour le Mr qui se dit déçu! L'Afrique n'a pas besoin de la France pour développer son cinema

déçu

Voila comment nous sommes récompensés et remercié. Sans les investissements français, le cinéma africain ne serai pas ce qu'il est. Je rappelle que le burkina ne représente pas toute l'Afrique. Nous avons encre la preuve d'un "anti-francisme" primaire. Si c'est pour se faire insulter tout le temps, autant les laisser se démerder tout seul.

propagande

Ca c'est encore des propagandes occidental,moi je suis burkinabé et je vous rappel que cela fait 40 ans que le FESPACO existe.il est pour but de montrer des cinémas produit par des africains aux africains et son diaspora,et ça c'est une reusite total.Que ces films soit dans les langues africains, anglais,arabes,ou francais,l'importance est que ces cinémas soit produit par des africains pour les africains.Et c'est des mensonges et de propagande de dire que c 'est la france qui finance les cinémas africains.Je vous rappel que les realisateurs et les cinéaste africains produise 3720 films par an.Ce chiffres montre clairement vos mensonges.

L'Afrique du Sud achète le cinéma africain

La France étant un des principal Etat intervenant dans la production du cinéma africain, il me semble tout à fait logique que l'aide à la production soit assorti d'une garantie de liberté de diffusion (ou d'une obligation de diffusion). Cela évitera de laisser aux affairistes la gestion de la culture.

L'Afrique, le fric !

Il faut briser ce monopole !
C'est de la censure faite juste pour le fric !

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