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Amériques

Mise en place prochaine d'un groupe de travail franco-mexicain

©

Vidéo par FRANCE 2

Dernière modification : 10/03/2009

La France et le Mexique vont mettre en place un groupe de travail juridique conjoint chargé d'étudier le cas de Florence Cassez, emprisonnée pour enlèvement. Les présidents Sarkozy et Calderon s'engagent à respecter ses conclusions.

AFP - Nicolas Sarkozy et Felipe Calderon ont décidé lundi de confier à un groupe de juristes de leurs deux pays le soin de trouver une issue à l'épineux dossier Florence Cassez, cette Française condamnée par la justice mexicaine pour des faits de complicité d'enlèvement qu'elle nie.
   

A l'occasion de sa visite d'Etat au Mexique, le président français a annoncé que ce groupe, qui doit se réunir dès mardi, devrait régler dans les trois semaines la question d'un éventuel transfert de la détenue française en France, mesure qui suscite de vives protestations au Mexique.
   
L'objectif consiste à "trouver une solution qui permette de préserver les intérêts de la justice mexicaine, les intérêts de la justice française, les intérêts des victimes et le droit de chacun, même s'il a été condamné, à se voir respecter dans l'application des droits qui sont les siens", a expliqué M. Sarkozy, précisant que les deux pays respecteraient les conclusions du groupe.
   
Dans un pays où les enlèvements constituent un véritable fléau qui fait chaque année plus de 8.000 victimes, Nicolas Sarkozy a également ostensiblement assuré Felipe Calderon du soutien de la France dans "son combat courageux et déterminé contre le crime organisé".
   
Et surtout, il s'est longuement employé à rassurer l'opinion publique, qui redoute qu'un éventuel transfert vers la France de Florence Cassez, condamnée en appel à soixante ans de prison, n'entraîne sa remise en liberté rapide. M. Sarkozy devait rencontrer lundi après-midi plusieurs ONG mexicaines de défense des droits de l'homme pour leur délivrer le même message.
   
"Je ne suis pas venu ici contester les décisions de la justice mexicaine", a martelé le président français. "Ma démarche ne présuppose ni de son innocence, ni de sa culpabilité. C'est une démarche que j'ai faite parce qu'elle est une citoyenne française", a-t-il plaidé.
  
Comme l'avait indiqué plus tôt lundi le père de la détenue, Bernard Cassez, Nicolas Sarkozy a confirmé que la jeune femme, avec laquelle il a révélé s'être entretenu par téléphone vendredi, avait donné le feu vert à son transfert vers la France en renonçant à son pourvoi en cassation.
   
"Ca ne signifie nullement l'impunité, nullement. Ca signifie l'application d'un traité international", a-t-il insisté. "Je demande à chacun de comprendre qu'il faut faire confiance à la justice française", a-t-il ajouté.
   
A cinq mois d'élections législatives mexicaines où la violence constituera l'un des thèmes de campagne, M. Calderon a lui-même répété qu'il refusait l'impunité. "Personne au Mexique, quelle que soit (...) sa nationalité, ne peut échapper à la loi. La loi est la même pour tous", a-t-il affirmé.
   
Sortis de cette affaire sensible, MM. Sarkozy et Calderon ont tous les deux manifesté leur intention de donner un coup de fouet à la coopération entre leurs deux pays.
   
"Le Mexique et la France doivent travailler la main dans la main", a lancé le président mexicain en paraphrasant le célèbre discours prononcé en 1964 au même endroit par le général de Gaulle, qui avait invité la France et le Mexique à travailler "la mano en la mano".
   
"Cette proposition, ce serment, cher Felipe, nous devons non seulement le renouveler, mais le porter plus loin encore parce que le monde en a besoin", lui a répondu le président français.
   
Pour concrétiser cet élan, les deux présidents ont signé une série d'accords sur la sécurité ou la santé, ainsi qu'une déclaration commune marquant leur "forte convergence" sur le réchauffement climatique, la réforme du G8 et de l'ONU ou le futur sommet du G20.
   
Concentrée sur une douzaine d'heures, la visite d'Etat de Nicolas Sarkozy, qui s'achève lundi soir par un dîner officiel, a été précédée d'un séjour privé de trois jours dans une station balnéaire de la côte Pacifique "à l'invitation du Mexique", a tenu à préciser l'Elysée.
   

Première publication : 09/03/2009

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