Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

À L’AFFICHE !

Adèle Haenel, nouveau visage du cinéma français

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Ebola : le Cameroun ferme ses frontières avec le Nigeria

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Moins d'un Français sur deux est imposable

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Vers une police sous surveillance ?

En savoir plus

DÉBAT

Syrie, la guerre oubliée

En savoir plus

EXPRESS ORIENT

Irak : au coeur des monts Sinjar

En savoir plus

DÉBAT

Centrafrique : comment sortir de l'impasse ?

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"L'écureuil et le serpent"

En savoir plus

FOCUS

El Hierro, première île 100 % énergies renouvelables, peut-elle être un modèle pour la planète ?

En savoir plus

  • Ce qu'il faut retenir de la vidéo de la décapitation de James Foley par l'EI

    En savoir plus

  • Vidéo : après une nuit plus calme, la situation reste tendue à Ferguson

    En savoir plus

  • Hollande : "La situation internationale est la plus grave depuis 2001"

    En savoir plus

  • Gaza : la trêve une nouvelle fois rompue, Israël vise un chef du Hamas

    En savoir plus

  • La Fifa interdit au FC Barcelone de recruter

    En savoir plus

  • Au bord de l'éruption, le volcan islandais Bardarbunga menace le trafic aérien

    En savoir plus

  • Quand l’Égypte sermonne Washington sur les émeutes de Ferguson

    En savoir plus

  • RDC : le retour tant espéré des réfugiés angolais dans leur pays

    En savoir plus

  • Reportage : les combattants kurdes reprennent le barrage de Mossoul

    En savoir plus

  • Présidentielle 2017 : Alain Juppé candidat à la primaire de l'UMP

    En savoir plus

  • Glissements de terrain meurtriers à Hiroshima

    En savoir plus

  • Steve Ballmer, le directeur général de Microsoft, annonce son retrait

    En savoir plus

  • L'État islamique annonce avoir décapité un journaliste américain

    En savoir plus

  • L'armée irakienne attaque les jihadistes sur plusieurs fronts

    En savoir plus

  • Libération : raconter l’été 44 au-delà des "moments de gloire et de triomphe"

    En savoir plus

Asie - pacifique

Les nonnes de Lhassa chantent pour la liberté

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 10/03/2009

Depuis leur prison de Lhassa, 14 nonnes tibétaines ont enregistré, en 1993, une cassette de chants contestataires. Aujourd'hui libres, elles sont venues à Bruxelles pour sensibiliser l'UE au sort des prisonniers politiques du Tibet.

Le 10 mars, les Tibétains commémoreront les 50 ans du soulèvement populaire anti-chinois avorté qui contraignit le dalaï-lama à fuir vers l’Inde. Depuis, les habitants de ce territoire de la Chine continentale réclament la "libération" de leur pays et le retour de leur chef spirituel sur sa terre natale. Des revendications peu appréciées de Pékin, qui étouffe toute tentative de protestation dans la région. A grand renfort de policiers armés.


Cela n'empêche pourtant pas un groupe de 14 nonnes bouddhistes de poursuivre le combat. En chantant. Surnommées les "nonnes chanteuses", ou "Drapchi 14", elles ont enregistré, dans le secret de leur cellule, une cassette de chants indépendantistes, en 1993. Trois d’entre elles étaient présentes, lundi, à Bruxelles, pour appeler les pays européens à faire pression sur la Chine afin qu'elle libère plusieurs prisonniers politiques.

 

 

Ngawang Sangdrol est l'une de ces religieuses. Pour avoir crié "Vive le Tibet libre" et "Longue vie à Sa Sainteté le dalaï-lama" lors d’une manifestation pacifique organisée en 1990 dans les environs de Lhassa, la capitale du Tibet, elle a été arrêtée, puis jetée en prison, alors qu'elle n'avait que 13 ans.


Des chants pour la liberté


Les religieuses se sont rencontrées à Drapchi, la plus grande prison de Lhassa, réputée pour le traitement très dur qui y est réservé aux prisonniers. Enfermées dans le "rukhag 3", le baraquement des détenus politiques, les nonnes ont enregistré leurs chants protestataires plusieurs nuits d’affilée. Elles ont murmuré leurs espoirs dans un vieux magnétophone : "Pays des neiges, quand tous les Tibétains seront unis, le soleil émergera derrière les nuages".


Surprises dans leur action clandestine, elles ont été accusées de propagande contre-révolutionnaire et ont vu leurs peines rallongées de 5 à 9 ans.


Ngawang Sangdrol, la plus jeune des "Drapchi 14", est alors âgée de 15 ans lorsqu’elle se fait prendre avec la cassette. Condamnée à 3 ans de prison, cette forte tête écope de six années de réclusion supplémentaires. Grâce à un réseau de solidarité tibétain, l'enregistrement parvient toutefois à sortir de la prison, puis à rejoindre l'Europe.


Ngawang estime n'avoir fait preuve d'aucune bravoure en chantant. Pour elle, témoigner des souffrances des Tibétains relève de sa "responsabilité".


"J'ai vu de mes propres yeux les tortures qui leur ont été infligées. J'ai assisté à la destruction de notre culture. J'ai la responsabilité de dire ce qui se passe", explique-t-elle à FRANCE 24.


Le prix à payer


Les 14 nonnes ont payé le prix fort pour leur engagement. Phuntsog Nyindron, 38 ans, souffre toujours des séquelles accumulées lors de ses 14 années d’emprisonnement et de torture.


"À mon arrivée en prison, les gardes m’ont menottée dans le dos et tirée sur les bras jusqu’à ce que mes épaules se disloquent. Ils m’ont ensuite brûlé les mains et le visage avec des cigarettes, se souvient-elle. Ils nous battaient au visage tous les jours. Mais ce jour-là, ils m’ont accroché des fils électriques sur les doigts et m’ont électrocutée, tout en me battant avec des barres de métal. Ils m’ont laissée dans la cellule, inconsciente, sans me donner ni à boire ni à manger."


Toutes les "Drapchi 14" n’ont pas survécu. Ngawang Lochoe est décédée en 2001, à l’âge de 26 ans. Les 13 autres ont été relâchées entre 1999 et 2004, souvent pour raisons médicales.


Continuer le combat


Six d’entre elles ont réussi à fuir le Tibet, parcourant à pied, souvent de nuit, les routes enneigées de l’Himalaya que le dalaï-lama avait empruntées quelques décennies auparavant.


"Quand j’ai été libérée, je ne pensais pas à quitter le Tibet. Mais les choses n’ont fait qu’empirer. Ma maison était en permanence sous surveillance. Je n’avais aucune liberté de parole ou de mouvement", explique Namdrol Lhamo, 43 ans, qui vit aujourd’hui en Belgique après 12 ans passés à Drapchi.


"Nous connaissons les terribles conditions d’incarcération à Drapchi, il est donc essentiel que les derniers détenus soient libérés", presse aussi Gyaltsen Drolkar, en exil à Bruxelles depuis sa libération en 2003.

Première publication : 09/03/2009

COMMENTAIRE(S)