Dernière modification : 09/03/2009 

- Afghanistan - Armée américaine - États-Unis


Voyage au centre de formation des Marines envoyés en Afghanistan
Sur la base de Quantico, dans l'État de Virginie, des dizaines de soldats suivent une formation militaire intensive. Ce camp forme les officiers des Marines à opérer dans un contexte de guérilla urbaine, avant leur départ pour l'Afghanistan.
Par Guillaume MEYER (texte)

Barack Obama a annoncé un retrait graduel des troupes d’Irak, d’ici à la fin 2011. Mais le président américain veut aussi envoyer 17 000 soldats supplémentaires en Afghanistan pour gagner la bataille contre les Taliban. Presque la moitié de ces renforts - 8 000 hommes - seront en fait issus des Marines, un corps à part au sein des forces armées américaines, dont la réputation n’est plus à faire.

 

Sur la base de Quantico, en Virginie, on se prépare activement à cette mission. C’est dans ce camp que sont formés les officiers des Marines - ceux qui, sur le terrain, seront responsables d’une cinquantaine de soldats.

 

Tous sont des sportifs aguerris. La plupart sont même des experts en arts martiaux. La maîtrise de cette discipline est désormais indispensable dans un contexte de guérilla urbaine, par exemple. Son inclusion au programme de formation est un ajout qui reflète l’évolution de la mission des Marines au 21e siècle.

 

"Je connais suffisamment de techniques pour participer à des opérations de maintien de l’ordre quand il faut faire face à des foules. Je sais que je peux me défendre, donc je peux rester zen. Cela me donne un avantage certain sur mon adversaire", explique le sergent instructeur Kendall Mathurin.

 

En 2009 toutefois, le cœur de la vie d’un Marine reste la guerre à l’ancienne.

 

Les balles sifflent, les obus de mortier explosent à quelques dizaines de mètres : nous sommes avec un petit groupe d’élèves officiers, au cours d’un exercice de tir à balles réelles auquel quelques journalistes ont été invités.

 

L'objectif : montrer que ces recrues seront prêtes au combat lorsqu’elles se retrouveront sur le terrain, sous le feu ennemi, peut-être en Afghanistan.

 

Le lieutenant Allen McClinton se sent prêt : "Oh oui, je suis prêt à partir. Je m’entraîne tous les jours pour participer aux combats. Oui, je suis prêt."

 

La mission en Afghanistan sera, certes, dangereuse, mais le colonel George W. Smith, commandant de l’école de Quantico, pense que ses troupes y seront beaucoup plus à l’aise qu’en Irak, où la situation s’est un peu trop calmée.

 

"Les combats sont plus intenses en Afghanistan qu’en Irak. C’est une bonne nouvelle pour l’Irak, évidemment. Mais les Marines veulent aller là où on se bat. Dans cette perspective , il y a plus d’opportunités en Afghanistan. Les Marines s’engagent pour se battre. C’est aussi simple que cela : ils s’engagent pour se battre."

 

Alors va-t-en-guerre, les Marines ? Pas si sûr…

 

Le lieutenant Woods sert son pays par passion, certes, mais pas seulement. "Cela paye pas trop mal d’être Marine », explique-t-il. "Nous avons des avantages : une bonne couverture santé, par exemple. Par les temps qui courent, être soldat c’est un job sur lequel je peux compter. On a la sécurité de l’emploi."

 

La "sécurité de l’emploi" : le concept est un peu ironique pour un soldat prêt à partir en guerre... mais l'argument attire les recrues en temps de crise économique.

 

Sur le même sujet
Fermer