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Sports

Quand la politique s'invite au stade

Texte par Joseph BAMAT

Dernière modification : 12/03/2009

Alors que les tensions entre les États-Unis et le Venezuela refont surface, leurs équipes nationales de baseball se sont affrontées lors du Baseball World Classic (BWC) à Toronto, dernier événement d'une série mélangeant sport et diplomatie.

Toronto, 11 mars. Le match Etats-Unis-Venezuela comptant pour le Baseball World Classic (BWC) bat son plein. Après plusieurs minutes de jeu, un lanceur vénézuélien envoie une balle à plus de 130 km/h en direction du batteur américain. Dans le contexte actuel des relations entre les deux pays, cette rencontre revêt une portée politique. Au terme du match, le Venezuela a battu les Etats-Unis 5 à 3, et leur a enlevé la première place lors du dernier match de la ronde préliminaire du groupe C.


Dernier épisode d’une bataille qui s’intensifie entre Washington et le dirigeant socialiste : la nationalisation par le président vénézuélien Hugo Chavez d’une usine de riz américaine, il y a une semaine. Une mesure destinée à lutter contre les pénuries et l'explosion des prix alimentaires dans le pays, selon Chavez.


En septembre dernier, chacun de ces deux pays expulsaient l’ambassadeur de l’autre.


"Le match a fait la une de tous les journaux au Venezuela, explique Robin Halzhauer, l’attaché de presse de l’ambassade américaine à Caracas. La compétition est également suivie de près par le personnel de l’ambassade, mais même si les opinions sur le futur vainqueur divergent, tout le monde est d’accord pour dire qu’il ne s’agit que d’un jeu."


Au-delà des stades


Bien que le BWC reste un évènement assez confidentiel, le tournoi a eu le mérite de permettre deux autres pays rivaux de s’affronter sur le terrain sportif, causant de l’émoi bien au-delà du stade.


Samedi, la Chine a quelque peu irrité Taïwan en l’éliminant du tournoi. Pékin clame sa souveraineté sur l’île autonome depuis 1949, et a promis par le passé de la ramener sous son joug, par la force si nécessaire.


Le baseball est le sport le plus populaire à Taïwan, mais sous la pression chinoise les organisateurs du BWC ont forcé l’île à participer sous le nom de "Taipei chinois", sans drapeau et sans hymne.


Selon Jean Dury, écrivain sportif et historien des Jeux olympiques, le BWC a cédé à la pression politique chinoise pour des raisons économiques. "Tout le monde maintenant se soumet à la puissance économique chinoise, parce que tous les pays et tous les comités sportifs ont leurs intérêts commerciaux avec la Chine en ligne de mire", explique-t-il.


Pour ce qui concerne l’équipe nationale taïwanaise, sa mauvaise performance lors du tournoi a précipité son remaniement. Le baseball est l’un des derniers domaines dans lequel Taïwan peut rivaliser avec les autres nations sur un pied d’égalité.


Le sport comme instrument diplomatique ?


Le BWC est seulement un événement parmi d’autres durant lesquels politiciens et sportifs se sont affrontés dernièrement.


Entre le 6 et le 8 mars, les autorités suédoises ont fait jouer les matchs de Coupe Davis opposant Israël à la Suède à huis-clos, craignant des débordements anti-israéliens après la guerre de Gaza.


Au cours de la même semaine, la Women’s Tennis Association (WTA, l’association de tennis féminin) a condamné Dubai Tennis Championships à 300 000 dollars d’amende pour avoir refusé un visa à Shahar Peer, un joueuse israélienne, l’empêchant de participer au tournoi.

Il existe cependant aussi des exemples de relations diplomatiques qui se sont améliorées après des évènements sportifs. La semaine dernière, Ali Babacan, le ministre turc des Affaires étrangères, a fait savoir à la presse que la Turquie et l’Arménie étaient sur le point de revenir à une normalisation de leurs rapports diplomatiques.

Les dirigeants de ces deux pays ennemis se seraient rencontrés six fois depuis un match de football qui a opposé les deux équipes nationales, en septembre. Un événement qui aurait aidé les deux pays à surmonter plusieurs décennies de conflit.


Dans le cas du Venezuela et des États-Unis, le match de mercredi fut leur seconde rencontre dans une compétition où les deux équipes se sont déjà qualifiées pour le prochain tour. Pour Robin Halzhauer, l’issue de la partie n’a pas détérioré davantage les relations entre les deux pays. "Nous avons déjà émis plus de 25 visas pour le BWC, affirme-t-il. Ces événements culturels et sportifs permettent de tisser des liens qui aident à surmonter les hauts et les bas de la politique."


Jean Dury estime cependant qu’il est rare que des compétitions sportives aient un impact direct sur les relations diplomatiques. Le plus souvent, explique-t-il, cela fonctionne dans le sens inverse : c’est un fort contexte politique qui va influer sur la performance de l’athlète, et qui va décupler sa motivation pour remporter des compétitions internationales.

Première publication : 12/03/2009

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