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Asie - pacifique

Pékin exige une position claire de la France sur le Tibet

Vidéo par Elisabeth ALLAIN

Dernière modification : 14/03/2009

Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a sommé la France d'adopter une position claire sur le Tibet dans le but de réchauffer leurs relations diplomatiques qui, depuis le printemps dernier, n'ont cessé de se dégrader.

AFP - Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a appelé vendredi la France à clarifier sa position sur le Tibet afin de restaurer de bonnes relations après le coup de froid provoqué par la rencontre entre le président français Nicolas Sarkozy et le dalaï lama.

"Nous espérons que la France puisse adopter une attitude claire sur la question du Tibet, afin de restaurer le plus vite possible les relations entre la Chine et France", a dit M. Wen lors d'une conférence de presse à l'issue de la session annuelle du Parlement.


M. Wen a réaffirmé que la rencontre en décembre "avec beaucoup de relief" entre le président français Nicolas Sarkozy et le dalaï lama, bête noire de Pékin, avait "non seulement touché les intérêts fondamentaux chinois, mais blessé les sentiments du peuple chinois".

"Le Tibet est une partie inaliénable de la Chine, le problème tibétain appartient aux affaires intérieures de la Chine", a également indiqué le numéro deux chinois.

Cependant, le Premier ministre chinois n'a pas précisé quelles mesures concrètes la France pourrait prendre pour revenir à de meilleures relations bilatérales.

Les présidents des deux pays doivent participer au sommet du G20 à Londres le 2 avril.

Les relations sino-françaises qui avaient déjà pris un coup de froid au printemps 2008, lors du passage chaotique de la flamme olympique à Paris, se sont encore tendues à la fin de l'année dernière après la rencontre entre le président Nicolas Sarkozy, alors président en exercice de l'Union européenne, et le dalaï lama.

"Le dalaï lama parcourt le monde et arrive à désorienter certains hommes politiques, certains pays occidentaux l'utilisent", a affirmé vendredi le Premier ministre chinois.

"Le dalaï lama n'est pas un simple religieux, c'est un exilé politique, c'est prouvé par les faits", a-t-il aussi dit, se disant prêt cependant à reprendre le dialogue sous condition.

"Vis-à-vis du dalaï lama, notre position est consistante et claire, il suffit qu'il renonce à ses activités séparatistes et nous serons prêts à poursuivre le dialogue avec ses représentants, notre porte est grande ouverte", a dit Wen Jiabao.

Le dalaï lama, 73 ans, en exil en Inde depuis 50 ans, affirme depuis plusieurs années avoir renoncé à l'indépendance, proposant une "voie moyenne" qui passerait par une simple "autonomie culturelle".

Après les émeutes de l'an dernier à Lhassa, le dialogue entre les émissaires du dalaï lama avait repris, mais il n'a pas donné de résultats.

Pour prévenir toute protestation pour le 50e anniversaire de la rébellion avortée contre la présence chinoise, qui est tombé mardi dernier, et pour le premier des émeutes de mars 2008 (21 tués selon Pékin, 203 selon les exilés), la Chine a déployé d'importantes forces de sécurité sur le plateau tibétain.

 

Première publication : 13/03/2009

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