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FRANCE

Fillon défend une France "alliée mais pas vassale" des États-Unis

Dernière modification : 17/03/2009

Le Premier ministre français François Fillon a engagé la responsabilité de son gouvernement sur des questions de politique étrangère, en particulier le retour complet du pays dans l'Otan.

AFP - François Fillon a engagé mardi à l'Assemblée la responsabilité de son gouvernement en défendant le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'Otan qui ne constitue selon lui "qu"un ajustement" pour "une France alliée mais pas vassale" des Etats-Unis.

"En 1966, en plein coeur des tensions Est-Ouest, notre retrait de l’organisation constitua un choc. Mais en 2009, notre retour ne constitue qu’un ajustement qui, de ce fait, ne provoque aucun émoi dans le concert international", a déclaré le Premier ministre devant les députés.

"La France, alliée mais pas vassale, fidèle mais insoumise, toujours fraternelle mais jamais subordonnée: voilà la nature de notre relation avec l’Amérique", a-t-il ajouté. "L’amitié ne se confond pas avec la naïveté", a-t-il dit.

"Entre fascination et appréhension, il existe une voie pragmatique pour renouveler les instruments et les objectifs de la relation franco-américaine et euro-américaine", a également jugé le chef du gouvernement. La France "agit et agira toujours selon ses convictions", a-t-il affirmé.

Se référant à "l'héritage" gaullien pour justifier ce virage stratégique, M. Fillon a assuré qu'il s'agissait de "servir une certaine idée de la France", empruntant l'expression aux Mémoires de Guerre du Général, publiée en 1954.

Le chef du gouvernement a souligné la "responsabilité universelle", "l'universalisme" de la France, qui "demeure une puissance" avec "des objectifs propres".

Il a ainsi réaffirmé "l'autonomie" de la diplomatie française mais aussi de sa force de dissuasion nucléaire qui "n'est pas négociable" tout comme "la liberté d'appréciation sur l'envoi" des troupes françaises dans les opérations de l'Alliance.

"Pour tous les peuples qui se font une certaine idée de notre République, la France reste la France", a-t-il enchaîné, assurant qu'entre "l'occident et l'orient, la France est et restera une médiatrice".

A l'adresse de l'opposition, M. Fillon a ironisé sur son "art d'être en retard d'une révolution stratégique" et jugé "piquant" qu'elle fasse "appel aux mannes du gaullisme, elle qui le combattit sans relâche".

De retour dans le commandement intégré de l'Otan, la France entend "influer plus largement sur la définition des stratégies et la conduite des opérations" mais aussi défendre sa vision, celle d'une "alliance militaire" qui ne soit pas "une sorte de fer de lance occidental agissant partout et sur tout".

Mais Paris, a-t-il martelé, entend aussi "prendre toute sa place dans l'Otan pour donner à l'Europe de la défense sa véritable dimension".

Le chef du gouvernement a demandé la confiance des députés sur l'ensemble des orientations de sa politique étrangère, contournant ainsi les réticences de certains des députés de sa majorité sur la réintégration de la France dans l'Alliance atlantique.

 

Première publication : 17/03/2009