"Is Geithner up to the job ?" La question peut paraître absurde, mais elle mérite d’être posée, au cœur de la tempête AIG.
Le secrétaire d’État américain au Trésor, Timothy Geithner, pourtant loué pour sa connaissance des marchés financiers, n’a pas su anticiper le versement de sommes colossales, sous forme de primes et de bonus, aux salariés d’AIG.
Une absence d’autant plus répréhensible qu’une bonne partie des récompenses est allée dans les poches de 73 cadres de la division des produits dérivés (plus d’un million de dollars chacun !). Ces salariés, plutôt "joueurs", ont provoqué la chute de l’assureur et l’ont conduit à demander l’aide du pompier… Geithner.
Aujourd’hui, la liste des griefs faits à ce dernier commence à s’étendre. Dans le camp démocrate, bien sûr, mais aussi chez les républicains. On dénonce notamment le flou du plan de sauvetage des banques annoncé, le 10 février, par le grand argentier de Washington. Ce plan, qui prévoit notamment de racheter les actifs toxiques des banques grâce à un partenariat public/privé, pose de nombreuses questions. Combien l’État va-t-il réellement mettre sur la table ? Qui percevra les profits de ces actifs, s’il y en a ? Tim Geithner aura sûrement l’occasion d’y répondre dans les prochains jours, lorsqu’il annoncera les détails de son "bank bailout". Un exercice périlleux tant l’homme est attendu au tournant...
Mais avant de crier à l’incompétence, il faut surtout comprendre la difficulté de la tâche de Tim Geithner. Pour l’opinion publique, il est avant tout "un sauveur de banques", celui qui donne de l’argent à des banquiers ventripotents ayant plongé le pays dans la crise.
La notion de risque systémique ou d’assainissement du secteur bancaire est souvent mise à l’arrière-plan, aux yeux d’une opinion publique chauffée à blanc.
Concernant le dossier AIG, certains auraient tendance à oublier que le secrétaire au Trésor n’est pas le seul à chapeauter le sauvetage de l’assureur. Il est notamment épaulé par Ben Bernanke et Lawrence Summers, respectivement président de la Fed et premier conseiller économique de Barak Obama.
Enfin, les plus critiques n’hésiteront pas à brandir la "casserole" Lehman Brothers, du temps ou Geithner était président de la Fed de New York. C’est dans son bureau qu’aurait été décidé, en septembre dernier, de laisser mourir la banque américaine, avec les conséquences cataclysmiques que l’on connaît.
Tim Geithner "impliqué" dans la faillite de Lehman, l’accusation est on ne peut plus floue et ambigüe. Rappelons que, à l’époque, un certain George W. Bush était au pouvoir, assisté par un secrétaire au Trésor nommé Henry Paulson et par l’incontournable Ben Bernanke.
Difficile également de trouver plusieurs politiciens ou économistes capables de prédire à l’époque que Lehman Brothers était définitivement "too big to fail".














Commentaires
geithner
Je pense que pour incarner la vision de obama c'est raté pour lui ce qui est encore plus incroyable c'est l'attitude de Obama qui se fache contre AIG mais qui carresse Geithner au sens des poils
je pense qu'il devrait plutôt accepter cette demission car son secretaire n'est pas bien parti pour meriter le poste
Geithner a son partie de la coupabilité entière
Si vous avez lu un rechèrche du New York Times, vous sauriez que Geithner est l'un des plus responsables pour laisser tomber les primes et bonus. Il avait ete averti de cela plusieurs fois mais il n'a rien fait parce qu'il n'était pas bien informé des réactions probables: http://www.nytimes.com/2009/03/20/business/20bonus.html?_r=3&partner=rss... Moi, je crois a ce qui est écrit au New York Times. Et vous?