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FRANCE

Otan : la France est de retour !

©

Vidéo par Julien FANCIULLI

Texte par Marianne NIOSI

Dernière modification : 03/04/2009

L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) fête ses 60 ans, le 4 avril. C’est cette date que Nicolas Sarkozy a choisie pour que la France réintègre pleinement l’alliance.

La France ne faisait plus partie du commandement intégré de l’alliance, depuis 1966. Pour contrer ce qu’il percevait comme une domination des Etats-Unis, le Général de Gaulle avait alors décidé d’en retirer la France.

 

Le 18 mars dernier, l’Assemblée nationale a approuvé le retour de la France dans l’Otan, par 329 voix contre 238. Mais ce revirement a provoqué de nombreux débats dans le pays, y compris au sein de la majorité. La question du rôle de la France et de son indépendance sur le plan international est un sujet qui prête toujours à polémique dans le pays.

 

"Cette logique des blocs est à contre-courant du monde multipolaire d’aujourd’hui", a ainsi affirmé l’ancien Premier ministre socialiste, Laurent Fabius, à la tribune de l’Assemblée nationale, lors du débat qui a précédé le vote.

 

L’ancien ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin (UMP), déplore de son côté une "rupture politique et symbolique" qui risque de transformer l'Otan en "ONU-bis" ou en "bras armé de l'Occident". En 2003, il s’était ouvertement opposé à George W. Bush lorsque celui-ci voulait envoyer l’Otan en Irak. Son discours au Conseil de sécurité des Nations unies avait, pour l’occasion, été chaleureusement applaudi.

 

Quoi en retour ?

 

“Je vais voter 'non'. Je vais voter contre l'engagement de la responsabilité du gouvernement. Je considère que la France abandonne là quelque chose d'infiniment précieux qui était le signe de son indépendance. Contre quoi ? Rien" : voilà ce qu’a déclaré François Bayrou, le leader du parti centriste le Modem, peu avant le vote à l’Assemblée.

 

Pourtant, la France va tout de même obtenir des compensations. Paris va nommer l’un des quatre grands généraux de commandement de l’Otan et pourra présider l’Allied Command Transformation (ACT), le groupe de réflexion où se concocte la doctrine de l’alliance à Norfolk, en Virginie.

 

Le retour de la France dans l’Otan permettra aussi à l’Europe de renforcer sa défense, selon le président français : un thème qui lui est cher depuis la campagne présidentielle de 2007. Plusieurs pays ont été, jusqu’à présent, réticents à s’engager dans ce qui leur paraissait être un front contre la puissance américaine.

 

Pour Hervé Morin, le ministre de la défense, le retour du "quatrième contributeur financier et en hommes de l'Alliance" est une conséquence logique : "Nous n'étions pas dans les structures militaires qui permettent de planifier, préparer et définir les objectifs des missions auxquelles nos hommes participent."


Qu’aurait fait le Général de Gaulle ?

 

L’ombre du Général de Gaulle a plané tout au long des débats. Des deux côtés du spectre politique, on a fait référence à l’ancien président français pour appuyer son point de vue.

 

"Il était opposé à un monde bipolaire, c’est que les socialistes défendent aujourd’hui", a lancé Laurent Fabius, dans un vibrant hommage à l’un des grands hommes de la droite française.

 

François Fillon a lui aussi tenu à évoquer la mémoire du général : "S'il est une leçon que nous devons retenir du Général de Gaulle, c'est bien celle qui consiste à ne jamais regarder l'avenir avec les yeux du passé…".

Première publication : 19/03/2009

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