Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Le Malien Birama Sidibé candidat à la présidence de la Banque africaine de développement

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Loi santé : ce qui va changer

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Serge Atlaoui condamné à mort : La France peut-elle faire pression ?

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Migrants en Méditerranée, sans stratégie face au drame l'Europe mise en cause

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Émission spéciale : Marseille, le renouveau ?

En savoir plus

FOCUS

Vidéo : sur les traces du réalisateur Henri Verneuil, réfugié arménien

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Génocide arménien, cent ans après déni et mémoire continuent de se côtoyer

En savoir plus

LE PARIS DES ARTS

Le Paris des Arts de Léa Drucker

En savoir plus

TECH 24

Numérique : tout pour la musique

En savoir plus

Moyen-Orient

Des soldats israéliens reconnaissent des exactions

Dernière modification : 23/03/2009

Pour la première fois depuis la fin de l'offensive israélienne à Gaza, des soldats de Tsahal reconnaissent avoir effectué des "tirs non justifiés sur des civils palestiniens" et commis d'autres exactions lors de l'opération Plomb durci.

Reuters - Après les 'ratés' de la guerre du Liban, l'institution militaire israélienne est maintenant secouée par les récits d'exactions de ses soldats à Gaza.

 

Certains d'entre eux se répandent jeudi dans les colonnes du quotidien libéral Haaretz, évoquant des meurtres de sang-froid de civils et des actes de vandalisme durant le 22 jours de l'offensive israélienne à Gaza, en décembre et janvier derniers.

 

Ces soldats, des anciens d'une même école militaire, se sont réunis en février pour échanger leurs expériences personnelles lors de cette opération, qui a fait plus de 1.400 morts, en majorité des civils, parmi les Palestiniens.

 

Un certain nombre d'organisations de défense des droits de l'homme ont parlé de "crimes de guerre" de la part d'Israël durant cette offensive qui visait officiellement à réduire les activistes du Hamas tirant des roquettes sur le territoire israélien.

 

Selon le directeur de l'école militaire, Danny Zamir, il régnait au sein de l'armée un climat de "mépris débridé" et un "sentiment de supériorité" envers les Palestiniens.

 

"Ils ont parlé de tirs non justifiés sur des civils palestiniens. Ils ont aussi parlé de déprédations", a confié Danny Zamir à la radio de l'armée israélienne.

 

A Genève, le rapporteur spécial de l'Onu pour les territoires palestiniens, Richard Falk, a estimé jeudi que l'offensive israélienne à Gaza semblait constituer un grave crime de guerre.

 

Il a rappelé que les conventions de Genève obligeaient les belligérants à bien faire la distinction entre les objectifs militaires et les zones environnantes peuplées de civils.

 

"Si cela n'est pas possible, alors il est tout simplement illégal de lancer une attaque et cela constituerait un crime de guerre d'une grande importance aux termes du droit international", dit-il dans son rapport annuel soumis au Conseil des droits de l'homme de l'Onu.

 

"Sur la base des éléments préliminaires disponibles, il y a des raisons de parvenir à cette conclusion", ajoute-t-il.

 

Falk souhaite la mise en place d'un groupe d'experts indépendants pour enquêter sur les éventuels crimes de guerre commis par les Israéliens et les islamistes du Hamas lors de cette offensive.

 

Le ministre israélien de la Défense, le travailliste Ehud Barak, a répondu à ces mises en cause en réaffirmant que Tsahal était une des armées les plus éthiques du monde.

  
 
"Mal à l'aise"
 

Néanmoins, l'avocat général des Forces de défense israéliennes (IDF) a décidé d'ouvrir une enquête sur ces allégations.

 

Selon Haaretz, qui évoque cette affaire en "une", la divulgation de ces "sales secrets" rend difficile pour l'Etat juif de réfuter ces faits comme de la pure propagande palestinienne.

 

Un des témoignages, émanant d'un chef de section d'infanterie, fait état d'un tireur d'élite de l'armée qui a abattu une mère et ses deux enfants parce qu'ils avaient pris la mauvaise direction quand les militaires leur avaient ordonné de sortir de chez eux.

 

"Le commandant du détachement a sommé la famille de s'en aller par la droite. Une mère et ses deux enfants n'ont pas compris et s'en sont allés vers la gauche.

 

"Le tireur d'élite les a vus s'approcher, au-delà des lignes qu'on lui avait dit que personne ne devait franchir. Ils les a simplement abattus."

 

Ce chef de section a encore rapporté que les hommes sous son commandement estimaient que "la vie des Palestiniens était bien moins importante que celle de nos soldats, donc que ceci justifiait cela".

 

Un autre chef de section rapporte qu'un officier a ordonné d'abattre une femme âgée alors qu'elle marchait sur la route à une centaine de mètres d'une maison dont les soldats venaient de prendre possession.

 

Il fait en outre état d'actes de vandalisme commis par les soldats. "Ecrire 'Mort aux Arabes' sur les murs, se saisir de photos de famille pour cracher dessus, simplement parce qu'on en a le pouvoir... Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que cela dénote à quel point l'éthique des IDF s'est dégradée."

 

Danny Zamir a déclaré avoir transmis à l'état-major les témoignages des anciens de son école ayant servi à Gaza, qui n'auraient pas eux-mêmes commis de crimes de guerre mais "sont mal à l'aise de n'avoir pu en empêcher".

 

Le gouvernement israélien affirme que l'ampleur des pertes civiles durant le conflit de Gaza - 960 morts sur 1.434, selon le Centre palestinien des droits de l'homme, dont les chiffres sont contestés par l'Etat juif - est imputable à la stratégie du Hamas consistant à opérer à partir de zones peuplées.

 

Première publication : 19/03/2009

COMMENTAIRE(S)