Dernière modification : 26/03/2009 

- RD Congo - Rwanda


La crise parlementaire trouve un épilogue avant la visite de Sarkozy
La crise parlementaire trouve un épilogue avant la visite de Sarkozy
En visite en RDC jeudi, le président Sarkozy pourra in fine s'adresser au Parlement. Un Parlement en crise pour cause de désaccord sur les opérations militaires conjointes avec le Rwanda jusqu'à la démission mercredi de son président.
Par Thomas HUBERT (texte)

Nicolas Sarkozy prononcera jeudi son discours sur l'Afrique des Grands Lacs dans la salle d'une Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) privée de président. Désavoué par ses soutiens de la majorité présidentielle, Vital Kamerhe a démissionné mercredi. Juste à temps pour permettre à une Assemblée apaisée d’accueillir le président français.

Ernest Jean-Louis Kyaviro, député du RCD-KML.

Kamerhe avait osé critiquer l'accord passé en janvier, hors session parlementaire, entre le président de la République Joseph Kabila et son homologue rwandais Paul Kagamé pour mener des opérations militaires conjointes à l'est de la RDC.

"Ma famille politique a estimé que j'avais commis un crime de lèse-majesté", a déclaré mercredi le président de l'Assemblée nationale devant des députés et un public chauffés à blanc par trois heures d'attente.

Vital n’était pourtant pas le seul à s’interroger sur ces opérations militaires. Ernest Jean-Louis Kyaviro, un député qui soutient la majorité présidentielle, avait lancé une pétition, qui a fait grand bruit, pour obtenir un débat sur les opérations militaires à l'est du pays.

 

Le Parlement de RDC

La Constitution décrit des institutions proches du système français, avec un président de la République élu au suffrage universel et un Parlement composé de deux Chambres, le Sénat et l'Assemblée nationale. Les 500 députés de celle-ci votent les lois et le budget et peuvent mettre en cause la responsabilité du gouvernement. Le président de la République ne peut pas demander la démission du président de l'Assemblée, mais les députés qui le soutiennent, coalisés sous le nom d'Alliance pour la majorité présidentielle, l'ont fait. Suite à de récentes arrestations de défenseurs de droits de l’Homme, plus de 200 ONG congolaises et internationales ont écrit le 23 mars une lettre ouverte au président Kabila, lui demandant "d’intervenir pour arrêter le recours aux moyens non légaux qui déstabilisent l’Assemblée nationale".

Ernest Jean-Louis Kyaviro, qui a conservé son poste, a affirmé lors de la session de mercredi : "Nous voulons pouvoir discuter des problèmes qui concernent les Congolais à l'Assemblée nationale sans que ce soit considéré comme une hérésie."

Tandis que les détails de l'acte final se réglaient en coulisse, la foule grossissait dans une salle des séances qui a tout d'un théâtre: scène encadré de rideaux de velours pourpre, sièges en gradins et balcons.

La perspective d'un conflit violent au plus haut sommet de l'Etat inquiétait les défenseurs de la jeune et fragile démocratie congolaise. Kamerhe a finalement opté pour la démission volontaire.

En tirant sa révérence, le président de l'Assemblée nationale a pris soin de minimiser les différences entre lui et Kabila et obtenu les acclamations de ses collègues députés. La presse de Kinshasa prédit déjà qu'on entendra encore parler de lui.

La crise ouverte étant évitée, le président français pourra s'adresser jeudi à une session "académique" du Parlement regroupant députés et sénateurs. Mais dès qu'il sera reparti, les sujets qui fâchent reviendront à l'ordre du jour.

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