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Moyen-Orient

HRW accuse Israël de crime de guerre au phosphore blanc

©

Vidéo par Philomé ROBERT

Dernière modification : 26/03/2009

Dans un rapport à paraître ce jeudi, l'ONG Human Rights Watch (HRW) affirme que l'usage de phosphore blanc par l'armée israélienne dans les zones densément peuplées de Gaza pourrait constituer un crime de guerre.

AFP - Les bombardements israéliens de zones densément peuplées dans la bande de Gaza avec des munitions au phosphore blanc pourraient être assimilés à des crimes de guerre, affirme Human Rights Watch dans un rapport qui doit être publié jeudi.

"Le tir répété (par l'armée israélienne) d'obus de 155 mm au phosphore blanc qui explosent dans les airs sur des zones densément peuplées était sans distinction et indique la perpétration de crimes de guerre", écrit l'organisation de défense des droits de l'Homme.

L'armée israélienne "a de manière répétée tiré des munitions au phosphore blanc au-dessus de zones de population, tuant et blessant des civils et endommageant des infrastructures civiles, y compris une école, un marché, un entrepôt de stockage d'aide humanitaire et un hôpital", affirme l'ONG basée à New York.

Les munitions au phosphore blanc, qui s'enflamme au contact de l'oxygène contenu dans l'air et brûle à des températures très élevées, ne sont interdites par aucun traité international. Mais leur emploi est réglementé par le protocole III de la Convention sur les armes classiques de 1980 "sur l'interdiction ou la limitation des armes incendiaires", auquel Israël n'a pas souscrit.

Ce texte prohibe leur utilisation dans les zones peuplées de civils, où elles peuvent provoquer des incendies difficiles à éteindre et des blessures graves car le phosphore blanc peut se consumer pendant des jours.

Selon Fred Abrahams, co-auteur du rapport, "l'armée israélienne n'a pas seulement utilisé le phosphore blanc dans des zones dégagées comme écran (de fumée) pour ses troupes."

"Elle a tiré de manière répétée du phosphore blanc au-dessus de zones densément peuplées même lorsque ses troupes n'étaient pas dans la zone et que des écrans de fumée moins dangereux étaient disponibles. En conséquence, des civils ont souffert et sont morts inutilement", ajoute-t-il.

L'armée israélienne n'a pas démenti avoir utilisé des obus au phosphore, soulignant toutefois n'utiliser que des armes non-prohibées par les conventions internationales.


Selon M. Falk, connu pour ses prises de position très critiques à l'égard d'Israël, l'Etat hébreu "n'était pas en situation de légitime défense" au moment où il a déclenché son offensive le 27 décembre et n'a "pas voulu prolonger le cessez-le-feu que lui proposait le Hamas".

L'expert de l'ONU relève que le cessez-le-feu observé par les deux parties de juin à novembre 2008 a constitué "la période la plus sûre" pour Israël en terme de menaces, malgré les tirs de roquettes palestiniens sur le sud de son territoire.

A ce sujet, M. Falk a également dénoncé ces tirs du Hamas sur des civils israéliens ainsi que "l'utilisation présumée d'enfants et de civils comme +boucliers humains+".

"Les pratiques du Hamas soupçonnées de constituer des crimes de guerre doivent également faire l'objet d'une enquête", insiste-t-il.

Mais selon M. Falk, interrogé par les médias, il est "indispensable" de considérer le mouvement palestinien "comme un acteur politique et non comme une organisation terroriste" faute de quoi "la réalité" du conflit israélo-palestinien "se perpétue d'elle-même" quoi que fasse le Hamas.

D'après les chiffres palestiniens cités par M. Falk, 1.434 Palestiniens ont été tués pendant les 22 jours de conflit, du 27 décembre au 18 janvier, dont 960 civils, 239 officiers de police et 235 militants ou combattants. Pendant la même période, 13 Israéliens ont été tués et 200 autres blessés.

M. Falk a été expulsé d'Israël en décembre dernier après avoir été brièvement détenu à son arrivé dans le pays. Les autorités israéliennes l'avaient empêché d'accéder aux territoires palestiniens en le détenant durant plus de 20 heures à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv. Cette mesure de refoulement "sans précédent" avait été dénoncée officiellement par la Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme Navi Pillay.

Première publication : 26/03/2009

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