Dernière modification : 06/04/2009 

- Japon - Réfugiés


Tokyo s'ouvre timidement aux réfugiés
Progressivement, le Japon accepte d'accueillir un nombre croissant de réfugiés et de déplacés. Toutefois, cette légère évolution ne parvient pas à masquer le fait qu'il n'accorde toujours le droit d’asile qu'à quelques rares privilégiés.
Par FRANCE 24 (texte)

Kyaw Kyaw Soe vit dans la grande banlieue de Tokyo. Cet activiste birman a fui son pays pour éviter la prison. Il est arrivé au Japon avec un visa touristique, puis a demandé le statut de réfugié. Il garde un mauvais souvenir de l’interrogatoire que lui ont fait passer les services d’immigration.

"Leurs questions avaient pour objectif de déterminer si j’étais vraiment réfugié ou non. Ils m’interrogeaient de manière très subtile. J’étais complètement paniqué", raconte-t-il.

En attendant la réponse des services d'immigration, Kyaw Kyaw Soe a vécu grâce à une petite aide de l’État et à de petits boulots. Enfin, au bout de deux ans, sa demande a fini par aboutir. Mais il a eu beaucoup de chance : seules 508 personnes ont obtenus le statut de réfugié, au Japon, ces 17 dernières années - le Japon a signé la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés en 1992.

 

1600 dossiers déposés, 57 acceptés en 2008

Si le Japon s'ouvre un peu, c'est en grande partie à cause d'un incident qui, en 2004, a permis de sensibiliser les Japonais à la question de l'asile. Des Nord-Coréens s'étaient alors réfugiés dans une ambassade nippone. L'événement avait été très couvert par les médias.

 

En 2005, les règles d’accueil ont été légèrement assouplies par Tokyo. Le nombre de demandes a alors augmenté. Elles viennent principalement de Birmans et de Sri-lankais. Cependant, sur les 1 600 dossiers déposés l’an dernier, 57 seulement ont été acceptés. Les autorités japonaises redoutent les abus… 

 

"Parmi les gens qui demandent l’asile, certains le font effectivement moins parce qu'ils fuient un conflit que parce qu'ils veulent vivre et travailler au Japon. Or, les gens qui entrent dans le pays avec un visa touristique n’ont pas le droit d'y occuper un emploi. Après avoir dépassé la durée légale de leur séjour, ils restent donc dans l'archipel, puis déposent une demande d’asile, car ils savent qu’on ne pourra pas, dans ce cas, les expulser..." explique un officiel de la Ministère japonaise de l'immigration.

 

Peu enclin à accueillir les réfugiés, le Japon se présente pourtant comme un pays ouvert. Tokyo vient d’annoncer que, désormais, le pays acceptera aussi les personnes déplacées qui vivent dans des camps de réfugiés, sans avoir de perspective de rapatriement. Mais, là encore, seules 30 personnes seront sélectionnées chaque année par la deuxième économie mondiale...
 

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