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Pour la première fois depuis plus de dix ans, les Espagnols retournent massivement travailler dans les champs, comme ici à Huelva, pour la récolte des fraises. Avec un taux de chômage de 21%, le plus élevé de toute l'Espagne, l’Andalousie est frappée de plein fouet par la crise, et les postes de saisonniers sont pris d’assaut.
Traditionnellement employés comme saisonniers, des milliers de migrants errent à la recherche de travail. Rien que sur cette exploitation, l’employeur voit arriver chaque jour 50 à 70 personnes, la plupart des sans-papiers.
Quelque 35 000 immigrés sont ainsi arrivés dans la région sans trouver de travail. Adama, clandestin orignaire du Mali, nous emmène dans son campement, surnommé "la forêt". Il faut s’enfoncer dans les bois ; c’est à un kilomètre de la route. Selon lui, environ 500 personnes y vivent, dans des cabanes dispersées. "Viens, je te fais visiter mon hôtel 5 étoiles.", ironise-t-il. "Voilà, c’est une chambre pour trois personnes. Chaque matin, on se lève ici et on va chercher du travail."
Plus loin, on retrouve le campement des Marocains. Là non plus, il n’y a pas d’eau potable, pas d’électricité et très peu de nourriture. Mostafa a des papiers en règle et un permis de travail. Il est révolté. "Regarde, pour construire ça, on cherche des cordes, des morceaux de plastique, du bambou… Et tout ça [en montrant le lit], on est allé le chercher dans des poubelles. Je n’ai même pas les moyens de m’en aller d’ici. Nous sommes ici comme des animaux dans une jungle."
Pour l’instant, la police n’est pas intervenue. Mais ici, tous racontent qu’ils vivent la peur au ventre. À quelques kilomètres, des centaines de migrants viennent d’être délogés. Parce que le bidonville était visible depuis ce quartier résidentiel. "Ils sont arrivés ici à 7 h du matin, ils ont tout cassé. Les gens ont tous fui avec leurs bagages."
Les autorités locales et les ONG, qui bénéficient toutes d’aides publiques, ont décliné nos demandes d’interviews, refusant de s’exprimer sur l’ampleur du désastre humanitaire que vit la région de Huelva.


























Commentaires (1)
Espagne aux Espagnols
Je suis desole de la situtation des immigres. Mais actuellement tout le monde veut et a besoin de travailler, alors il est normal que le peu de postes disponibles soient d abord donnes aux espagnols les plus dans le besoin et non a des immigres. On a voulu faire entrer tous les Peruviens et venezueliens a l epoque pour le travail du batiment et maintenant on se bouffe les doigts car on ne sait plus comment se debarasser d eux...Vive la politique idiote espagnole. J en ai marre. Moi qui voulait retourner en Espagne je ne le peux meme pas car je n y aurais meme pas d avenir. Avant la crise la situation de l emploi etait deja catastrophique et maintenant cest pire que pire.