Dernière modification : 06/04/2009 

- Crise économique - Omar el-Béchir - Soudan


Le mandat contre El-Béchir fragilise la croissance soudanaise
Outre la crise mondiale, l'économie soudanaise pâtit du mandat d'arrêt lancé par la Cour pénale internationale à l'encontre du président Omar el-Béchir. Alors que l'activité tournait à plein régime en 2008, elle est désormais au ralenti.
Par Mélodie PROUST (texte)

La capitale soudanaise est en plein boom économique. En 2008, l’économie de service s’est considérablement développée à Khartoum, pour offrir aux expatriés, de plus en plus nombreux, et aux quelques visiteurs de passage un niveau de vie auquel ils n’étaient pas habitués.

Mais le mandat d'arrêt lancé récemment par la Cour pénale internationale contre le président Omar el-Béchir et la crise économique mondiale sont en train de perturber cette économie en pleine croissance.

Le Burj el-Fateh complex - l'un des plus luxueux hôtels du pays situé sur les bords du Nil et produit de ce boom économique soudanais - ressent de plein fouet l'impact de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) sur les affaires de l'hôtel Complex.

"La semaine précédant la décision de la Cour pénale internationale, nous avons noté une baisse concernant les réservations des chambres d’hôtel et le restaurant. La semaine suivant la décision, la baisse s’est accentuée […] Nous sommes maintenant dans une situation d’attente, nous attendons de voir comment les affaires évolueront", constate le directeur du complexe, Wissam Khalek.

Les mesures de sécurité imposées par l’ONU et par les représentations diplomatiques à leur personnel ont provoqué un changement des habitudes des "internationaux" de Khartoum, qui préfèrent désormais rester chez eux, laissant ainsi beaucoup de restaurants et de café presque vides.

Sujet tabou par définition, le mandat d’arrêt est dans toutes les têtes, mais pas sur toutes les lèvres, et de nombreux gérants préfèrent se tourner vers l’avenir.

Manager du Dabanga, un café dédié à une clientèle internationale et ouvert dans le quartier huppé des ambassades étrangères il y a tout juste un an, Amir Hafiz se dit confiant : "Ce marché est en train de croître, il se porte beaucoup mieux qu’il y a quelques années. Etant donné que le Soudan est en train de se développer lentement, je pense que ce secteur suivra également."

Une façon comme une autre de surmonter les crises qui affectent le pays.

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