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Afrique

Abdelaziz Bouteflika espère une "majorité écrasante"

Vidéo par Gwladys SAVERY

Texte par FRANCE 24 avec dépêches

Dernière modification : 09/04/2009

Vingt millions d'électeurs sont appelés aux urnes ce jeudi pour une élection sans suspens. Le président sortant, Abdelaziz Bouteflika, devrait être élu pour la troisième fois consécutive. Son objectif : obtenir "une majorité écrasante".

AFP - Les Algériens sont appelés aux urnes jeudi pour départager les six candidats à l'élection présidentielle, dans laquelle le chef de l'Etat sortant Abdelaziz Bouteflika, presque assuré d'obtenir un troisième mandat, vise une "majorité écrasante" avec une participation conséquente.
   

"Votez, votez même contre moi, mais votez", fut son leitmotiv durant sa campagne électorale marathon à travers 38 wilayate (départements).
   
Un message aux 20,6 millions d'électeurs relayé par les partis, organisations ou associations le soutenant, qui ont tenu 8.000 réunions publiques dans tout le pays, sans incidents.
   
M. Bouteflika, élu en 1999 et réélu en 2004, entend en effet asseoir sa légitimité à l'issue de ce scrutin boycotté par l'opposition traditionnelle qui le juge "gagné d'avance", par un score au moins égal aux 84,99% des voix obtenues il y a cinq ans.
   
"Un président qui n'est pas élu à une majorité écrasante n'est pas un président", avait-il lancé dès l'annonce de sa candidature.
   
Le spectre d'une forte abstention hante aussi ses cinq adversaires qui, malgré des moyens financiers qu'ils jugent "dérisoires", n'ont cessé d'appeler les Algériens à voter, promettant de mettre fin à la corruption, au clientélisme, à l'injustice sociale et à l'inégalité dans la répartition des richesses.
   
"Aucun vainqueur ne peut sortir des urnes dès le 1er tour avec 50% des voix car j'ai vu l'ampleur de la colère" du peuple, a dit mercredi Djahid Younsi (El Islah, islamiste modérée), sans jamais citer nommément M. Bouteflika.
   
Louisa Hanoune, dirigeante du Parti des travailleurs (PT, trotskiste), seule femme à se présenter, est aussi l'unique candidate pouvant se prévaloir d'une assise politique et d'un programme qu'elle défend depuis de longues années. Mais elle n'a obtenu que 1% des suffrages en 2004.
   
Moussa Touati, président du Front national algérien (FNA, nationaliste), Mohamed Saïd (Parti de la Justice et liberté, PJL, islamique modéré) et Ali Fawzi Rebaïne (AHD-54, nationaliste, 0,63% en 2004), ont eux aussi vertement critiqué les moyens mis à la disposition "d'un seul candidat".
   
Face à ces adversaires, M. Bouteflika a eu beau jeu de mettre en avant ses dix ans passés à la tête de l'Etat, promettant la "stabilité et la continuité" avec un nouveau plan de développement de 150 milliards de dollars sur 5 ans, trois millions d'emplois et la construction d'un million de nouveaux logements.
   
Le ministre de l'Intérieur a affirmé, pour contrer toute accusation d'éventuelles fraudes, que "le système électoral garantissant la transparence et le respect des résultats du vote (était) assuré".
   
Il a souligné la présence en Algérie d'observateurs de l'Union africaine, de l'Organisation de la conférence islamique, de la Ligue arabe. L'ONU a pour sa part envoyé une "mission de suivi", chargée de faire un rapport au secrétaire général, Ban Ki-moon.
   
Un dispositif "adapté" a d'autre part été mis en place pour assurer la sécurité des électeurs durant le scrutin, a ajouté M. Zerhouni, interrogé sur la lutte contre les islamistes armés d'Al-Qaïda au Maghreb islamIque (Aqmi), toujours actifs dans certaines régions.
   
Les forces de sécurité ont "ces derniers mois abattu 10 importants chefs terroristes, capturé huit autres, alors que six se sont rendus", a-t-il dit.
   
M. Bouteflika a évoqué durant sa campagne un référendum sur une éventuelle amnistie générale en faveur des islamistes qui se "rendraient définitivement".
   
Une initiative qui vise à conforter sa politique de réconciliation nationale, qui a déjà entraîné la reddition de plusieurs milliers de ces djihadistes depuis 1999.
 

Première publication : 08/04/2009

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