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EUROPE

Ouverture d'une enquête pour tentative de coup d'État

Dernière modification : 09/04/2009

Au lendemain des accusations du président Voronine, qui soutient que la Roumanie est derrière les troubles de mercredi, Chisinau annonce l'ouverture d'une enquête pour tentative de coup d'État et son intention d'expulser 3 reporters roumains.

AFP - Le président moldave Vladimir Voronine a accusé mercredi la Roumanie d'être derrière la flambée de violences qui a embrasé la capitale, Chisinau, tandis que le parquet ouvrait une enquête pour tentative de coup d'Etat.
  
Le soulèvement mardi contre la victoire des communistes aux législatives a tourné à la crise diplomatique, M. Voronine montrant du doigt la Roumanie, dont la Moldavie fit partie avant d'être annexée par l'URSS, puis d'accéder à l'indépendance en 1991.
  
"La Roumanie est impliquée dans tout ce qui se passe chez nous", a-t-il affirmé, ce que Bucarest a aussitôt démenti, dénonçant "une provocation envers l'Etat roumain".
  

L'ambassadeur de Roumanie à Chisinau, Filip Teodorescu, a été sommé de quitter le pays dans les 24 heures et l'ambassadeur de Moldavie à Bucarest a été rappelé à Chisinau pour "consultations".
  
La Roumanie a à cet égard désigné mercredi soir un nouvel ambassadeur à Chisinau, Mihnea Constantinescu.
  
Le gouvernement moldave a en outre approuvé l'introduction d'un régime de visas avec la Roumanie, devenue membre de l'UE en 2007.
  
Haussant le ton, le président moldave a aussi menacé de prendre des "mesures appropriées" contre les manifestants qu'il avait qualifiés la veille de "fascistes ivres de colère".
  
"Hier, j'étais à la limite (de recourir à la force). Si ça se répète, des mesures appropriées pourront être prises", a déclaré le chef de l'Etat de cette ex-république soviétique de 4,3 millions d'habitants.
  
Le parquet a ouvert une enquête pour "tentative de coup d'Etat et usurpation du pouvoir", il doit établir quelles sont les personnes impliquées dans ces crimes qui risquent jusqu'à 25 ans de prison, a indiqué le procureur général Valéri Gourboulia.
  
Selon le ministère de l'Intérieur, 193 personnes ont été interpellées au cours des violences dont la journaliste Natalia Morar, déjà interdite d'entrée en Russie.
  
Un millier de personnes, très jeunes, ont cependant manifesté mercredi à Chisinau dans une ambiance bon enfant. Mardi, des manifestants avaient mis à sac le parlement, jetant meubles et ordinateurs par les fenêtres, et occupé également la présidence avant que les forces de l'ordre ne reprennent le contrôle de la capitale dans la nuit.
  
"A bas les communistes !", "Non à la violence !", ont-ils scandé mercredi, mangeant des glaces et buvant du Coca-Cola face à des policiers assis par terre sur leurs boucliers pour fumer.
  
En fin d'après-midi, certains d'entre eux ont tenté en vain de forcer le cordon de police déployé autour du siège du gouvernement. La manifestation s'est dispersée sans incidents vers 19H30 GMT.
  
Les difficultés sociales en Moldavie, le pays européen le plus pauvre dont un quart de la population est partie travailler en Europe ou en Russie, et le manque de perspectives claires pour la jeunesse semblent le principal catalyseur de ces émeutes.
  
"Ce n'est que le début. Ce sont les communistes qui sont coupables, on n'a pas de quoi vivre ici, comment on peut vivre avec un salaire (mensuel) de 1.500 lei (100 euros) ?", affirme Sergueï Mountian, un ouvrier de 22 ans.
  
Les communistes ont recueilli 49,48% des voix soit 60 des 101 sièges de l'Assemblée, selon les résultats définitifs annoncés mercredi par la Commission électorale centrale, alors qu'une majorité des trois cinquièmes (61 sièges) est nécessaire pour élire le président du pays.
  
Les résultats préliminaires leur donnaient 49,9% des voix, soit 61 sièges. Ce résultat avait été dénoncé comme un "outrage" par les opposants qui auraient désormais théoriquement la possibilité de bloquer l'élection au Parlement du chef de l'Etat.
  
La Russie, toujours inquiète des débordements post-électoraux dans l'ancien bloc soviétique, a de son côté estimé que toute remise en cause des résultats serait "sans fondement".
  
L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) a également jugé le scrutin "conforme à de nombreuses normes et obligations internationales".
  

Première publication : 09/04/2009

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