Dernière modification : 11/04/2009 

- Liban - Médias


"Murr TV" revient sur les écrans de Beyrouth
Au Liban, "Murr TV" s'apprête à rediffuser ses programmes, après sept années de silence forcé. Alors que l'indépendance des médias reste un vœu pieux dans le pays, la chaîne espère garder sa neutralité politique.
Par Lanah KAMMOURIEH / Selim EL MEDDEB (texte)

Nous sommes a Naccache, dans la banlieue de Beyrouth, la capitale libanaise. Dans un immeuble flambant neuf du quartier, c’est l’effervescence : "Murr TV" (MTV) s’apprête à revenir sur les ondes, après sept ans de vacances forcées.

 

Les derniers réglages effectués, les dirigeants de la chaîne, dont Michel Murr, son PDG, prennent l’antenne avec un objectif affiché : "MTV" sera politiquement neutre.

 

"'MTV' a toujours été une voix libanaise libre, au service de tous les Libanais. Aujourd’hui, avec son retour, nous garderons les mêmes principes. Nous ne serons liés à aucun parti", explique-t-il.

 

Pourtant, "MTV" a déjà pris position dans le passé. En septembre 2002, la chaîne a même été fermée de force. Résolument anti-syrienne, elle était dans le collimateur du pouvoir de l’époque. L’affaire déclenche de nombreuses manifestations et "MTV" devient le symbole de la censure sous l’occupation syrienne.

 

Le retour de la chaîne prend donc des airs de revanche politique, à deux mois des élections législatives, d’autant plus que la neutralité des médias est une mission quasi-impossible au Liban. Dans le pays, chaque organe de presse est affilié à un parti. Résultat : l’information est fortement éditorialisée.

 

Des médias très liés au politique

 

Le retour de "MTV" porte à huit le nombre de chaînes nationales au Liban. Ce qui ne va pas sans mal : les spécialistes des médias pointent en effet les problèmes récurrents de financement rencontrés par les télévisions.

 

Ainsi, Jihad Bitar, directeur général de la société de conseils "Comtrax Solutions", explique que les médias libanais sont très liés au politique, parce que le marché publicitaire est trop étroit pour permettre de tous les financer.

 

"La survie des médias libanais dépend du financement politique. Or, en cette période électorale, les chaînes de télévisions font partie intégrante de la campagne. Au point que certaines associations dénoncent des dérives dangereuses", poursuit Bitar.

 

Pour Karim el-Mufti, membre de l’Initiative libanaise pour des médias citoyens, les médias libanais sont coupables d’incitation à la haine.

 

Dans un tel contexte, la question est donc de savoir si la voix de la nouvelle "MTV" saura garder le cap de la neutralité fixé par son patron.

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