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Afrique

Les ravisseurs des deux humanitaires menacent de les exécuter

Dernière modification : 13/04/2009

Un groupe baptisé les "Aigles de la libération de l'Afrique" a revendiqué l'enlèvement, le 4 avril, au Darfour, de deux humanitaires française et canadienne. Ils menacent de les exécuter si les membres de l'Arche de Zoé ne sont pas rejugés.

AFP - Les deux humanitaires, canadienne et française, enlevées la semaine dernière au Darfour, dans l'ouest du Soudan, sont en vie, et elles semblent en bonne santé selon les propos de l'otage canadienne avec laquelle l'AFP a pu s'entretenir dimanche.

"On nous traite bien. On ne sait pas où on est", a dit via un téléphone satellitaire une personne se présentant comme l'otage canadienne, Stéphanie Jodoin, membre de l'ONG française Aide médicale internationale (AMI), qui s'exprimait sous le contrôle de ses ravisseurs.

Lors de cette conversation, rendue possible par des sources soudanaises, l'interlocutrice, dont la voix ne trahissait aucune souffrance physique, a également donné le nom de sa collègue, Claire Dubois.

Ces noms, qui avaient été évoqués dans la presse soudanaise, ont été confirmés de source occidentale.

"On souhaite beaucoup de courage (à nos familles). On souhaite que tout se termine bien. On pense à eux très fort", a ajouté Stéphanie Jodoin.

Les deux femmes ont été enlevées le 4 avril par un groupe d'hommes armés à Ed el-Fursan, dans la province du Darfour-Sud.

Elles sont aux mains d'un groupe se nommant les "Aigles de la libération de l'Afrique", selon un des membres de cette organisation avec qui le correspondant de l'AFP s'est également entretenu.

Ce ravisseur, qui s'exprimait en arabe et n'a pas voulu s'identifier, a proféré des menaces à l'encontre des otages.

"Nous sommes un nouveau groupe. Certains d’entre nous sont d’anciens rebelles et d’autres ne le sont pas. Une partie d’entre nous vient des tribus arabes (du Darfour) mais ne voulons pas faire la différence entre Arabes et non-Arabes", a-t-il précisé.

Il a avancé que son groupe ciblait "pour l'instant" des ONG françaises en raison de l'affaire ayant impliqué en 2007 l'ONG française l'Arche de Zoé au Tchad.

"Nous voulons lancer le message au gouvernement français de juger les gens qui ont kidnappé les enfants de l’est du Tchad", a-t-il dit.

Six membres de l'association l'Arche de Zoé avaient été condamnés par la justice tchadienne pour avoir tenté de transférer du Tchad vers la France 103 enfants présentés comme orphelins de la guerre civile au Darfour, région voisine du Tchad.

Ces membres avaient été transférés dans une prison française en décembre 2007 et graciés trois mois plus tard par le président tchadien Idriss Deby Itno, ce qui avait conduit à leur libération.

"Notre problème est avec (le président français) Nicolas Sarkozy et Idriss Deby", a poursuivi le ravisseur, sans détailler davantage les demandes du groupe.

"Nous travaillons pour libérer les otages de façon pacifique", a de son côté déclaré dimanche le responsable du protocole au ministère soudanais des Affaires étrangères, Ali Youssif.

Mais Khartoum ne serait pas "en première ligne" des négociations avec les ravisseurs, selon un responsable local affirmant que l'ONG et les autorités françaises en avaient pris la responsabilité.

Contacté par l'AFP, le porte-parole d'AMI, Frédéric Mar, n'a pas voulu faire de commentaire.

Il s'agit du deuxième enlèvement d'humanitaires au Darfour depuis le mandat délivré le 4 mars par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, vaste région en proie depuis 2003 à une guerre civile.

Cinq membres de la section belge de l'ONG française Médecins Sans Frontières (MSF) --un Français, une Canadienne, un Italien et deux Soudanais-- avaient été enlevés le 11 mars dans un autre secteur du Darfour et libérés en moins de trois jours.
 

Première publication : 12/04/2009

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