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Amériques

Barack Obama allège les restrictions qui pèsent sur Cuba

Vidéo par Damien COQUET

Dernière modification : 14/04/2009

Le président américain Barack Obama a ordonné la levée d'une partie des restrictions qui pèsent sur Cuba. Les Américano-Cubains pourront désormais visiter leur famille et leur faire parvenir plus facilement de l'argent.

AFP - Le président Barack Obama a ordonné lundi la levée des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains vers leur pays d'origine, marquant un premier assouplissement de la politique américaine envers l'île depuis son arrivée au pouvoir.
   
"Le président Obama a ordonné une série de mesures en direction du peuple cubain, afin de soutenir leur souhait de jouir de droits fondamentaux et de déterminer librement l'avenir de leur pays", a dit le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs.
   
"Le président a donné pour instruction au secrétaire d'Etat, aux secrétaires au Trésor et au Commerce de faire le nécessaire pour que soient levées toutes les restrictions à la possibilité de rendre visite à des membres de sa famille à Cuba et de leur envoyer de l'argent", a-t-il ajouté devant la presse, en rappelant que M. Obama tenait là une promesse de campagne.
   
Les Américains d'origine cubaine pourront ainsi voyager à Cuba et envoyer de l'argent à leurs proches restés sur l'île, sans limitation.
   
Ces nouvelles règles, qui ne nécessitent pas l'accord du Congrès, concerneraient près de 1,5 million d'Américains dont un membre de la famille vit à Cuba.
   
Il s'agit de la première mesure du président Obama depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier dans le sens d'un allègement des sanctions contre l'île.    Les Etats-Unis imposent depuis 1962 un embargo à Cuba, sauf pour les produits alimentaires et pharmaceutiques. Cet embargo est régulièrement dénoncé par les Nations unies.
   
Les Américains d'origine cubaine ont pu se rendre librement à Cuba pendant une courte période, lorsque le président Jimmy Carter avait refusé en 1977 de renouveler les restrictions, rétablies ensuite par son successeur Ronald Reagan en 1982. Un scénario qui s'était reproduit avec les présidents Bill Clinton et George W. Bush qui ont respectivement allégé puis renforcé les sanctions.
   
Il restera cependant interdit d'envoyer de l'argent à des membres du régime castriste ou de l'armée, selon un responsable de la Maison Blanche.
   
Le Congrès avait voté début mars un allégement des restrictions sur les voyages à Cuba pour les Américains d'origine cubaine, leur permettant de s'y rendre une fois par an, au lieu d'une fois tous les trois ans. Pour le reste des Américains, seuls ceux ayant une raison jugée valable dans certains domaines (commercial, sportif...) peuvent obtenir un visa pour l'île.
   
L'annonce de ces nouvelles règles intervient à quelques jours du sommet des Amériques, les 17 et 18 avril à Trinité-et-Tobago, organisé en l'absence de La Havane qui n'a pas été invitée. Il s'agira du premier grand rendez-vous du continent avec M. Obama, dont l'administration a promis d'alléger l'embargo contre Cuba, en fonction de ses avancées démocratiques.
   
L'amélioration des relations entre les deux pays dépendra d'ailleurs "des actions du gouvernement cubain" en la matière, a expliqué M. Gibbs.
   
M. Obama "voudrait que le peuple cubain ait plus de libertés", a dit le porte-parole. "Il y a les mesures qu'il peut prendre, et qu'il a prises aujourd'hui", pour tendre vers cet objectif, a poursuivi M. Gibbs. "Mais il n'est pas la seule personne dans cette équation", a-t-il ajouté, soulignant que les dirigeants cubains devaient aussi apporter leur écot.
   
Le vice-président américain Joe Biden a réaffirmé récemment que Washington attendait un "engagement ferme" de Cuba en faveur des droits de l'homme avant une éventuelle levée de l'embargo.
 

Première publication : 13/04/2009

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