Dernière modification : 17/04/2009 

- Attentats de Bombay - Élections législatives - Inde - Manmohan Singh


Coup d'envoi d'un scrutin marathon d'un mois
Quelque 714 millions d'électeurs ont jusqu'au 13 mai pour désigner les 543 députés de l'Assemblée du peuple. Un scrutin marathon encadré par plus de 6 millions d'observateurs et de membres des forces de l'ordre.
Par Leela JACINTO (texte)
Pauline PACCARD (vidéo)

Ce jeudi, 17 Etats indiens se rendent aux urnes. Cette première étape des élections générales est la plus importante démonstration de démocratie jamais organisée à travers le monde.

 

Quelque 714 millions de personnes sur 1,1 milliard d'habitants – soit plus du double de la population américaine – pourront légalement participer à ce scrutin complexe.

 

Près de 1 000 partis sont en lice pour les 543 sièges du Parlement indien. Parmi les candidats, des politiciens de longue date, des parvenus, des étoiles de Bollywood, des joueurs de cricket, des membres de la haute société, tout comme des représentants des castes les plus basses.

 

Lal Krishna Advani (BJP)
Lal Krishna Advani (BJP)AFP
Le dirigeant de 81 ans du parti BJP incarne la ligne dure du nationalisme indien. Bien que son parti appelle au renforcement de l'hindu, Advani tente de corriger son image jugée trop stricte.
Sonia Gandhi (Congrès)
Sonia Gandhi (Congrès)AFP
Italienne de naissance, le leader du parti du Congrès a abandonné sa chance de devenir Premier ministre en 2004 en faveur de Manmohan Singh. Gandhi est la veuve d'un ancien Premier ministre indien et jouit d'une grande popularité.
Rahul Gandhi (Congrès)
Rahul Gandhi (Congrès) AFP
Le fils de Sonia Gandhi, Rahul Gandhi, est issu d'une famille de responsables politiques indiens. Il est le fils, le petit-fils et l'arrière petit-fils d'anciens Premiers ministres du pays.
Narendra Modi (BJP)
Narendra Modi (BJP)AFP
A la tête d'un Etat de l'Ouest indien, Narendra Modi est critiqué pour son rôle dans les violences antimusulmanes de 2002. Mais il reste populaire et s'appuie sur les fondamentaux de son parti.
Mayawati (BSP)
Mayawati (BSP)AFP
S'appuyant sur la caste pauvre des Dalits, Mayawati est surnommée la "reine des Dalits". Elle pourrait apparaître comme le leader d'un "troisième front" de partis régionaux et gagner en popularité. Mais elle fait face à des accusations de corruption.
Manmohan Singh (Congrès)
Manmohan Singh (Congrès)AFP
Le Premier ministre indien, au pouvoir depuis 2004, est considéré comme l'architecte de la réforme financière du pays et a une réputation d'homme politique "propre".

     

     

    “Les élections générales indiennes sont un énorme exercice démocratie, explique Uday Bhaskar, ancien directeur de l’Institute for Defence Studies and Analyses de New Delhi. Cette année, la liste électorale est encore plus importante que par le passé, de nombreux jeunes ayant atteint l’âge de voter. A cela s’ajoute le fait que la tranche la plus âgée vit plus longtemps et reste active plus longtemps.

     

    Haut-parleurs, camions et... Facebook

     

    Pour courtiser cette vaste population, les partis politiques usent et abusent de posters, de véhicules équipés de haut-parleurs et organisent pléthore de rassemblement. Ils inondent les portables de SMS et saturent les blogs et les sites Internet de socialisation de messages et de chansons bollywodiennes.

     

    Dans ce pays fou de musique, le parti au pouvoir est allé jusqu’à acheter les droits exclusifs de “Jai Ho”, musique phare du film plusieurs fois récompensé aux Oscars, “Slumdog Millionaire”. Grossièrement retitrée “Let victory prevail” ("Laissez gagner la victoire"), la chanson a été traduite en plusieurs dialectes indiens.

     

     

    La réponse de l’adversaire ne s’est pas fait attendre. Les partisans du parti d’opposition Bharatiya Janata Party (BJP) ont rapidement dévoilé une parodie de cette reprise qu’ils ont ironiquement intitulée “Bhay Ho”, soit “Let fear prevail” (Laissez gagner la peur"). Les clips de cette parodie ont circulé  sur le Web via YouTube et Facebook.

     

     

    Mais dans un pays où la majeure partie de la population n’a pas accès à l’eau potable et encore moins à un ordinateur, les experts jugent l’influence des médias encore négligeable.

     

    “C’est un phénomène urbain, estime Siddharth Bhatia, éditorialiste au Daily News and Analysis, un quotidien de Bombay. Je ne crois pas que nous devrions l’occulter, mais ce n’est absolument pas comparable avec le phénomène Obama,” affirme-t-il, faisant référence à la puissante campagne Internet du président américain.

     

    Deux principaux partis et un “troisième front"

     

    Le véritable enjeu de ces élections générales reste la bataille entre la coalition au pouvoir menée par le parti du Congrès (Congress Party) et celle dirigée par le BJP.

     

    Le Congrès est à la tête de la coalition United Progressive Alliance (UPA), tandis que le BJP mène la National Democratic Alliance (NDA).

     

    La plupart des experts prédisent que les deux camps sont en mesure de rassembler suffisamment de sièges pour remporter les élections ou, tout du moins, s’assurer une confortable majorité. Mais c'est compter sans les partis régionaux qui, à l'annonce des résultats à la mi-mai, devraient entamer des négociations pour rejoindre le camp victorieux.

     

    Une troisième formation, composée par plusieurs partis régionaux, plus petits, et surnommée “troisième front” par les médias indiens, pourrait aussi s’arroger la victoire.

     

    L'enjeu du scrutin : l’économie, pas les attaques de Bombay

     

    Les élections en chiffres
    • 714 millions d'électeurs
    • 828 804 bureaux de vote
    • 543 sièges au Parlement
    • 5 phases de vote du 16 avril au 13 mai
    • Votes: 16 avril, 23 avril, 30 avril, 7 mai, 13 mai
    • Décompte dès le 16 mai

    Ces élections se déroulent quelques mois seulement après les sanglantes attaques de Bombay de novembre 2008. Les graves défaillances de sécurité mises en lumière lors de ces raids contre les centres névralgiques de la ville ont plongé le parti du Congrès dans l’embarras. Nombreux furent ceux qui, au lendemain des attentats, pensaient que le parti au pouvoir allait chuter dans les sondages.

     

    Quatre mois plus tard pourtant, les analystes affirment que les attaques de Bombay ne sont plus le principal enjeu des élections. “La mémoire des Indiens est malheureusement courte", se désespère Uday Bhaskar.

     

    De fait, l’économie – ou du moins, le bien-être économique de la population - constitue le point crucial de ces élections.

     

    La campagne du Congrès, en particulier, fait grand cas des mesures déjà prises en faveur du monde rural : ces dernières années une grande partie des dettes des paysans a été effacée.

     

    “Grâce à ces mesures, je dirais que le Congrès bénéficie encore d’une légère avance aujourd’hui, estime Uday Bhaskar, même si pour lui ces élections sont loin d’être jouées d'avance. L’Inde traverse une période très complexe d’un point de vue sociopolitique et économique.”

     

    En mai prochain, le pays - et le monde - tout entier attendra de découvrir celui qui sera appeler à gouverner la plus grande démocratie du monde.

     

    Commentaires (3)

    Advani

    Advani est un patriote indien et un défenseur de l'hindouisme menacé et non un fasciste !

    Pour lui, l'islam et le christianisme sont des religions étrangères non-indiennes et elles ne sont pas le berceau de la civilisation indienne.

    Les Elections législative Indienne

    Lal Krishna Advani(Dirigeant du parti nationaliste Hindou) est un fasciste qui se sert de la religion Hindoue pour s'accrocher au pouvoir,en pronant des progroms contre les Musulmans et les Chrétiens.
    Quel misèrable.

    nationalisme indien

    Le nationalisme indien est très vif. Le BJP peut jouer sur les attaques de Bombay de novembre 2008 et sur la peur du pseudo ennemi intérieur pro-pakistanais, mais la croissance économique forte de l'Inde va permettre au Parti du Congrès de remporter la donne...mais pour combien de temps encore?
    Cet article décrit parfaitement la situation sociologique de ce pays tendu entre différentes aspirations: fierté nationale, régionalismes exacerbés, désir de croissance, développement rural...

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