Dernière modification : 19/04/2009 

- Environnement - États-Unis - OGM


Les "super mauvaises herbes" menacent la patrie de Monsanto
Les "super mauvaises herbes" menacent la patrie de Monsanto
De mauvaises herbes ultra-résistantes envahissent les champs OGM du sud des États-Unis. Face à cette nouvelle menace, des agriculteurs utilisent plus d’herbicides, renoncent aux cultures OGM ou abandonnent simplement leurs cultures.
Par Clea CAULCUTT (texte)

Aux Etats-Unis, les faucheurs partent à la rescousse des champs de cultures transgéniques assaillis par des mauvaises herbes d’une nouvelle génération. Des amarantes surpuissantes sèment la pagaille sur des kilomètres de champs de coton et de soja OGM. Universitaires et agriculteurs tirent la sonnette d’alarme.

 

En automne 2004, un agriculteur de Macon, dans l’État de Géorgie, remarque que sa dernière application de l’herbicide Roundup - produit par la firme Monsanto - ne tue pas certaines pousses d’amarantes. L’ingrédient actif de ce puissant herbicide est pourtant le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé aux Etats-Unis.

 

Toulouse, mars 2008. Des militants manifestent contre l'introduction des OGM en France.

Aujourd’hui, ce sont plus de cinq Etats du sud des Etats-Unis, la Géorgie, la Caroline du Sud, la Caroline du Nord, l’Arkansas, le Tennessee et le Missouri, qui subissent la fronde des "super mauvaises herbes", ou "superweeds", affirment les médias locaux.

 

Comment cela a-t-il pu se produire ? Selon les universitaires, les agriculteurs d’outre-Atlantique ont abusé de la formule magique Roundup Ready, une combinaison aussi révolutionnaire que controversée qui lie l’herbicide Roundup et des semences. Semences dans lesquelles on a introduit un gène qui leur permettent de résister à cet herbicide.

Monsanto, la multinationale de biotechnologie, est le producteur de Roundup et de graines OGM. Rien qu’aux Etats-Unis, 9 cultivateurs de soja sur 10 utilisent des semences Roundup, selon les chiffres de l’entreprise.

 

En Géorgie, 50 000 hectares gravement infestés d’amarantes

 

Spécialiste des mauvaises herbes à l’université de Géorgie, Stanley Culpepper assure dans un entretien avec FRANCE 24 que 50 000 hectares en Géorgie sont gravement infestés d’amarantes et 29 comtés de Géorgie sont aussi contaminés.

 

"Les agriculteurs réalisent que la menace est très sérieuse. Pendant deux ans, on a cherché en vain à le leur faire comprendre. Mais une fois qu’ils ont pris conscience de la gravité de la situation, ils ont adopté une approche très agressive vis-à-vis de la plante", a confirmé Stanley Culpepper.

 

"L’année dernière, nous avons dû désherber à la main la moitié de nos champs sévèrement infestés",  dit Stanley Culpepper, ajoutant que la lutte contre les amarantes "coûte très cher".

 

En 2007, 5 000 hectares de champs ravagés par les amarantes ont même été abandonnés par leurs propriétaires près de l’épicentre du phénomène des "superweeds" dans le comté de Macon, affirme le spécialiste agricole Alan York.

 

Parmi les "superweeds" américaines, il est difficile d’imaginer une mauvaise herbe plus incontrôlable que l’amarante. "C’est bien la mauvaise herbe qu’on ne veut pas voir dans son champs, elle domine tout", explique Stanley Culpepper. L’amarante peut produire 10 000 graines en une fois, résiste à la sécheresse et peut attendre trois mètres de haut. C’est une mauvaise herbe qui étouffe très facilement les arbustes de coton.

 

Aujourd’hui, les agriculteurs américains peinent à trouver un herbicide qu’ils puissent épandre sur les amarantes dans les plantations de coton.

 

Des solutions qui suscitent la polémique

 

Dans une interview accordée à FRANCE24, le responsable du développement technique de Monsanto, Rick Cole, estime que les "superweeds" peuvent être maîtrisées. "Le problème des mauvaises herbes qui résistent au Roundup est une réalité que Monsanto ne nie pas. Mais le phénomène peut être maîtrisé", affirme-t-il.

 

Rick Cole encourage les agriculteurs à utiliser différents herbicides, même ceux de concurrents, et d’alterner les cultures Roundup.

 

Selon un communiqué de presse de Monsanto, leurs vendeurs incitent les agriculteurs à mélanger le Roundup avec d’autres herbicides, comme le 2,4-D, un herbicide interdit au Danemark, en Norvège et en Suède pour protéger la population de risques de cancer, de troubles du système reproductif et d’affaiblissement mental. Le 2,4-D est aussi connu pour être un ingrédient de l’Agent orange, un herbicide utilisé par l’armée américaine pendant la guerre au Vietnam dans les années 1960.

 

Interrogé à propos de la toxicité et de l’impact environnemental de tels mélanges, Janice Person, directrice de communication chez Monsanto, répond que la multinationale "ne recommande pas de mélanges qui n’ont pas l’aval de l’Agence de la protection de l’environnement".

 

 

FRANCE 24: Le biochimiste français Eric Séralini affirme que ses recherches montrent que l'herbicide Roundup est dangereux pour l'homme et son environnement.

 

Selon la Soil Association, une association anti-OGM basée au Royaume-Uni, Monsanto était conscient de la menace des "superweeds" dès 2001 et avait fait breveter la pratique de mélanger de l’herbicide Roundup et d’autres herbicides qui ciblent des plantes résistantes au Roundup.

 

"Ce brevet va permettre à l’entreprise de profiter d’un problème que ses produits ont créé à l’origine," affirme un rapport de la Soil Association publié en 2002.

 

Les OGM lâchés par les agriculteurs

 

Dans un élan qui ferait plaisir aux militants anti-OGM en Europe, certains agriculteurs envisagent de renoncer aux OGM et de revenir aux semences dites conventionnelles. "C’est bien de revenir aux graines traditionnelles, les gens ont abusé des graines Roundup", affirme Alan Rowland, cultivateur de graines de soja à Dudley, dans l’Etat du Missouri. Auparavant, 80 % de ses ventes provenaient de plants Monsanto de marque Roundup Ready. Aujourd’hui, la demande de graines conventionnelles est très forte, et Alan Rowland ne vend plus que des graines non-OGM.

 

Selon Stanley Culpepper, les agriculteurs américains sont nombreux à envisager de renoncer aux OGM et de revenir à une agriculture plus conventionnelle. Mais pour les agriculteurs, tout se résume à une question de coûts de production. Le système OGM devient de plus en plus cher, affirme Alan Rowland.

Si les universitaires et les agriculteurs n’osent pas faire des reproches à la multinationale, Alan Rowland affirme que "certains ont commencé à se rebeller contre les coûts élevés."

 

Commentaires (14)

Brulons-les !!

Il faudrait faire sauter au C4 toutes les bases de ces firmes semencières crapuleuses ne pensant que profit au détriment de nos bien les plus chers !
Malheureusement cela est très difficile à organiser...

super mauvaises herbes

enfin enfin cela bouge un peu...quelle horreur ces labos ces multinationnales ces banques ce fric...yen à marre!!!

les mavaises herbes

Excellent!!!

MONSANTO

Super mauvaises herbes : Énième nuisance, depuis le PCB, signée Monsanto, en récapituler le nombre et l’étendue, relèverait de la gageure ; on devrait les poursuivre pour “Crime contre l’humanité” globalement et non de façon fractionnée, nuisance par nuisance.

oups

dame nature reprends simplement ses droits

elianelebaron7@orange.fr

Que pense l'état français de ces faits ? Mon plus grand souhait est que la France et les paysans réagissent solidairement en prenant conscience que l'avenir agricole de notre pays est le retour à l'agriculture conventionnelle, raisonnée, voire bio. La qualité plutôt que la quantité. Je fais partie d'une Amapp en bourgogne et je suis ravie de constater que les producteurs locaux (de jeunes paysans) se convertissent à ce type d'agriculture.

Les Apprentis sorciers des OGM

Voila ce qui arrive lorsque l'on veut jouer a controler la nature. L'agriculture devrait se remettre au vert et au travail de la terre avec les bras des hommes et non des produits miracles dont on ne connait pas les effets a long terme.

les mauvaises herbes

certes la lute contre ce nouveau fleau est a etudier mais selon mon avis la destruction par le feu serait la plus efficace, avec cela se concoit , les precautions d'usage afin de maitriser ce remede mais avec les precautions adaptées ce serait plus ecologique que saturer de pesticides qui ne peuvent qu'engendrer d'autres fleaux

resistance

L'intérêt du glyphosate, pour les producteurs, est qu'il simplifie, à court terme comme on s'en aperçoit, le contrôle des mauvaises herbes dans une culture: pas de mélange de matières actives, d'application en pré-levée ou d'incorporation du produit: toutes les espèces présentes lors de l'application sont affectées, sauf la culture transgénique bien entendu. C'est l'abus d'un systéme trop simple et trop pratique pour l'utilisateur qui a causé le problème de résistance à cet herbicide. L'utilisation abusive de la combinaison atrazine-métolachlore dans le maïs conventionnel, un autre système relativement simple, a depuis plus de 30 ans causé des problèmes de résistance de la même façon: aucune nécessité apparente d'effectuer des rotations, puisque pendant les premières années, toutes les espèces de mauvaises herbes sont contrôlées et les populations résistantes ne se manifestent pas. Nous n'avons pas su apprendre de nos erreurs.

rien à voir avec les OGM, mais ...

Il y a un lien direct entre ce problème de "SuperWeed" et les OGM. En effet: a) toute utilisation de pesticides ou autres produits chimiques (desherbants) si elle n'éradique pas TOTALEMENT le prédateur ou la plante génante, laisse dans la nature une population devenant de plus en plus resistante aux produits utilisés. Cette population se reproduit et crèe de nouvelles générations résistantes, etc ... b) le principe des OGM est justement basé sur l'utilisation d'une mollécule spécifique à laquelle la production est résistante. Il n'y a donc pas lieu d'effectuer des rotations ou des variations de pesticides ou désherbant ; sinon, quel est l'intéret d'utiliser ces OGM??
En conclusion, le lien direct est évident, c'est l'utilisation des OGM qui est à l'origine de cette superweed ... Même si on ne peut pas dire: "Quand on plante des OGM de soja ou de coton, on obtient de l'amarante super résistante"

mauvaises herbes

L'apparition de populations de mauvaises herbes résistantes à un herbicide n'a rien à voir avec les OGM, ni avec un produit chimique particulier. La résistance aux herbicides existait déjà dans les années 70, et est causée par l'utilisation répétée, année après année, de la même matière active. Il aurait suffit de pratiquer une rotation des cultures et/ou des herbicides (sans oublier les méthodes non chimiques) pour éviter ou diminuer les problèmes de résistance.

Maïs transgénique interdit en Allemagne

Vivement que tous les états, y compris les USA, suivent l'exemple de l'Allemagne qui vient d'interdire le maïs transgénique MON810. Et vite, avant qu'il n'aie tué tous les insectes pollinisateurs de la planète.

OGM

en 1998, jamais déjà écrit que des résistances aux OGM apparaitraient tôt ou tard en me basant uniquement sur l'histoire de la nature. Heureusement que ce phénomène apparaisse avant que la planète entière en soit recouverte.

Monsanto et les super mauvaises herbes

Le sujet ne serait pas aussi dramatique que j'aurais envie de dire bravo aux "super mauvaises herbes" qui font de la résistance comme les faucheurs volontaires.La nature nous donne toujours la même leçon,elle est la plus forte toujours!Et Les voyous de Monsanto seraient bien inspirés de s'en rappeler.Allez courage, la bêtise humaine est infinie comme disait Einstein mais la résistance aussi...

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