- Bachar al-Assad - Journalisme - Kurdes - Syrie
Un sac plastique en guise de trousse de toilette sur l’épaule, Hoseng revient de son unique sortie quotidienne. Depuis trois mois, ce journaliste kurde se cache quelque part entre la Syrie et le Liban, forcé de vivre dans des conditions spartiates pour avoir écrit sur la situation des Kurdes et sur diverses questions politiques nationales, dont le traitement a été visiblement peu apprécié à Damas.
"J’ai été interrogé par les services de sécurité de nombreuses fois. Ils m’ont menacé, raconte Hoseng. Ils m’ont conseillé d’arrêter d’écrire ce genre d’article, et m’ont dit que ça pourrait m’apporter des problèmes. Ils ont même insinué que je pourrais être arrêté."
Quelques mètres carrés prêtés par un ami sont la seule solution trouvée par Hoseng pour continuer à travailler. Issu de la minorité kurde de Syrie, il ne peut bénéficier d'un passeport syrien. Il ne peut donc pas quitter le territoire. Inquiet pour Hoseng, l'un de ses frères a décidé d’agir. Ravitaillement, organisation des prochaines cachettes : Il est prêt à tout pour l’aider.
"Je prends son article sur une clé USB, je vais dans un cybercafé, je l’envoie et je reviens", raconte le jeune homme. Une combine qui permet de porter la voix d’Hoseng hors des frontières.
Ainsi, celui-ci parvient à envoyer deux articles par semaine à des quotidiens libanais et kurdes. "Écrire, c’est quelque chose que j'ai en moi. j'aime exprimer mon opinion. Et puis, la situation actuelle de la Syrie - aussi bien sur le plan politique que culturel ou social - m'incite à écrire." Le défi est de taille, dans un pays où le journaliste est encore considéré comme un danger.
Raconter son histoire, c'est, pour Hoseng, l’espoir de pouvoir vivre à nouveau au grand jour. L’espoir, aussi, de redonner une voix à ceux qui l’ont perdue. Actuellement, neuf journalistes et cyberdissidents sont détenus dans les geôles syriennes.


























Commentaires (1)
malheureux
malheureux destin du peuple Kurde