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Moyen-Orient

À Beyrouth, Clinton appelle à des élections "libres et ouvertes"

Dernière modification : 02/06/2009

En visite surprise à Beyrouth, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a souhaité que les élections législatives de juin soient "libres et ouvertes", réitérant le soutien des États-Unis à la "voix de la modération".

AFP - La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton faisait étape dimanche au Liban, où ont lieu en juin des législatives que les Etats-Unis espèrent "sans ingérence" mais qui pourraient aboutir à un succès du Hezbollah, mouvement chiite que Washington continue de boycotter.
  
Dans le cadre de ce déplacement, Mme Clinton, qui venait de Kowït, devait rencontrer le président libanais Michel Sleimane. Elle a aussi prévu de se rendre sur la tombe de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, assassiné début 2005 dans un attentat pour lequel la Syrie est suspectée mais nie toute implication.
  
Concernant les législatives du 7 juin, la secrétaire d'Etat a évoqué le souhait américain d'un scrutin transparent et sans ingérence extérieure.
  

"Le peuple libanais doit être en mesure de choisir librement ses représentants, à l'abri des violences, de l'intimidation et de l'influence extérieure", a-t-elle dit dans un communiqué distribué aux journalistes voyageant avec elle.
  
"Nous nous joignons à la communauté internationale pour appuyer les efforts du gouvernement libanais afin de réaliser cet objectif, a-t-elle poursuivi. Au-delà des élections, nous continuerons à soutenir les voies modérées au Liban et les institutions que l'Etat libanais est en train de mettre en place."
  
Il s'agit du premier scrutin à être organisé au Liban depuis les violences de mai 2008, les plus graves depuis la fin de la guerre civile en 1990.
  
Un succès du Hezbollah n'est pas exclu. Cette formation figure sur la liste des organisations terroristes des Etats-Unis depuis 1997, et la nouvelle administration de Barack Obama a affirmé qu'elle ne parlera au Hezbollah, soutenu par la Syrie et l'Iran, que lorsqu'il aura reconnu Israël et renoncé à la violence.
  
Le mouvement chiite avait notamment été l'acteur du conflit avec Israël qui avait fait plus de 1.200 morts au Liban durant l'été 2006. Côté israélien, le bilan a été de 160 morts, en majorité des militaires.
  
Le mois dernier, la Grande-Bretagne a de son côté confirmé avoir autorisé des contacts à niveau subalterne avec le Hezbollah. Le département d'Etat avait rétorqué que Washington n'y était pas prêt.
  
Mais, selon le Hezbollah, la position américaine est amenée à évoluer.
  
Dans une interview à l'AFP réalisée mi-avril, le numéro deux du "parti de Dieu", cheikh Naïm Kassem, a estimé que les pays occidentaux ne pouvaient plus ignorer le Hezbollah, assurant qu'ils traiteraient avec lui en cas de victoire aux législatives.
  
"Les pays occidentaux se bousculent pour nous parler et le feront davantage dans l'avenir, avait-il dit. L'un des ambassadeurs européens nous a informés que les Américains traiteraient avec n'importe quel gouvernement, même s'ils souhaitent la victoire" de la majorité antisyrienne.
  
La nouvelle administration américaine a déjà décidé de lancer un dialogue avec la Syrie, ancienne puissance de tutelle au Liban.
  
Dans une interview à la télévision américaine en arabe, Al-Alhurra television, Mme Clinton s'est dit samedi encouragée par le récent échange d'ambassadeurs entre Le Liban et la Syrie.
  
Les relations entre Washington et Damas sont tendues depuis l'invasion américaine de l'Irak en 2003 et l'assassinat de Rafic Hariri, en février 2005.
  
Sur le plan bilatéral, l'ambassade américaine à Beyrouth a annoncé mi-avril que les Etats-Unis allaient faire don de 12 drones de type Raven à l'armée libanaise, dans le cadre de leur programme d'assistance militaire au Liban.
  
Les Etats-Unis ont fourni une aide militaire de l'ordre de 410 millions de dollars à l'armée libanaise depuis 2006.

Première publication : 26/04/2009

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