Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

REPORTERS

Exclusif - Dans l'enfer des prisons secrètes

En savoir plus

#ActuElles

Suède : un modèle de parité ?

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

UE - USA : la guerre économique est-elle déclarée ?

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

UMP et PS sous tension

En savoir plus

TECH 24

Giroptic : la start-up lilloise star de Kickstarter déjà GoPro killer ?

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Conférence sociale : le gouvernement mise sur l'apprentissage

En savoir plus

DEMAIN À LA UNE

Amnesty dénonce les violences faites aux femmes en Égypte

En savoir plus

DEMAIN À LA UNE

France : la loi anti-djihad de Cazeneuve

En savoir plus

FOCUS

L'essor d'un bouddhisme radical

En savoir plus

  • Gaza : seule une solution politique peut garantir la sécurité d’Israël

    En savoir plus

  • Défilé du 14-Juillet : la présence de soldats algériens fait polémique à Alger

    En savoir plus

  • "Fais tes prières, je vais te tuer" : Amnesty dénonce la torture dans l’est ukrainien

    En savoir plus

  • Cynk, l’entreprise fantôme qui valait quatre milliards

    En savoir plus

  • Exclusif - Dans l'enfer des prisons secrètes

    En savoir plus

  • Tuerie de Bruxelles : Nemmouche accepte d'être extradé vers la Belgique

    En savoir plus

  • Bagdad accuse les forces kurdes de la prise de deux champs pétroliers

    En savoir plus

  • Le FC Barcelone casse sa tirelire pour s’offrir le controversé Luis Suarez

    En savoir plus

  • À Kaboul, Kerry plaide pour un audit des résultats de la présidentielle

    En savoir plus

  • Vidéo : à Gaza, entre pénuries et guerre psychologique

    En savoir plus

  • La fillette américaine, "guérie" du sida, est toujours séropositive

    En savoir plus

  • Vidéo : le sélectionneur du Niger Gernot Rohr livre sa vision du Mondial

    En savoir plus

  • En images : une station service israélienne touchée par une roquette

    En savoir plus

  • Vidéo : à Tel-Aviv, les habitants vivent dans la peur des tirs de roquettes

    En savoir plus

  • Obama face à la "crise humanitaire" des mineurs clandestins au Texas

    En savoir plus

Culture

Bordeaux face à son passé de port négrier

©

Dernière modification : 08/05/2009

Une exposition permanente sur la traite des esclaves s'est installée dans le musée d'Aquitaine de Bordeaux, où deux siècles durant (1672-1837), près de 130 000 Africains furent déportés vers les Antilles.

AFP - Deuxième port négrier de France pendant deux siècles, Bordeaux tente de regarder son histoire en face avec l'inauguration d'une exposition permanente au musée d'Aquitaine consacrée au commerce atlantique et à l'esclavage, sans pour autant faire acte de repentance.

Bordeaux, qui accueillera dimanche la cérémonie de la journée nationale de commémoration de la traite négrière, fut le point de départ entre 1672 et 1837 de près de 500 expéditions maritimes qui déportèrent d'Afrique environ 130.000 esclaves vers les Antilles, occupant la deuxième place derrière Nantes.

Mais c'est surtout au commerce de denrées produites par les esclaves que la ville doit sa richesse. A la veille de la Révolution, Bordeaux accaparait près de la moitié du commerce français en envoyant vers les "îles à sucre" deux fois plus de navires que Nantes ou Marseille.

L'exposition, qui dévoile gravures, cartographies et vidéos sur l'enfer des traversées atlantiques, s'articule autour de chapitres évocateurs d'une époque ayant permis le développement économique de la cité: "La fierté d'une ville de pierre", "Bordeaux porte océane, l'Atlantique et les Antilles", "L'Eldorado des Aquitains" et "Héritages".

Pour l'adjoint à la culture Dominique Ducassou, "Bordeaux n'a jamais voulu cacher cette partie de son Histoire, même s'il n'y avait pas jusqu'à présent une forte visibilité de cette page" particulière de la ville.

Le seul monument bordelais rappelant l'esclavage est un buste de Toussaint Louverture, père de l'indépendance de Haïti, inauguré en juin 2005 et installé sur la rive droite de la Garonne.

"On ne refait pas l'Histoire. Ce n'est pas un devoir de repentance, c'est une réalité de l'Histoire de Bordeaux. On la constate, on la regrette, et on l'expose pour les générations à venir", tranche-t-il.

Le directeur du musée, François Hubert, ne souhaite pas non plus s'apesantir sur le passé: "De cette histoire douloureuse est née une réalité de valeur universelle comme la musique telle le jazz ou la littérature. L'Histoire est en train de se dépasser d'elle-même grâce au métissage", juge-t-il.

"La difficulté est d'arriver à construire un discours historique sur un sujet complexe et à l'illustrer avec des documents et des objets" car par définition les esclaves ne possédaient rien, souligne-t-il pour expliquer l'inauguration tardive de l'exposition.

Ce n'est qu'en 1999 que le maire de Bordeaux, Alain Juppé, engagea "une politique de la juste mémoire" avec une exposition temporaire sur l'esclavage, baptisée "Regards sur les Antilles", grâce au don de 600 documents iconographiques au musée d'Aquitaine par un collectionneur d'origine lyonnaise.

En 2006, la ville commanda un rapport du comité de réflexion sur la traite des noirs à Bordeaux, présidé par l'écrivain Denis Tillinac, pour faire progresser le travail de mémoire.

Alain Juppé indique, dans un document de présentation de l'exposition, souhaiter avant tout "aider à comprendre sans anachronisme culpabilisateur" et "refuser toute amnésie" en inscrivant dans la mémoire de Bordeaux sa relation avec l'esclavage.

L'association DiversCités, qui a longtemps accusé la ville d'occulter son passé, s'est félicité de "ce pas positif" mais elle espère toujours la mise en oeuvre de la proposition du rapport Tillinac: l'édification à Bordeaux d'un mémorial de la traite des noirs.
 

Première publication : 08/05/2009

Comments

COMMENTAIRE(S)