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Asie - pacifique

La Chine commémore le premier anniversaire du drame

©

Vidéo par Hélène DROUET

Dernière modification : 12/05/2009

Un an après le séisme de magnitude 8 qui a ravagé le Sichuan, province du nord-ouest de la Chine, de nombreux survivants s'interrogent sur la réelle efficacité de l'aide destinée à la reconstruction de la région.

AFP - Un an après le séisme qui a ravagé le Sichuan, cette région du sud-ouest de la Chine est en pleine reconstruction, malgré les doutes de nombreux survivants sur l'efficacité de l'aide et les accusations de détournements de fonds.
  
Le 12 mai 2008, peu avant 14H30 (06H30 GMT), un séisme de magnitude 8 sur l'échelle de magnitude de moment ravageait une zone montagneuse au nord-ouest de la capitale provinciale Chengdu.
  
La région et toute la Chine s'apprêtent à commémorer mardi le premier anniversaire du drame.
  
Le tremblement de terre -- le plus puissant en Chine depuis 30 ans et ressenti jusqu'à Pékin, à plus de 1.500 km --, causait aussi des dégâts dans des provinces voisines. Un choc pour le pays tout entier qui se préparait à recevoir avec fierté ses premiers jeux Olympiques trois mois plus tard.
  
Au total, près de 87.000 personnes ont trouvé la mort ou sont encore portées disparues. Les enfants, pris au piège dans des écoles mal construites, ont payé un lourd tribut.
  
Douze mois après, une partie des survivants vit toujours dans des préfabriqués, certains sont sans emploi.
  
"La politique du gouvernement central a été excellente, ils ont fait beaucoup pour nous, c'est juste les fonctionnaires au niveau local qui ne sont pas bons", estime Zhang Yongfang, 48 ans, qui travaille dans un restaurant à Dujiangyan, près de Chengdu.
  
Zhang parle de la corruption et des sommes détournées, mais elle s'empresse de louer la réponse rapide du gouvernement dans les heures qui ont suivi la catastrophe.
  
"C'était une catastrophe naturelle, dans ce genre de situation on ne peut qu'essayer de faire tout son possible, c'est tout", juge-t-elle, à l'extérieur du restaurant de raviolis à côté duquel un immeuble condamné attend d'être détruit.
  
"Tout le monde ici a été touché par la tragédie, beaucoup de nos proches et de nos amis sont morts", ajoute-t-elle.
  
Une superficie équivalente à la Corée du Sud a été touchée, où 1,5 million de maisons doivent être totalement reconstruites et 200.000 personnes sont toujours sans emploi, selon les chiffres gouvernementaux.
  
Le gouvernement local affirme placer au premier rang de ses priorités "les moyens d'existence de la population".
  
"La satisfaction et la reconnaissance des gens sont le critère que nous devons prendre en compte pour juger du progrès et de la qualité des opérations de reconstruction", affirme le porte-parole du la province du Sichuan, Yu Wei.
  
Cependant, certains habitants sont sceptiques et les autorités tentent d'empêcher les journalistes étrangers d'interviewer librement les rescapés.
  
"(Le président) Hu Jintao et (le Premier ministre) Wen Jiabao sont tous les deux venus au Sichuan, ils ont fait beaucoup de promesses et loué le travail des responsables", explique à l'AFP Li, handicapé depuis le séisme.
  
"J'ai bien peur que la réalité soit différente", ajoute cet habitant de Mianzhu.
  
Mercredi dernier, un des responsables de la propagande provinciale, a accusé certains journalistes occidentaux de vouloir fomenter des troubles.
  
"Quelques journalistes ne viennent pas dans la zone de la catastrophe pour enquêter, mais excitent les gens et leur demandent de s'organiser (contre le gouvernement)", a déclaré Hou Xiongfei.
  
Après le séisme, des parents d'enfants morts dans les effondrements des écoles avaient manifesté en réclamant des indemnisations et la vérité.
  
Pour certains d'entre eux, la corruption explique la mauvaise qualité de ces bâtiments construits avec de pauvres matériaux et qui se sont effondrés.
  
Dans le village de Wufu, où des parents avaient protesté l'an dernier, les villageois ont indiqué à l'AFP vouloir tourner la page.
  
"Le gens essaient de s'en sortir", a expliqué un homme avant que des responsables locaux ne viennent interrompre la conversation et ordonnent à l'équipe de l'AFP de quitter les lieux.

Première publication : 12/05/2009

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