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Asie - pacifique

Roxana Saberi aurait eu vent d'un rapport confidentiel

Vidéo par Regane RANUCCI

Dernière modification : 15/05/2009

Selon son avocat, la journaliste irano-américaine Roxana Saberi, libérée lundi à Téhéran, a été condamnée pour avoir récupéré un rapport secret de la présidence iranienne sur l'intervention militaire américaine en Irak.

AFP - Un avocat de la journaliste irano-américaine Roxana Saberi, libérée de prison lundi, a déclaré mercredi que les accusations d'espionnage avaient été portées à l'encontre de sa cliente après qu'elle eut obtenu un rapport secret de la présidence iranienne sur la guerre en Irak.

"Elle disposait d'un rapport sur l'attaque américaine en Irak qui avait été préparé par le centre de recherches stratégiques, à la présidence" iranienne, a dit Me Saleh Nikbakht à l'AFP.

"Le centre de recherche considère qu'il s'agit d'un rapport secret. Mais elle ne l'avait pas du tout utilisé", a-t-il ajouté.

Me Nikhbakht n'a pas précisé comment Mlle Saberi avait eu accès au rapport.

Selon son autre avocat, Me Abdolsamad Khoramshahi, Mlle Saberi a été condamné en appel à deux ans de prison avec sursis pour ce motif.

"Elle a été accusée d'avoir eu accès à des documents secrets. S'ils sont utilisés, la peine est de 10 ans de prison, sinon, c'est une peine de deux ans" ferme, a-t-il précisé.

Mlle Saberi a été libérée lundi à Téhéran après que sa peine de huit ans de prison pour espionnage au profit des Etats-Unis, délivrée après un premier procès le 13 avril, a été réduite en appel dimanche à deux ans avec sursis.

Roxana Saberi, 32 ans, avait été arrêtée fin janvier à Téhéran. Elle y résidait depuis 2003 et les autorités lui avaient retiré sa carte de presse en 2006.

Sa condamnation à huit ans pour espionnage a été dénoncé à travers le monde et avait suscité des appels à sa libération, notamment du président américain Barack Obama.

Son procès en appel s'est tenu dimanche. Le même jour, Me Khoramshahi avait déclaré que sa cliente avait été condamnée en première instance pour "coopération avec un Etat hostile" selon l'article 508 du code pénal.

Mais "le verdict du premier tribunal a été annulé avec l'argument que les Etats-Unis ne sont pas un Etat hostile envers l'Iran", a expliqué ensuite Me Nikbakht.

"Selon le droit et les traités internationaux auxquels l'Iran a souscrit, les nations hostiles sont celles en guerre ou ayant été en guerre et actuellement observant un cessez-le-feu sans avoir signé un traité de paix", a dit Me Nikbakht dans le journal réformateur Etemad Melli mercredi.

Il a expliqué que l'Iran avait approuvé cette définition en 2003 et annoncé qu'il n'était en état d'hostilité avec aucun pays, sauf l'Irak sous le régime de Saddam Hussein.

Roxana Saberi a dit à la presse mardi qu'elle n'avait pas de projet immédiat et qu'elle souhaitait seulement se "reposer" en famille. "Pour le moment je n'ai pas de projet, je veux être avec ma famille et me reposer".

Son père, Reza Saberi, s'est ensuite adressé à la presse en déclarant qu'ils se préparaient à retourner aux Etats-Unis: "nous nous y préparons. Elle veut se reposer un ou deux jours, mais nous ne savons pas combien de temps il nous faudra pour repartir".

M. Saberi a expliqué que sa fille n'avait "pas été torturée" en prison.

Barack Obama, s'est dit "soulagé" lundi par le geste "humanitaire" de l'Iran.
 

Première publication : 13/05/2009

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