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SCIENCES

Le Mexique demande des dédommagements financiers

Dernière modification : 15/05/2009

José Angel Cordova, ministre de la Santé, a annoncé que le Mexique allait demander le soutien de la communauté internationale sous forme de dédommagements financiers, en tant que pays le plus affecté par la grippe A (H1N1).

AFP - Le Mexique souhaite obtenir un "dédommagement économique" en tant que pays "le plus affecté" par l'épidémie de grippe A(H1N1), avec 64 morts et 2.656 malades au dernier bilan, parce que, selon lui, l'alerte qu'il a donnée a évité des dommages "énormes" au reste du monde.

Le Mexique "compte demander un appui sous forme de dédommagement économique, en tant que pays le plus affecté" par le virus, a indiqué jeudi son ministre de la Santé, le Dr José Angel Cordova.



Le Dr Cordova soumettra cette requête à la prochaine assemblée générale de l'OMS, qui s'ouvre lundi prochain à Genève, où il doit également rencontrer des représentants des sept pays les plus développés de la planète (G7), a-t-il ajouté.

"Si l'alerte n'avait pas été donnée, les dommages pour la santé et l'économie auraient été énormes" dans les pays touchés ensuite par le virus, a-t-il expliqué, ajoutant que le Mexique avait donné "une information en temps opportun, claire, transparente".

Le Mexique, foyer mondial de l'alerte à la grippe, a "subi des coûts plus élevés, parce qu'il n'existait pas d'information consistante sur le virus", et l'alerte donnée par Mexico "a permis de limiter l'expansion du virus dans les autres pays", a-t-on expliqué dans les services du ministre.

Des mécanismes de dédommagements ont été prévus par les organismes financiers internationaux après l'épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en Asie en 2003, a fait valoir le Dr Cordova, citant la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement comme sources possibles de financement.

La courbe de l'épidémie au Mexique continue d'être "descendante", selon le ministre. La quasi-totalité des 64 cas mortels correspond à des patients qui ont commencé à ressentir des symptômes avant le 23 avril, et cinq seulement après cette date, a-t-il expliqué.

Le Mexique s'applique à limiter les conséquences économiques de l'épidémie, qui a contraint à une suspension de près de deux semaines des activités dans la capitale.

La grippe a porté un coup très grave à l'industrie touristique du pays, isolé par des suspensions de liaisons aériennes et déconseillé aux voyageurs par plusieurs gouvernements, dont les Etats-Unis, d'où viennent la majorité de ses touristes.

Ces barrières commencent toutefois à se lever. Le Pérou et l'Argentine ont levé mercredi leur suspension de vols vers le Mexique, maintenue par Cuba et l'Equateur.

Jeudi, une importante association de tour-opérateurs français a recommandé à ses membres de reprendre progressivement les voyages vers le Mexique après les avoir suspendus fin avril, quand l'épidémie a éclaté.

Le tourisme constitue la troisième source de devises du pays, avec 22 à 23 millions de visiteurs par an, derrière le pétrole et les envois d'argent par les travailleurs émigrés aux Etats-Unis.

Selon le ministre mexicain des Finances, l'épidémie coûtera au pays 2,3 milliards de dollars et comptera pour 0,3% dans le recul de l'économie nationale, qu'il prévoit de 4,1% en 2009, "période de récession". L'agence de notation financière Standard & Poor's estime cette chute à 5,5% en 2009.

Le gouvernement a annoncé un programme d'un peu plus d'un milliard de dollars pour aider les entreprises les plus pénalisées, celles du secteur touristique et du transport aérien en particulier.

Le leader cubain Fidel Castro a accusé jeudi le Mexique, les Etats-Unis et le Canada d'être responsables de l'"expansion fulgurante" de l'épidémie: ils étaient au courant de l'apparition du virus bien avant l'alerte, le 23 avril, selon lui. Il avait déjà accusé lundi Mexico d'avoir caché l'apparition de l'épidémie pour ne pas perturber la visite de Barack Obama dans le pays.

Première publication : 15/05/2009

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