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Afrique

La visite du président Bouteflika en France reportée

Texte par Farid ALILAT

Dernière modification : 15/05/2009

Initialement prévue en juin, la visite du chef de l'État algérien en France a été reportée sine die. Au risque d'ajourner le règlement de certains contentieux qui entravent la normalisation des relations entre Alger et Paris.

La visite d’Etat que devait effectuer le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, en France en juin prochain a été reportée sine die. Pourquoi cet ajournement alors que le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, indiquait dès le 23 avril 2009 que le principe de cette visite avait été accepté par le gouvernement ?

 

 

Agenda trop chargé ou divergences politiques ? Les autorités algériennes auraient très peu goûté les critiques de la presse française sur le déroulement de l’élection présidentielle d’avril 2009. Ce report risque ainsi d’ajourner le règlement de certains contentieux entre la France et l’Algérie, notamment la question de "la mémoire et de la repentance", le dossier des visas, ainsi que l’affaire Sophie Scharbook, du nom de cette fillette réclamée depuis 2005 par son père français à sa belle-famille algérienne.


"Mémoire", "pardon" et "repentance", les mots qui fâchent


Paris oppose un refus ferme et systématique aux exigences récurrentes des Algériens pour des excuses officielles concernant les crimes commis durant la colonisation française en Algérie. Plutôt que le pardon et la repentance, les Français invitent les Algériens à tourner la page du passé en laissant aux historiens le soin de travailler sur la mémoire.


Une attitude qui suscite déception et irritation en Algérie. "Un courant majoritaire au sein de l’alliance présidentielle estime que ces excuses sont un préalable non négociable à la normalisation des relations entre la France et son ancienne colonie, explique le sociologue Rachid Tlemçani. Sans cela, il ne saurait y avoir de réconciliation."


L'affaire Scharbook, un dossier épineux


L’affaire Sophie Scharbook constitue l’autre dossier qui envenime les rapports entre les deux capitales. La garde de cette fillette de 7 ans, née d’un mariage entre un Français et une Algérienne, revient à son père, Jacques Scharbook, en vertu d’un arrêt rendu le 13 février 2008 par la Cour suprême algérienne.


Or, le père n’arrive toujours pas à récupérer son enfant en dépit des interventions d’officiels français auprès de leurs homologues algériens. La France continue de demander l’exécution de la décision de la Cour suprême. Sans succès.


Le sempiternel problème des visas


Enfin, reste la discorde sur la question de la circulation des personnes. Certes, Paris délivre aujourd’hui une moyenne de 180 000 visas de tous types par an, contre 150 000 en 2005, mais les Algériens considèrent toujours ce quota insuffisant.


Le 14 mai, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangère a confirmé le report de la visite d'Abdelaziz Bouteflika : "Aucune date n'a été fixée pour cette visite, même si le mois de juin a été évoqué. Nous travaillons avec les autorités algériennes à sa préparation", a-t-il indiqué.
 

 

Première publication : 15/05/2009

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