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FRANCE

À Paris, La police déloge les Enfants de Don Quichotte

Dernière modification : 16/05/2009

La police a démonté une centaine de tentes installées quelques heures plus tôt par l'association les Enfants de Don Quichotte sur les berges de la Seine, dans le centre de la capitale française, pour "rendre visibles" les mal-logés.

AFP - Montées par surprise vendredi en fin d'après-midi sur les berges de la Seine près des Tuileries à Paris (Ier) pour "rendre visibles" les mal-logés, une centaine de tentes des Enfants de Don Quichotte ont été démontées sept heures plus tard par la police.

Augustin Legrand, le médiatique porte-parole de l'association, avait annoncé la veille un montage de tentes sur la place de la Concorde à 18h00.

C'était un leurre et une trentaine de minutes plus tard, les journalistes et la police découvrent une centaine de tentes sur la berge du quai des Tuileries à quelques centaines de mètres de là.

Première manche pour les Enfants de Don Quichotte. Les tentes, vertes pour la plupart, sont attachées les unes aux autres et arrimées avec des pierres sur la berge étroite balayée par un vent froid, entre la passerelle de Solférino et le Pont Royal.

"Nous essayons encore un fois de rendre visibles (les mal-logés) et de faire comprendre aux Français que ce combat est leur combat", dit à la presse Augustin Legrand.

Des dizaines de sans-abri, venus avec sac de couchage, sac à dos et vêtements commencent à s'installer sous les tentes pour y passer la nuit.

21h00. Les frères Augustin et Joseph Legrand passent sur la berge avec un mot amical pour chacun. Une association d'aide aux démunis, La Chorba, sert une soupe chaude à l'entrée du passage souterrain qui mène au jardin des Tuileries.

Au-dessus, postées sur le quai des Tuileries et la passerelle, les forces de l'ordre se font discrètes.

Les frères Legrand disent avoir reçu des assurances de la préfecture de police. Le campement ne sera pas évacué ce soir. Un haut responsable de la préfecture de police confirme.

C'était le second leurre de la soirée, cette fois-ci monté par les autorités.

22h30. En quelques minutes, le secteur est hermétiquement bouclé. Cinq bateaux de la police, avec des projecteurs, se glissent le long de la berge avec des plongeurs en tenue pour repêcher une personne qui tomberait à l'eau.

Un escadron de gendarmes mobiles casqués descend sur la berge. Sans violence mais fermement chaque occupant est évacué vers le quai des Tuileries encadré par deux gendarmes. D'autres gendarmes emportent les tentes qui contiennent les effets de leurs éphémères occupants.

Sous la passerelle, les tentes sont vidées des sacs de couchages et autres vêtements puis entassées en vrac.

23h30. Fin de l'opération. Seconde manche pour la préfecture de police. Christian Lambert, directeur de cabinet de la préfecture de police annonce qu'il n'y a pas eu d'interpellation parce qu'il n'y a eu pas de violence. Il ajoute que les sans-abri ont tous refusé les propositions de relogement pour la nuit.

"Cent tentes, c'est 3.500 euros", peste Augustin Legrand qui ajoute : "l'association n'est pas riche". Il négocie la restitution des effets personnels avec la police tout en calmant un sans-abri, très alcoolisé, qui veut en découdre avec les forces de l'ordre.

Minuit, les derniers manifestants quittent le quai des Tuileries, encadrés par des policiers.
 

Première publication : 16/05/2009

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