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Moyen-Orient

L'opposant et écrivain syrien Michel Kilo est sorti de prison

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Lorena GALLIOT

Dernière modification : 20/05/2009

L’écrivain et opposant syrien Michel Kilo, incarcéré depuis mai 2006 pour avoir signé la déclaration Beyrouth-Damas, a été remis en liberté mardi. Il a donné un entretien exclusif à FRANCE 24 à sa sortie de prison.

Journaliste, politologue et défenseur des droits de l’Homme, Michel Kilo est connu pour ses prises de position en faveur des réformes démocratiques dans son pays, la Syrie. Tout juste sorti de trois années d’incarcération à la prison d’Adra (près de Damas), l'écrivain évoque sa libération comme une évidence, comme s’il n’avait jamais perdu confiance dans un système judiciaire qui ne lui a pourtant fait aucun cadeau.

"J’ai été détenu trois ans, j’ai purgé ma peine. D’un point de vue judiciaire, ma libération devenait évidente." En réalité, la peine de Michel Kilo a pris fin jeudi dernier, mais il a été retenu cinq jours supplémentaires pour des raisons inconnues, selon l’Organisation nationale des droits de l’Homme en Syrie (ONDHS).

 

"Provocation à la rébellion civile"

Michel Kilo, 68 ans, avait été condamné en mai 2007 à trois ans de prison pour avoir signé la déclaration "Beyrouth-Damas, Damas-Beyrouth", appelant le régime syrien à se désengager totalement du Liban (occupé entre 1989 et 2005) et à ne plus y commettre d’attentats. Quelques 273 autres intellectuels syriens et libanais avaient signé la déclaration, mais certains ont été libérés après avoir retiré leur signature.

Michel Kilo a, quant à lui, réitéré sa prise de position lors d’une quatrième audience devant le tribunal correctionnel de Damas, le 5 mars 2007. Il précise alors que la déclaration sert de manière concomitante les intérêts de la Syrie et du Liban, et réaffirme qu’il l’avait signé en toute connaissance de cause. Les autorités se serviront de ces déclarations, et d’un "rapport" de source inconnue qui accuse l’écrivain d’encourager ses codétenus à se révolter contre le régime, pour inculper Michel Kilo de "provocation à la rébellion civile" et "affaiblissement du sentiment national" et lui attribuer une peine de prison de trois ans - bien au-delà des 5 mois dont ont écopé plusieurs autres signataires.

 

Normalisation des relations entre la Syrie et le Liban

Les autorités syriennes auraient peut-être préféré garder cet électron libre sous les verrous, mais l’évolution des tendances politiques rend son incarcération difficile à défendre. En effet, l’une des revendications phares de la déclaration Beyrouth-Damas, en mai 2006, était la normalisation des relations diplomatiques entre la Syrie et le Liban, qui a eu lieu deux ans plus tard. "Il y a un mois, des intellectuels libanais et syriens se sont réunis à Damas et ont émis une déclaration presque identique à la nôtre. Je pense que c’est ce qui a provoqué une gêne concernant mon incarcération", explique Michel Kilo à  FRANCE 24.

L’opposant, qui affirme avoir été bien traité en prison, ne compte pas renoncer à son activité militante. "Je continuerai mes activités comme par le passé, dit il. Notamment en entretenant mes relations avec mes amis ici et dans le monde arabe." Une façon à peine voilée de faire référence aux voisins libanais.

Ammar Qorabi, président de l’ONDHS, s’est félicité de la libération de Michel Kilo qui "va continuer à jouer son rôle dans la société civile en Syrie".
 

Première publication : 20/05/2009

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