22 mai 2009 - 14H39
- Élections législatives libanaises - Liban

Liban, la politique en héritage
Le 7 juin, les Libanais se rendront aux urnes pour élire leurs députés. Au traditionnel féodalisme politique s'ajoute désormais une multitude de candidats apparentés à un "martyr", ce qui souligne la violence qui régit le pays du Cèdre.
Par Marc DAOU (texte)

Le 7 juin prochain, les Libanais sont convoqués aux urnes pour élire leurs députés. Ce scrutin à l’issue indécise sera décisif pour l’avenir toujours incertain du pays. Un peu plus de 580 candidats vont se disputer les 128 sièges du Parlement. Parmi eux, une catégorie se dégage. Elle rassemble les candidats des dynasties politiques libanaises. Au traditionnel féodalisme politique - inhérent au régime confessionnel en vigueur - s’ajoute une multitude de candidats apparentés à un "martyr", ce qui met un peu plus en exergue la violence de la vie politique au Liban. Deux ténors de la majorité actuelle, Walid Joumblatt et Saad Hariri (photo), ont ainsi succédé à leurs pères, Kamal Joumblatt et Rafic Hariri, respectivement  assassinés en 1977 et en 2005.

Héritiers de martyrs

Qu’ils soient fils ou filles d’hommes politiques assassinés ou héritiers d’un fief électoral (voire les deux), près d’une trentaine de candidats au prochain scrutin législatif  portent un "nom" familier des électeurs, souvent gage de succ

ès. Parmi les plus connus, Nadim Gemayel, fils de l’ancien président de la République libanaise Bachir Gemayel, assassiné en 1982 et dont la dynastie est souvent comparée à celle des Kennedy, en raison de ses nombreux membres tués. Il se présente pour la première fois aux élections à Beyrouth, tout comme sa colistière Nayla Tuéni, 24 ans, fille du journaliste et député Gebran Tuéni, assassiné en 2005.

Il n’est toutefois pas le seul candidat issu de cette famille maronite, bien ancrée sur la scène politique. Son cousin, Sami, est lui aussi candidat, mais dans une autre circonscription, dans le Metn. S’il est élu, le fils de l’ex-président de la République Amine Gemayel succèdera au Parlement à son frère, Pierre, jeune député et ancien ministre de l’Industrie assassiné en 2006.

Une relève qui porte "les stigmates de la violence"

Michel Moawad, candidat dans la région de Zgharta
Dans le nord du pays, à Zgharta, c’est Michel Moawad qui prend la relève de sa mère, Nayla, députée, ancienne ministre et… veuve du président Réné Moawad, assassiné en 1989."Si je suis très fier d’être le fils de mes parents, je préfère que les électeurs m’accordent leurs voix pour soutenir mon programme et mon parcours politique, plutôt que pour mon nom de famille", déclare-t-il à France 24.

"Je ne veux pas conforter le système féodal libanais, auquel je ne crois pas. Il ne doit pas perdurer et je me bats justement pour faire entendre la voix des jeunes et leur permettre de participer à la vie démocratique", ajoute Michel Moawad, qui reconnaît que son nom lui permet de mieux faire entendre sa voix. "La jeune génération à laquelle appartient mon fils est consciente des dangers, puisqu’elle a été marquée dès l’enfance par les stigmates de la violence. Elle doit se montrer à la hauteur et continuer la bataille pour la souveraineté du Liban", estime Nayla Moawad.

Beau-fils, neveu et femme "de"

Opposé aux Moawad dans cette circonscription, Sleimane Frangié est l’héritier du fief électoral longtemps tenu par son grand-père, l’ancien président éponyme, et par son père assassiné en 1978 : le député Tony Frangié. Ce proche du président syrien Bachar al-Assad va tenter de reconquérir son siège perdu en 2005. Son allié de l’opposition, le général Michel Aoun, qui avait récolté la majorité des voix chrétiennes en 2005, n’est pas issu d’une grande famille politique. D’origine modeste, il se targue d’être le premier des pourfendeurs du féodalisme politique. Pourtant, il a récemment propulsé Gebran Bassil, son beau-fils, à la tête du ministère des Télécommunications... Ce dernier est, à l’instar du neveu du général Aoun, Alain, candidat à la députation. Son éternel rival, qui brigue également les suffrages chrétiens, Samir Geagea, leader des Forces libanaises, a désigné son épouse, Sethrida, comme candidate dans son fief de Bécharré, situé dans le nord du pays.


Cette liste non exhaustive des nouvelles et des anciennes dynasties politiques, auxquelles on peut ajouter les Chamoun, les Karamé et les El-Assaad, met en lumière le cloisonnement de la vie politique au pays du Cèdre. Mais en y regardant de plus près, en plus de la légitimité que leur confère leurs noms de famille - comme le veut la tradition au Moyen-Orient -, il s’agit pour nombre d’entre eux de défier la série d’assassinats politiques qui a décimé leurs familles.
 

Commentaires

L'avenir Liban est dans le choix libre et democratique !

La grandeur du liban est dans l'histoire de chacune de ces familles millénaire . Malgré leurs diffèrents , les libanais sont convaincus qu'ils de peuvent reconstruire leur pays qu'en faisant la sommet des valeurs positives que des éléments qui fondent la discorde . vive les filles et fils du liban qui électeurs et candidats élus ou non pour la refondation et développement du liban !

Appel a la patience

Certes, la politique libanaise reste basee sur un systeme d'heritage et de relations, a l'image meme de sa societe, mais ne sommes nous pas encore au debut de notre apprentissage? Nous sortons d'une guerre de 15ans sur laquelle nous n'avons toujours pas pu faire un travail de memoire, et dont certains des participants sont encore en vie voir au pouvoir? Nous avons egalement vecu 15 ans de tutelle syrienne lors de laquelle le peuple libanais n'a jamias eu son mot a dire. Ce sont nos premieres vraies elections (je n'arrive pas a compter celles de 2005), et elles surviennent apres 3 ans durant lesquels nous avons du endurer une guerre, un serie d'atentats et d'assassinats, un blocage politique et economique, des emeutes sanglantes. N'est ce pas trop exigeant de demander a notre jeune democratie des changements immediats lorsque nous avons tant de plaies encore ouvertes?

Election de Juin 2009

Et bien pour ma part je trouve bien beau qu'au Liban il y ai des elections pour opter sur le changement mais il faudrait peut-etre trouver quelqu'un qui lutte pour de nouvelles idees favorable au developpement de toute la Nation et non pas quelqu'un qui Herite d'une pensee depasse au profit d'une minorite qui ne pense qu' acquerir plus d'influence sous le seul souci d'ameliorer leurs interets financier ou politique.
Meme si je pense que l'on est la seule Nation democratique dans la sous region et que nos voisins n'ont rien a nous apprendre

Merci

RDV le 7 Juin avec le Changement

Le changement n'est pas un rêve.. Il existe des chefs au Liban qui méritent avoir la confiance du peuple et qui méritent remplacer ces " héritiers du pouvoir " incompétents.
Le 7 Juin 2009 est un vrai occasion pour changer et pour mettre fin à plus environ 20 ans de corruption.
N'abandonnez pas le courage... Nous sommes très proches de la 3ème République.

bon courage les Libanais

Franchement je ne vois l'utilité de mélé l'Algerie a votre coktail, j'aime le Liban je respect leur choix, meme si je ne le partage point ...A+

Hommage et respect

Je veux rendre hommage à la famille Gemayel, qui a donné 5 martyrs au Liban, dans un combat continu pour la liberté et l'indépendance. Dieu les préserve...

La grenouille ....et le boeuf

Quand les "petits" n'ont pas de freins....alors ils finiront par aller dans le mur. Il faut d'abord apprendre à se tenir debout puis ....

Pas de leçon

Je salue le courage de ses jeunes qui malgré la mort de leurs proches ont le courage de reprendre le flambeau...je demande au monde arabe de ne pas nous donner des leçons sur le féodalisme politique, parce qu'à part le Liban, je ne voit aucun Etat démocratique dans la région et aucun qui renouvelle ses dirigeants: Jordanie, Egypyte, Libye, Syrie,Algérie,Maroc,Tunisie,Arabie, Emirats , tous ses pays ont les mêmes dirigeants depuis des lustres...donc pas de leçon à donner

ben oui...

C'est bien le probleme, TOUJOURS LES MEMES!!!!!! on a bien vu ce qu'ils ont fait a notre pays et on continu a courrir derriere eux et a voter pour eux. C'est le peuple qui peut tout changer mais malheureusement il n'a pas le courage ni l'envie de le faire...au contraire, il les defend et il est capable de creer des problemes pour les proteger... Ou est la jeune generation? celle qui en a marre, qui a envie de tout changer...Eh bien, elle a quitte le pays laissant TOUJOURS LES MEMES accroches a leur pouvoir...Franchement, je n'ai pas envie de voter quand j'entend parler des memes noms depuis la guerre civile... Le changement??? ca reste un reve pour moi, j'espere un jour, les voir tous partir et remettre a leur place des personnes qualifiees et des personnes comme ca il y en a... mais ils finissent par quitter le pays tellement ils en ont marre!.

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