- Aung San Suu Kyi - Birmanie - Junte birmane
Aung San Suu Kyi est devenu l'icône de la résistance à la dictature birmane. Pourtant, c’est presque par hasard qu’elle prend la tête de l’opposition dans son pays à la fin des années 80.
Elevée en Inde puis en Grande-Bretagne, mariée et mère de deux enfants, elle revient en Birmanie en 1988 pour s'occuper de sa mère malade. Cette année-là, l’armée réprime violemment des manifestations antigouvernementales, provoquant la mort de milliers de personnes.
Quelques mois plus tard, celle que l’on surnomme ”la Dame de Rangoun” participe à la création de la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Le peuple est sous le charme de ce petit bout de femme charismatique et souriant. Mais déjà le premier acte de répression tombe : Aung San Suu Kyi est assignée à résidence en 1989. Un an plus tard, son parti remporte haut la main les élections législatives mais les généraux au pouvoir refusent de reconnaître les résultats.
Pendant cinq ans, ils maintiennent l'opposante birmane en résidence surveillée. A sa libération, sa détermination est restée intacte.
Adepte de Gandhi et de la non-violence
C’est un combat politique pour lequel la prix Nobel de la paix a tout sacrifié : sa santé, son argent, sa liberté, mais aussi sa famille. En 1999, lorsque son mari se meure d'un cancer en Grande-Bretagne, Aung San Suu Kyi préfère rester en Birmanie de crainte de ne pouvoir y retourner.
Mais cette adepte de Gandhi et de la non-violence refuse de s'apitoyer sur son sort. Ses rares moments de liberté, elle les consacre à promouvoir la démocratie et à dénoncer la junte au pouvoir. "Je ne pense pas qu’il y ait eu beaucoup de progrès. Au contraire, j’ai l’impression qu’on a en quelque sorte régressé", déclarait-elle en 2003.
Quelques mois plus tard, Aung San Suu Kyi est de nouveau assignée à résidence et les nombreux soutiens dont elle bénéficie à travers le monde n'ont jamais permis d'améliorer sa situation. Pour la dictature militaire en Birmanie, la "Dame de Rangoun" représente une menace et tous les moyens sont bons pour la maintenir en détention. Dernier piège en date : une infraction aux règles de son assignation dont elle se serait rendue coupable et qui lui valent aujourd'hui un nouveau procès.
Pourtant la communauté birmane est toujours derrière elle. A 64 ans, la prix Nobel de la paix suit les pas de son père, héros de la guerre d'indépendance de 1947. Il est mort assassiné avant d'avoir vu son rêve se réaliser.


























Commentaires (2)
Quel courage
C'est le genre de personne que l'on manque
vraiment beaucoups de courage de sa part
Vive la birmanie libre
Merci à France24 ...
Merci à vous de continuer à nous informer sur ce sujet brulant - le procès d'Aung San Suu Kyi.
Cyril Payen nous donne des analyses toujours très pointues, merci à vous !
FREE BURMA !
Libérez les !
Libérez là ...
J'attends que d'autres voix célèbres s'élèvent, comme elles ont pu le faire pour Ingrid Betancourt, même si "La Lady" de Rangoun n'a pas de sang français dans ses veines.
Ce n'est pas uniquement sa liberté qui est en jeu, c'est la liberté de tout un peuple,et par là, la liberté de nous tous, car nous sommes tous interdépendants !!!
De manière pacifique, cela va de soi ...
Je prie.