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FRANCE

Les socialistes affichent une unité de façade à la veille des européennes

©

Vidéo par FRANCE 3

Dernière modification : 28/05/2009

À onze jours des élections européennes, la première secrétaire du Parti socialiste français, Martine Aubry, et l'ex-candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, ont tenu un meeting commun, mercredi, dans l'ouest de la France.

AFP - Martine Aubry et Ségolène Royal ont scellé mercredi leurs retrouvailles à Rezé, près de Nantes, six mois après les déchirements de Reims et 12 jours avant les Européennes, appelant toutes deux à la participation et faisant assaut d'amabilités et d'hommages réciproques.

Alors que les sondages marquent l'érosion du parti et que des rumeurs circulaient sur un sondage mauvais pour le PS, l'unité a été affichée sans fausse note tout au long de la soirée.

Les deux dirigeantes PS avaient fait une entrée de stars, vêtues d'une veste blanche dans la halle de la Trocardière devant environ 3.000 personnes enthousiastes, selon le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault.

"Ma chère Martine, notre première secrétaire", a lancé la présidente de Poitou-Charentes, parlant de son "bonheur" et de "Martine vaillante dans cette campagne".

La première secrétaire a parlé du "vrai bonheur" de retrouver le PS "tel qu'(elle) l'aime", "soudé, combatif, mobilisé aussi". Rendant un vibrant hommage à l'Afrique que nous aimons "Ségolène et moi", elle a assuré que le PS a été "fier quand Ségolène a dit à Dakar ce qu'elle pensait du discours de Nicolas Sarkozy".

Mme Aubry a offert à Mme Royal une statue africaine du Burkina-Faso, une "femme debout", en disant "On aime nous opposer. C'est vrai que nous sommes différentes. Après tout, ce n'est pas gênant. Nous avons l'essentiel en commun. Nous sommes indéfectiblement socialistes, et nous sommes des femmes, nous savons nous serrer les coudes quand c'est nécessaire".

La patronne du PS a rendu notamment hommage au "combat" de Mme Royal, "je sais sa volonté de renouveler la politique française et elle a raison, il faut bouger les rangs et les choses, y compris dans notre parti".

"Ségolène, tu as porté nos couleurs, tu as combattu Sarkozy en disant 'il nous ment'. Aujourd'hui, tous les Français savent que tu as eu raison".

Mme Royal a elle offert à Mme Aubry une porcelaine de Deshoulières, entreprise en difficulté de la Vienne.

Mme Royal qui a parlé environ 30 minutes a lancé "un appel vibrant à la participation électorale", en appelant aux "travailleurs frappés de plein fouet", aux salariés de Gandrange, de Continental, d'Heuliez, de Molex.

Avec le leitmotiv "l'Europe sociale a besoin de vous", l'ex-candidate à la présidentielle a fustigé "les logiques féroces du capitalisme financier".

"Amora, Hewlett-Packard, Alcatel, Lucent, l'Europe sociale a besoin de vous", a-t-elle dit.

Mme Aubry a ciblé ses attaques contre Nicolas Sarkozy et le député Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP: "Si vous voulez savoir ce que pense Nicolas Sarkozy, regardez M.Lefevbre!. Il dit tout haut ce que Nicolas Sarkozy pense tout bas", évoquant l'amendement déposé par M. Lefebvre sur le télétravail lors de congés maladie.

A la fin du meeting, Mme Royal est montée sur scène. Elle a reçu la statuette. Roses rouges et embrassades.

Toute la journée, Martine Aubry et son entourage avaient voulu banaliser l'événement: "naturel et normal qu'une grande dirigeante comme Ségolène Royal soit là", disait la première secrétaire.

Au Congrès de Reims, les deux femmes s'étaient affrontées pour la direction du parti, Mme Aubry l'emportant de 102 voix.

Elles s'étaient rencontrées publiquement deux fois fin novembre. La hache de guerre avait été officiellement enterrée avec l'entrée de "royalistes" à la direction courant février.

Mais alors qu'elles devaient défiler ensemble le 1er mai à Paris, la présidente de Poitou-Charentes avait préféré aller dans sa région.
 

Première publication : 28/05/2009

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