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Moyen-Orient

Barack Obama réclame de nouveau la fin de la colonisation

Vidéo par Lise BARCELLINI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 29/05/2009

À l'issue d'un entretien à la Maison Blanche avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le président américain a réaffirmé que la "feuille de route" engageait Israël à "stopper" la colonisation en Cisjordanie.

AFP - Le président américain Barack Obama a fait pression jeudi sur Israël pour la création d'un Etat palestinien et la fin de la colonisation en recevant le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, qui a annoncé lui avoir remis un plan pour la relance du processus de paix.

"Je crois fermement à une solution à deux Etats", la Palestine coexistant avec Israël, a dit M. Obama à la presse à l'issue de son premier entretien avec M. Abbas.

Il a aussi rappelé avoir été "très clair quant à la nécessité d'arrêter la colonisation" lors de sa rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le 18 mai à la Maison Blanche.

 



Ces deux questions représentent un sérieux différend entre les gouvernements américain et israélien. M. Netanyahu refuse en effet d'accepter un règlement à deux Etats, au coeur des efforts de paix de la communauté internationale depuis des années et oppose une fin de non-recevoir à un arrêt total de la colonisation.

M. Obama a toutefois invoqué la dynamique intérieure israélienne pour dédramatiser les litiges.

"Je pense que nous n'avons pas un moment à perdre" dans l'effort de résolution du conflit, "mais je ne prends pas non plus mes décisions en me fondant simplement sur des discussions que nous avons eues la semaine passée, parce que, de toute évidence, M. Netanyahu doit régler ces questions au sein de son propre gouvernement, de sa propre coalition", a dit M. Obama.

Il a aussi refusé de s'enfermer dans un "calendrier artificiel" de résolution du conflit, alors que son prédécesseur, George W. Bush, quand il avait présidé à un effort de relance du processus de paix fin 2007, s'était donné jusqu'à la fin de son mandat en janvier 2009 pour voir un accord entre Israéliens et Palestiniens.

"Je vais voir des progrès et nous allons travailler énergiquement pour y parvenir", a-t-il affirmé. "Je suis confiant sur le fait que nous pouvons faire avancer ce processus si les parties sont prêtes à honorer leurs engagements".

M. Abbas a annoncé à l'AFP après la rencontre avoir remis au président Obama lors de leur rencontre un document contenant des idées pour la relance du processus de paix israélo-palestinien.

"Ce document ne sort pas du cadre de la Feuille de route et de l'Initiative de paix arabe. Il contient des idées pour la mise en place de mécanismes d'application de ces deux plans", a déclaré à l'AFP M. Abbas peu avant de quitter Washington.

"Le président Obama a promis d'étudier ce document", a pour sa part affirmé à l'AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat.

L'initiative arabe de paix, lancée par l'Arabie Saoudite en 2002, prévoit une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés depuis 1967 et la création d'un Etat palestinien.

Israël l'a rejetée dans sa forme actuelle, principalement en raison de la mention faite au droit au retour des réfugiés palestiniens.

Quant à la Feuille de route, elle a été élaborée par le Quartette international -- Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU-- et lancée en 2003. Elle prévoit la création d'un Etat palestinien dans les territoires occupés par Israël mais elle est restée lettre morte depuis son lancement.

M. Abbas a qualifié sa rencontre avec M. Obama de "sérieuse et franche". "Nous sommes convenus de rester en contact en permanence", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le point de savoir s'il était plus optimiste sur la création d'un Etat palestinien sous la présidence Obama, il a répondu: "j'espère que les promesses vont se réaliser. Rien ne l'empêche à condition qu'Israël ne pose pas d'obstacles".

M. Abbas a en outre annoncé une nouvelle visite dans la région le 7 juin de l'émissaire américain George Mitchell.
 

Première publication : 29/05/2009

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