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Asie - pacifique

Le Pakistan libère un proche du groupe suspecté d'être impliqué

©

Texte par Marc LELLIÈVRE , , correspondant à Islamabad

Dernière modification : 04/06/2009

Islamabad a remis en liberté le chef d'une association islamique caritative considérée comme l'ex-vitrine légale du Lashkar-e-Taïba (LeT), le groupe accusé par New Delhi d'avoir perpétré les attentats de Bombay. Au grand dam de Delhi.

"Notre organisation est une organisation d'entraide. Cette décision démontre que nous n'avons rien à voir avec le terrorisme." Yahya Mujaghid, le porte-parole du Jamaat-ud-Dawa, a de quoi être satisfait : Hafiz Saeed, le fondateur de cette ONG caritative pakistanaise soupçonnée d'être proche d'un mouvement terroriste, le Lashkar-e-Taïba, a été libéré mardi par la Haute cour de justice de Lahore.

 

Depuis le mois de décembre, Hafiz Saeed était assigné à résidence. La mesure avait été prise après les attentats de Bombay, l'Inde accusant le Lashkar-e-Taïba d'être impliqué dans l'attaque qui a fait 166 morts en novembre dernier. La Haute cour a toutefois estimé que les preuves justifiant sa détention étaient insuffisantes.

 

Camp d'entraînement

 

Libre, Hafiz Saeed n'en reste pas moins un personnage controversé. Et pour cause : en 1987, il co-fonde le Jamaat-ud-Dawa avec Abdullah Azzam, un proche d'Oussama Ben Laden. L'organisation développe alors un réseau d'écoles, d'hôpitaux et une université à Muridke, près de Lahore.

 

Deux ans plus tard, Saeed crée le Lashkar-e-Taïba. Selon plusieurs experts, des étudiants du campus de Muridke auraient été envoyés dans des camps d'entraînement militaire du Lashkar.

 

Le seul survivant du commando des attentats de Bombay, Amir Qasab, a avoué qu'il avait fait partie du Jamaat-ud-Dawa avant d'aller dans un camp du Lashkar, dans le nord-ouest du Pakistan. C'est la raison pour laquelle Hafiz Saeed est aujourd'hui considéré comme le suspect numéro un des attentats de Bombay.

 

Une fois la décision de la Haute cour révélée, l'Inde n'a pas manqué d'exprimer sa déception. Son ministre de l'Intérieur, Palaniappan Chidambaram, a ainsi déclaré que "le Pakistan ne fait pas preuve du sérieux et de l'engagement nécessaires pour traduire devant la justice ceux qui ont perpétré l'attentat de Bombay".

Première publication : 02/06/2009

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