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EUROPE

Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ouvrent le bal

Texte par Dépêche

Dernière modification : 04/06/2009

Les Britanniques et les Néerlandais sont les premiers à être appelés aux urnes pour les élections européennes. L'abstention s'annonce forte, et les observateurs craignent une poussée des listes populistes.

AFP - Les élections européennes ont commencé jeudi en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, deux pays où l'abstention s'annonce forte et où les populistes pourraient faire une percée, comme à l'échelle de toute l'UE lors de ce scrutin qui s'étale jusqu'à dimanche.

Les 388 millions d'électeurs appelés à élire 736 députés ne votent pas tous en même temps.

Après les Néerlandais qui ont commencé à voter à 05H30 GMT, et les Britanniques qui votent également pour des élections locales et dont les bureaux de vote se sont ouverts à 06H00 GMT, ce sera le tour des Irlandais et des Tchèques, puis des Lettons, Slovaques, Maltais et Chypriotes.

Dix-neuf des 27 pays de l'UE - dont l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne et la Pologne, voteront dimanche. La première estimation de la couleur politique du prochain Parlement devrait être annoncée ce jour là vers 22H30 (20H30 GMT).

"Tout le monde s'attend à ce que le Parti populaire européen (conservateurs) perde un peu de voix, voire quelques sièges, mais à ce qu'il reste la première force du Parlement", estime Antonio Missiroli, analyste au European Policy Centre à Bruxelles.

Car malgré la crise économique et la montée du chômage, socialistes et socio-démocrates, deuxième force actuelle, devraient enregistrer de piètres scores, peut-être même "un désastre", selon l'analyste.

Beaucoup dépendra des résultats engrangés par les "antis" - les partis europhobes et eurosceptiques, situés aux extrêmes ou tout simplement marginaux, dont les listes ont poussé comme des champignons.

Le Parlement européen a recensé quelque 656 listes nationales, dont 160 listes rien qu'en France, 82 en Italie ou 33 au Royaume-Uni.

Tous les analystes s'accordent à penser que les "antis" devraient faire un bon score.

Aux Pays-Bas, le Parti de la liberté du populiste islamophobe Geert Wilders pourrait remporter trois sièges et 12% des voix, selon un récent sondage. Ce qui le mettrait au coude-à-coude avec les travaillistes.

Au Royaume-Uni, le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui fait campagne pour que Londres claque la porte de l'Union européenne, pourrait obtenir 19% des suffrages, selon un récent sondage.

Le Labour du Premier ministre Gordon Brown, en chute libre avec le scandale des notes de frais parlementaires, risque lui l'humiliation en n'arrivant que troisième, derrière l'UKIP et 22 points derrière les conservateurs de David Cameron.

Pour autant, souligne Hugo Brady, du Centre for European Reform à Londres, ces protestataire "créeraient la surprise s'ils totalisaient plus de 50 sièges" au Parlement. Et "ils sont hétérogènes", incapables de s'entendre sur de nombreux dossiers, donc de former un véritable groupe politique.

L'autre grande incertitude porte sur la participation, dont certains parient qu'elle touchera un nouveau record à la baisse, après 45,4% en 2004.

L'abstention est alimentée par l'absence d'enjeux clairs, comme le choix du président de la Commission européenne, qui relève des gouvernements de l'UE. Le président actuel, le Portugais José Manuel Barroso, part d'ailleurs grand favori pour un nouveau mandat, d'autant que les socialistes, très divisés, n'ont présenté aucune candidature alternative.

Les dirigeants européens n'ont cessé ces derniers jours de tenter de réveiller les électeurs. Du message commun d'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy publié dimanche au Premier ministre tchèque Jan Fischer.

"On ne peut pas se plaindre que l'UE n'est pas démocratique et en même temps refuser d'aller voter", a déclaré ce dernier mercredi.

Aux Pays-Bas, où de premiers résultats seront connus dès jeudi soir, les sondages prédisent une participation ne dépassant pas 40%.
 

Première publication : 04/06/2009

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