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Sports

Cinq mois de prison avec sursis requis contre l'ex-patron de la FFT

Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/06/2009

Le procureur de la République du tribunal correctionnel de Paris a requis cinq mois de prison avec sursis et 45 000 euros d'amende contre l'ex-président de la FFT Christian Bîmes, poursuivi pour des malversations financières.

AFP - Cinq mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende ont été requis vendredi à l'encontre de Christian Bîmes, ex-patron de la Fédération française de tennis, qui, selon le procureur de la République a "commis des délits de prise illégale d'intérêt" mais "sans préjudice".

Président de la FFT entre 1993 et 2009, Christian Bîmes était poursuivi pour "prise illégale d'intérêt" et "abus de confiance" devant la 11e chambre du Tribunal correctionnel de Paris.

C'est le cumul des emplois salariés à la FFT et TF1 qui a provoqué la plus grande sévérité chez le procureur: "Monsieur Bîmes s'est placé dans une situation invraisemblable de conflit d'intérêt", a-t-il tonné.

Ce cumul d'emplois, à la FFT et à TF1, maison-mère d'Eurosport, diffuseur du tournoi de Roland-Garros, "fait naître un doute et rend l'existence d'un préjudice indifférente", a-t-il insisté, alors que les parties civiles estimaient que la baisse des droits TV acquittés par Eurosport était la conséquence de l'emploi de M. Bîmes à TF1.

Concernant la femme de M. Bîmes, Caroline, qui a continué à travailler comme hôtesse pour la FFT après son mariage, le procureur a estimé que "c'était son métier, que les prestations (étaient) réelles et leur coût n'(était) pas supérieur" à celui d'une autre agence d'hôtesses.

Il a requis 10.000 euros d'amende à l'encontre de Caroline Bîmes qui, comme son mari, risquait jusqu'à 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende.

En ce qui concerne l'abus de confiance, le procureur a plaidé la relaxe, "par manque de preuves", soulignant qu'il n'avait pas relevé de trace de l'existence d'un "système Bîmes".

 

"Complot"

Le tribunal avait précédemment examiné ces accusations d'abus de confiance, soit une accumulation de petits détournements reprochés à M. Bîmes qui lui a valu d'être traité de "pilleur de troncs" par un avocat de la partie civile.

Ainsi, le président de la FFT, officiellement domicilié à Saint-Tropez, vivait près de 250 jours par an à Paris et percevait des indemnités de 280 euros pour chaque jour passé dans son appartement parisien.

Accusé d'avoir fait payer à la fédération les billets d'avion de sa femme et de ses enfants ou les chambres d'hôtel de ses proches, d'avoir obtenu des frais kilométriques malgré une voiture de fonction, Christian Bîmes a contre-attaqué, évoquant un "véritable complot".

"Avec un chef d'orchestre, Jean-Paul Loth (ancien directeur technique national), qui s'est amusé avec les inimitiés et les méchancetés" pour dénoncer "le système Bîmes", a-t-il renchéri.

M. Bîmes a également accusé Patrick Proisy, son opposant de l'élection fédérale de 2005, d'avoir organisé l'envoi de lettres anonymes et le dépôt de la plainte initiale par cinq licenciés de la FFT, et enfin certains (ex)-dirigeants du groupe ASO, dont Patrice Clerc, auteur d'un témoignage à charge, et Jean-Pierre Courcol, qui fut deux fois son rival lors d'élections fédérales.

"Ils voulaient ma peau. Ils voulaient m'écoeurer et l'ont fait en touchant aux choses les plus sensibles: mon épouse et ma famille. J'ai été sali", a conclu Bîmes, dont les avocats ont plaidé la relaxe.

Le jugement a été mis en délibéré à un mois.

Première publication : 13/06/2009

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