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Asie - pacifique

Offensive surprise contre les rebelles

©

Texte par Cyril PAYEN

Dernière modification : 15/06/2009

Alors que le procès de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi s’enlise, l’armée birmane a lancé une offensive contre la rébellion karène, une minorité ethnique qui lutte pour son indépendance depuis 1948.

Le destin continue de s’acharner contre les minorités ethniques birmanes. Ils sont des milliers de Karens à s’entasser dans des camps de fortune le long de la frontière thaïlandaise depuis quelques jours. Et ce sont les plus chanceux. Des centaines d’autres familles, à bout de force, qui, pour certaines d’entre elles, ont dû marcher plus d’une semaine à travers des champs de mines et sous des pluies torrentielles pour fuir leurs villages, sont contraintes de se cacher dans des grottes ou dans la jungle.

 

Un grand nombre de ces réfugiés sont blessés. L’armée birmane a en effet lancé une offensive surprise contre la rébellion karène - la plus ancienne insurrection de l’histoire du pays qui se bat pour son indépendance depuis 1948 - en pleine saison des pluies, un fait rarissime, en s’appuyant sur une milice pro-gouvernementale. Si les populations fuient les combats, ils veulent à tout prix aussi échapper au recrutement forcé des soldats gouvernementaux, qui les utilisent comme porteurs ou, pire, comme "démineur", en les faisant marcher à l’avant des colonnes de militaires. Une pratique courante sur ce front de l’est birman.

 

Les Nations unies ont dépêché des équipes sur place pour évaluer les besoins d’urgence et l’armée thaïlandaise est en état d’alerte maximum. Des obus de mortiers ont en effet atterri du côté thaïlandais ces derniers jours. Au-delà de la nouvelle crise humanitaire qui se profile dans une zone qui compte déjà 120 000 réfugiés répartis dans des camps, dont certains ont dû être créés il y a plus de 20 ans, cette attaque des forces birmanes surprend les observateurs.

 

En provoquant un afflux de réfugiés sur le territoire voisin, la dictature de Rangoon pourrait chercher à "punir" la Thaïlande pour avoir officiellement dénoncé la détention d’Aung San Suu Kyi. La junte militaire semble en tout cas déterminée à neutraliser toute forme d’opposition - politique ou armée - avant les élections de 2010.
 

Première publication : 13/06/2009

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