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FRANCE

Les enquêteurs examinent les débris récupérés dans l'océan

Vidéo par FRANCE 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 15/06/2009

Deux semaines après le crash de l'A330 d'Air France, les marines française et brésilienne continuent de repêcher des corps et des débris de l'avion dans l'Atlantique. Les experts semblent exclure la thèse de l'explosion pour expliquer le drame.

AFP - Les recherches en plein Atlantique de l'épave de l'Airbus d'Air France et des corps des 228 victimes entrent lundi dans leur troisième - et peut-être dernière - semaine, la priorité devant passer à la découverte des boîtes noires et à l'enquête.


Le drame du vol AF 447 Rio-Paris, qui s'est abîmé en mer entre le Brésil et l'Afrique dans la nuit du 31 mai au 1er juin, reste inexpliqué bien que les sondes de vitesse défectueuses de l'avion aient été mises en cause.

Mais, dimanche, EADS, maison-mère du constructeur aéronautique Airbus, a appelé à la "prudence". "C'est la convergence de différentes causes qui occasionne un tel accident", a déclaré Louis Gallois, président exécutif d'EADS, à la veille de l'ouverture du salon aéronautique du Bourget, près de Paris.

"Nous ne savons pas si les tubes Pitot (les sondes qui permettent de mesurer la vitesse en vol, ndlr) ont joué un rôle dans l'accident, personne ne le sait", a ajouté M. Gallois.

Air France, comme le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) chargé de l'enquête, refuse également de faire un lien entre l'accident et les sondes Pitot. La compagnie a néanmoins accéléré leur remplacement sur ses Airbus A330-A340, sous la pression des pilotes et après plusieurs incidents en 2008 liés à un dysfonctionnement de ces sondes.

Le président d'Airbus, Thomas Enders, a indiqué que des équipes de l'avionneur se trouvaient auprès du BEA, au Brésil, ainsi que sur les bateaux qui recherchent les débris de l'appareil.

Sans attendre les boîtes noires, les enquêteurs français devaient tirer de premiers enseignements des débris rassemblés dans un vaste hangar à Recife, sur la côte Nord-Est.

Ces débris semblaient indiquer que la chute de l'avion a été soudaine et qu'il n'a pas explosé en vol, selon des experts brésiliens cités par la presse. Ceux-ci s'appuient notamment sur une photo montrant des sièges de l'équipage, repliés, ce qui suggère que celui-ci circulait et a été pris par surprise.

Dimanche, l'armée brésilienne a rectifié à la baisse le nombre de corps repêchés, indiquant que 43 et non 44 corps avaient été récupérés par ses navires. La flotte française de son côté a repêché six corps.

Les premiers corps ont été transportés à Recife où ils étaient examinés par les médecins légistes.

Une trentaine de proches des victimes se sont entretenus samedi à Rio avec l'émissaire du gouvernement français auprès des familles, Pierre-Jean Vandoorne. "Leur première préoccupation est de retrouver les corps et de comprendre les causes de la catastrophe", a souligné M. Vandoorne qui devait rencontrer dimanche à Recife les militaires brésiliens chargés des recherches.

Depuis deux semaines, la flottille franco-brésilienne déployée au milieu de l'Atlantique passe au peigne fin une large zone, à environ 1.350 km de la côte brésilienne.

Mais, après les premiers jours où les marins ont dit naviguer "au milieu d'une mer de débris", ceux-ci se sont faits plus rares.

Avec beaucoup de précaution, les militaires brésiliens ont ainsi commencé à évoquer un arrêt des recherches. Celles-ci continueront "au moins jusqu'au 19 juin", a déclaré un porte-parole militaire en précisant que, à partir du 17 juin, une évaluation serait faite tous les deux jours.

En revanche, la recherche des deux boîtes noires devait s'intensifier, mobilisant le sous-marin nucléaire français Emeraude, deux remorqueurs de haute mer tirant des sonars au fond de l'eau, ainsi que le navire d'exploration sous-marine "Pourquoi pas" équipé d'un sous-marin et d'un robot.

 

Première publication : 15/06/2009

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