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Entre censure et cyberattaques, le combat a aussi lieu sur la Toile

Vidéo par Laure DE MATOS

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 16/06/2009

Depuis l'élection présidentielle, plusieurs sites de socialisation sont pris d'assaut par les opposants au régime iranien. Un moyen de contourner la censure pour s'informer. Et d'organiser une cyber contre-attaque.

Alors que dans les rues de Téhéran la colère des opposants ne faiblit pas, le Web est devenu une plateforme de choix pour exprimer sa colère après la réelection à la présidence de Mahmoud Ahmadinejad. Entre cyberattaques des sites officiels iraniens et utilisation des réseaux sociaux comme Twitter et Facebook pour se tenir informé et organiser le mouvement, une cyber-révolution pourrait bien être en marche.
 

Avec 23 millions d'Iraniens connectés sur une population totale de 70 millions, et 400 000 blogs en farsi selon l'OPenNet Initiative, qui étudie les utilisations d'Internet, le recours à la Toile n'a rien d'étonnant.

 

Depuis le scrutin de vendredi, le site de microblogging Twitter recense plusieurs fils de discussion consacrés à l'après-élection. Sur certains, comme iranelection, plus de 200 tweets (des courts messages) sont postés toutes les minutes. "Habillez-vous en noir pour la manifestation en mémoire des violences d'hier", réclament certains. "Rendez-vous devant les bureaux de l'ONU à Téhéran!", annoncent d'autres.

 

Twitter a d'ailleurs repoussé une mise à jour de son service afin de permettre aux discussions de continuer sans interruption.
 

La "cyber-révolution" des opposants
 

L'ensemble de la Toile est devenue un champ de bataille entre pouvoir et internautes iraniens. Lundi, le site de socialisation Facebook a ainsi annoncé que quelques 150 000 utilisateurs basés en Iran avaient du mal à se connecter. En fait, pendant le week-end, les autorités iraniennes ont bloqué l’accès à plusieurs sites internet d’opposants, à Facebook ou encore au site de partage de vidéos YouTube

 

En réponse, une cyber-offensive est en cours. Depuis lundi, plusieurs sites officiels iraniens, dont le blog du président Mahmoud Ahmadinejad, affichent un étrange message. "Le nombre maximum de visiteurs est atteint, les serveurs sont saturés." Le contenu de ces sites est donc inaccessible. Mais ce n’est pas l’afflux d’internautes pro-Ahmadinejad qui en est à l’origine.

 

Au contraire, des opposants ont lancé une sorte de "cyber-révolution" qui vise à bloquer l’accès aux sites du gouvernement iranien. 

 

Ainsi, sur Twitter, un fil spécifique, DDOSIran, appelle les internautes à participer à une attaque internet de type DDOS (Denial of service). Un procédé classique pour les "hackers" qui consiste à surcharger un site de requêtes jusqu’à ce que les serveurs craquent.

 

Les internautes qui participent au mouvement tiennent la communauté au courant du nombre de sites qui tombent sous ces assauts virtuels. Un document google circule sur la Toile pour informer des cibles prioritaires de ces attaques.

Première publication : 16/06/2009

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