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Asie - pacifique

Ahmadinejad accuse Londres et Washington d'ingérence

Texte par Dépêche

Dernière modification : 21/06/2009

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad taxe la Grande-Bretagne et les États-Unis d'ingérence dans les affaires de la République islamique. Mais Londres nie catégoriquement que les manifestants soient manipulés par des États étrangers.

AFP - Téhéran a durci le ton dimanche contre la Grande-Bretagne, accusée de "complot" et d'"ingérences" dans les affaires iraniennes, et décidé d'expulser le correspondant de la BBC en Iran pour soutien aux manifestants qui contestent les résultats de la présidentielle.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, dont la victoire électorale du 12 juin est remise en cause lors de manifestations quasi-quotidiennes, a demandé dimanche à Londres, mais aussi à Washington, de cesser leurs "ingérences" dans les affaires intérieures iraniennes.

"Ce n'est pas en tenant des propos hâtifs que vous entrerez dans le cercle des amis de la nation iranienne, a déclaré M. Ahmadinejad sur son site internet. Pour cette raison, je vous demande de cesser vos ingérences."

Jon Leyne, correspondant permanent de la BBC à Téhéran, a reçu l'ordre des autorités de quitter le pays sous 24 heures, pour avoir "soutenu" les émeutiers, a rapporté dimanche l'agence Fars, proche du gouvernement.

A Londres, la BBC a confirmé l'information précisant toutefois que son bureau à Téhéran resterait ouvert.

L'Iran a par ailleurs adressé un avertissement à l'ensemble des médias britanniques.

"Si les différents réseaux radios et télévisions britanniques continuent d'interférer dans les affaires intérieures de notre pays en diffusant des informations mensongères ou inexactes de l'Iran, ou d'ignorer l'éthique internationale en matière de journalisme, il y aura d'autres mesures de rétorsion", a déclaré le ministre de la culture et de la Guidance islamique Mohammad Hossein Safar Harandi.

Les autorités iraniennes accusaient depuis plusieurs jours la BBC, ainsi que des médias occidentaux non identifiés, de soutenir la contestation.

Outre la BBC, les médias britanniques encore présents en Iran sont le quotidien Financial Times et l'agence Reuters (texte et TV).

Dimanche également, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a accusé Londres d'avoir comploté contre le scrutin présidentiel.

"La Grande-Bretagne a comploté contre l'élection présidentielle depuis plus de deux ans", a déclaré le ministre lors d'une rencontre avec des diplomates étrangers, cité par la chaîne officielle satellitaire de langue anglaise, Press TV.

"Nous avons observé un afflux (de Grande-Bretagne) avant les élections", a-t-il avancé, évoquant la présence d'"+éléments+ liés aux services secrets britanniques".

La Grande-Bretagne "voulait que personne n'aille voter", a-t-il ajouté, "c'était la ligne des médias britanniques".

La Grande-Bretagne a nié "catégoriquement" ces accusations.

"Je rejette catégoriquement l'idée que les manifestants en Iran sont manipulés ou motivés par des pays étrangers", a déclaré dimanche le secrétaire britannique au Foreign office, David Miliband.

"Le Royaume-Uni est catégorique sur le fait qu'il revient au peuple iranien de choisir son gouvernement, et aux autorités iraniennes de garantir l'impartialité des résultats (de la présidentielle) et la protection de leurs concitoyens", a-t-il ajouté.

Les autorités iraniennes ont plusieurs fois dénoncé l'influence britannique sur les manifestations en Iran, les plus importantes depuis la fondation de la République islamique en 1979.

Vendredi, le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei s'en était déjà pris à Londres, affirmant que le gouvernement britannique avait montré "son vrai visage".

Londres avait alors convoqué le chargé d'affaires iranien et qualifié les propos d'Ali Khamenei d'"inacceptables".

Première publication : 21/06/2009

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