Dernière modification : 29/06/2009 

- Armée américaine - Chiites - Irak - Nouri al-Maliki - Terrorisme


Regain de violence à l'approche du retrait des troupes américaines
Au lendemain de l'attentat meurtrier perpétré à Bagdad, plusieurs personnes ont trouvé la mort dans deux attaques menées dans le pays. Au grand dam du Premier ministre, Nouri al-Maliki, qui s'inquiète des actes antichiites.
Par Dépêche (texte)
Lise BARCELLINI (vidéo)

AFP - Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a fustigé jeudi le silence des pays arabes et musulmans face à la multiplication des attentats antichiites qui ensanglantent son pays à l'approche du retrait américain des villes prévu le 30 juin.
  
"Nous appelons la communauté internationale, et particulièrement les pays arabes et musulmans, à prendre une position claire face à ces crimes horribles car le silence n'est plus acceptable", a-t-il dit dans un communiqué.
  
Les sunnites sont le courant majoritaire de l’islam. Le monde musulman est selon les estimations composé de 87% de sunnites et de 13% de chiites. Ces derniers sont notamment majoritaires en Iran et en Irak.
  
En deux semaines, plus de 150 personnes ont péri dans des attentats qui ont visé spécialement la communauté chiite dans plusieurs villes du pays. Mercredi soir, sur un marché du quartier pauvre de Sadr City, 62 personnes ont trouvé la mort dans l'explosion d'un tricycle motorisé à une heure de grande affluence.
  
Jeudi, deux personnes ont été tuées et 31 blessées dans deux attentats, l'un à la bombe et l'autre à la voiture piégée à deux heures d'intervalle, à l'entrée et dans la gare routière du quartier en majorité chiite de Bayaa, dans le sud-ouest de Bagdad.
  
Samedi, dans l'attentat le plus meurtrier depuis un an et demi en Irak, 72 personnes avaient péri dans la province de Kirkouk, à 250 km au nord de Bagdad. Un kamikaze a fait exploser son camion rempli d'une tonne d'explosifs ravageant le centre de la localité de Taza, une ville habitée par des turcomans chiites.
  
M. Maliki a accusé sans le nommer le mufti de la Mecque, l'un des plus importants personnages religieux d'Arabie Saoudite, pays qui se considère comme la citadelle du sunnisme, d'avoir incité à ces violences par des propos haineux à l'égard des chiites.
  
"Malheureusement, nous observons un silence suspect de la part de beaucoup de gouvernements à propos de fatwas (décrets religieux) publiés de temps à autre et qui appellent aux meurtres, à l'excommunication et à la haine", a-t-il dit dans un communiqué.
  
Cheikh Adel al-Gilbani, avait déclaré au début du mois à la BBC: "les religieux chiites sont sans aucun doute des renégats et il peut à la rigueur y avoir un débat pour savoir si tous les chiites le sont ou pas".
  
Selon l'islam, il est permis de tuer un renégat et l'auteur du meurtre ne peut être poursuivi. Gouverné pendant 80 ans par les sunnites, l'Irak est dirigé par les chiites depuis la chute de Saddam Hussein en 2003.
  
Les relations entre l'Arabie et l'Irak sont mauvaises. Le roi saoudien Abdallah a refusé au moins deux fois de recevoir M. Maliki car il lui reproche de marginaliser la communauté sunnite.
  
Pour le Premier ministre, "ce sont les takfiris (extrémistes sunnites) et les baassistes, appuyés par d'autres parties, qui sont derrière les crimes terroristes de Sadr City et de Baya", à Bagdad.
  
"A l'approche du 30 juin, date du retrait américain des villes, la rage des auteurs de la violence confessionnelle va en grandissant et ceux qui les incitent en propageant une idéologie takfiri sont derrière les terribles massacres endurés par les Irakiens ces dernières années", a assuré M. Maliki.
  
A quelques jours du retrait américain des villes irakiennes, les responsables irakiens estiment que les auteurs des attentats entendent miner la confiance des forces de l'ordre irakiennes et contraindre les soldats américains à intervenir afin de montrer que l'accord de sécurité signé entre Bagdad et Washington n'est qu'un morceau de papier.
  
"Leur plan est d'accroître le confessionnalisme, de créer le chaos, de faire échouer le processus politique et d'empêcher le peuple irakien de rétablir sa souveraineté", a-t-il insisté.

Commentaires (4)

apres la dictature, le long chemin vers la democratie

Nous avions une impression de stabilite au Irak a l' epoque de la dictature Saddam Hussein parce que la majorite shiite et les kurdes etaient durement reprimes et assassines. Maintenant les conflits entre shias et sunnis sont evidents et n'ont plus caches.
La presence americaine a eu le merit de deloger un dictateur effroyable, mais le chemin vers la democratie et le respect entre differents groupes ethniques sera long. Une des consequences des dictatures c'est de desorganiser la societe civile - exactement ce que nous voyons maintenant en Irak.

Amélioration ?

Bonjour, A F.24, vous faites fort. Qu'est ce que c'est que ce guignol ricain qui nous dit que la situation est meilleure qu'avant. On a l'impression que le "bon" Sieur n'a pas regardé le film. Sur le fond, les ricains s'en tapent des horreurs de l'Irak. Ils ont la main mise sur le pétrole pour des décennies et placé un gouvernement dirigé par des marionnettes à leur botte. Et vive la démocartie à la sauce US. Salut

comme des grands

comme quoi, les irakiens se bouffent la tete entre eux et comme des grands, allez savoir pourquoi?
les israeliens sont pourtant bien loin, peut etre que les iraniens sont derriere?

guerre civile...

...la présence américaine n'a fait que reporter de quelques années la vraie guerre civile qui va enfin pouvoir commencer...il y a trop de rancoeur trop de crimes impunis trop de traites qui ont colaborer avec l'occupant trop de comptes à régler...l'occupant en favorisant un camp contre l'autre n'a fait que s'accumiuler la haine entre les communautés..les pires atrocités ne sont pas derrière mais devant nous...dire que du temps de saddam on ne parlait ni de chiites ni de sunnites mais d'un irak laïc...pauvre occident...

Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet
Fermer