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Asie - pacifique

Le président Karzaï appelle les Taliban à participer aux élections

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/06/2009

À l'approche des élections présidentielle et provinciales du 20 août, Hamid Karzaï, candidat à sa propre succession à la tête de l'État afghan, invite ses "frères Taliban" à participer aux scrutins plutôt que de faire preuve de violence.

AFP - Le président afghan Hamid Karzaï, candidat à sa succession, s'est posé samedi en rassembleur, appelant "tous les Afghans", dont ses "frères talibans", à voter aux élections présidentielle et provinciales du 20 août plutôt que de tenter de les empêcher par la violence.

"J'appelle tous les Afghans (...) à prendre part à ces élections et ainsi rendre service à ce pays", a déclaré le président sortant et favori du scrutin présidentiel lors d'une conférence de presse à Kaboul.

Il s'est en particulier adressé à ses "frères talibans et à tous les autres Afghans", qu'ils soient à l'étranger ou dans "l'opposition", y compris "armée".

"Je leur demande de revenir dans leur pays, qu'ils prennent des cartes d'électeurs (...) et prennent part au vote", quel que soit leur choix, a ajouté M. Karzaï.

Il faisait notamment référence aux rebelles basés au Pakistan, où beaucoup de talibans - y compris leur insaisissable chef, le mollah Omar, selon certaines sources - ont fui et établi leurs bases arrières après le renversement de leur régime fin 2001 par une coalition internationale menée par les Etats-Unis, qui soutient aujourd'hui le gouvernement de Kaboul.

Il a aussi mentionné le nom du chef de guerre et ancien Premier ministre Gulbuddin Hekmatyar, un autre leader rebelle en fuite.

"Je leur demande encore et encore de renoncer à la violence, pas seulement pour le jour des élections mais pour toujours, de cesser de sacrifier le peuple afghan" et d'aider le pays "à réunir les conditions favorables à des élections", a lancé le président afghan.

Le scrutin apportera "plus de stabilité, plus de paix et plus de développement" au pays, a-t-il estimé.

Elu en 2004 lors de la première présidentielle au suffrage universel de l'histoire afghane, M. Karzaï est donné favori pour la seconde, dans un pays ravagé par des décennies de guerre et secoué par une sanglante insurrection islamiste menée par les talibans.

Les violences ont augmenté depuis deux ans et atteint ces dernières semaines des records absolus depuis la chute des talibans, faisant craindre des attaques contre des bureaux de vote ou des intimidation contre les électeurs, en particulier dans les bastions rebelles du sud.

Les insurgés n'ont pas explicitement annoncé des violences mais appelé au boycott des élections.

Plusieurs candidats aux provinciales ont déjà été tués. Dans la nuit de vendredi à samedi, 8 policiers ont été tués dans l'attaque de leur poste par un groupe de talibans dans le Helmand (sud), selon les autorités locales.

Le président sortant a appelé les candidats à promouvoir l'unité nationale en évitant de nourrir les tensions. "Lorsque le vainqueur sera annoncé, (...) nous devrons vivre ensemble et nous asseoir à la même table", a-t-il souligné.

Il a également mis en garde contre toute "ingérence" étrangère, tout en veillant à rassurer les Etats-Unis et ses autres alliés internationaux.

"Tout gouvernement futur (...) poursuivra sa coopération avec eux (les alliés) dans la guerre contre le terrorisme. Par conséquent, personne ne devrait avoir de raison de s'ingérer dans les affaires afghanes", a-t-il dit.

Les Etats-Unis et leurs alliés déployés en Afghanistan ont fait venir des dizaines de milliers de soldats en renfort pour sécuriser les élections, qu'ils financent intégralement à hauteur de 220 millions de dollars avec l'ONU.

Les forces de sécurité afghanes et internationales ont multiplié récemment les opérations de contre-insurrection, notamment dans le sud, pour tenter de pacifier les régions instables en vue du scrutin.

Première publication : 27/06/2009

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