29 juin 2009 - 10H51
- Cambodge - Justice internationale - Khmers rouges

Un rescapé du régime témoigne au procès des ex-Khmers rouges
Le tribunal international chargé de juger les anciens responsables du régime des Khmers rouges a entendu le témoignage de Van Nath, l'un des rares rescapés de la prison Tuol Sleng qui était dirigée par le tristement célèbre "Douch" (photo).
Par Dépêche (texte)
Alix LE BOURDON (vidéo)

AFP - Van Nath, l'un des rares survivants de la prison de Tuol Sleng, a témoigné lundi des horreurs vécues dans ce centre de détention dirigé par "Douch" dont le procès se poursuit devant le tribunal spécial chargé de juger les anciens responsables Khmers rouges.
   
Agé de 63 ans et devenu depuis lors l'un des artistes peintres les plus en vue du Cambodge, Van Nath n'a dû sa survie qu'à la réalisation, sur ordre, de tableaux de propagande représentant le leader du régime, Pol Pot.
   
Privé de nourriture, il affirme avoir songé à manger de la chair humaine.   "La faim et la soif m'obsédaient. J'envisageais même de manger de la chair humaine", dit Van Nath qui raconte encore comment les prisonniers se jetaient sur des insectes tombés du plafond pour les avaler.
   
"Les conditions étaient si inhumaines et la nourriture si rare. Nous n'avions droit qu'à trois cuillers de gruau par repas. J'ai perdu toute dignité. Même aux animaux ils donnaient plus à manger", témoigne-t-il.
   
Arrêté en 1977 et transféré à Tuol Sleng, il voit les détenus mourir à côté de lui durant le premier mois de détention. Très faible, il doit être soutenu pour se tenir debout et marcher.
   
Un jour, alors qu'il est convoqué, il croit sa dernière heure venue: "Je me suis dit que cela n'avait plus d'importance, car je pouvais mourir d'un jour à l'autre et je préférais mourir plutôt que vivre dans de telles conditions". Mais un responsable de la prison lui demande de peindre un portrait de Pol Pot. "Je savais que si je peignais mal, je risquais gros. J'étais très nerveux", ajoutant qu'il s'agissait d'un "marché de vie ou de mort".
   
La Cour, parrainée par les Nations unies, juge actuellement Kaing Guek Eav, alias "Douch", accusé d'avoir supervisé l'élimination de plus de 15.000 personnes à la prison de Tuol Sleng sous le régime ultra-communiste des Khmers rouges (1975-1979). Quatre autres responsables au profil plus politique du "Kampuchéa démocratique" doivent être jugés l'an prochain.
   
Plus de 15.000 personnes ont été torturées à la prison de Tuol Sleng avant d'être tuées dans des "killing fields" voisins, dans le cadre de vastes purges organisées par les hommes de Pol Pot (1975-1979).
   
 

Commentaires

à Payne

Ce procès a lieu d'être pour la mémoire des victimes et pour que tous les cambodgiens prennent conscience que la période khmère rouge a bel et bien existé. Vann Nath se bat et travaille pour continuer à faire entendre la voix des malheureux qui sont morts à ses côtés. Eh quoi, il faudrait fermer et enterrer bien profondément la boîte à horreurs, loin du regard des vivants ? pour leur bien-être ? leur salut ?
La douleur fait partie de la vie, il faut l'accepter, surtout si elle peut aider à comprendre, et à faire en sorte que ces événements ne se reproduisent plus.

Enfin la procès, enfin la vérité sur cette sombre partie ...

... de l'histoire du Cambodge !
C'est comme un peu de baume sur une plaie, mais qui ne se fermera cependant jamais !
Il suffit de connaître ne serait-ce qu'une seule personne ayant perdu un ou plusieurs membres de famille, ou même toute la famille, pour comprendre, que ce procès, si douloureux soit-il, est INDISPENSABLE pour établir la vérité.
Même si sur les bancs il en manque pleins, même si le procès mine les personnes tel Monsieur VANN Nath, qui a pris 10ans en 2ans, ce procès est indispensable pour fermer le livre noir du Cambodge !
Hommages ... Pensées ...

si longtemps

après que les victimes aient été torturées et que leurs bourreaux aient disparus ou en fin de vie, quelles raisons poussent les uns et les autres à réouvrir une telle plaie? Et à quel prix? A moins qu'il ne s'agisse de les coller dans une sorte de Panthéon planétaire comme les saints, les bienheureux et le Père Noël?

Remarque

personne ne peut savoir ce qui s'est passé dans votre esprit pour commettre de telles horruers Mr Douch, j'ai entendu dire que vous vous preniez pour Saint Paul, mais il déjà venu. L'heure de votre fin approche vous devriez y songer, songer à vous-mêmes ce sera d'abord penser aux autres, à ceux qui ont succombé à votre boucherie, à s'excuser auprès de leurs proches, faire des actions dans ce sens, dépêchez-vous

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