"Yemenia assassin !", "Supprimez, supprimez !", scandaient, jeudi, les quelque 500 personnes d'origine comorienne venues manifester à l'aéroport Marseille-Provence contre Yemenia Airways. Dans une ambiance tendue, hommes et femmes vêtus de tenues traditionelles ont formé une chaîne humaine pour bloquer l'accès aux guichets d'enregistrement du vol 7501 de la compagnie yéménite qui devait décoller à 18 heures (GMT+2) pour relier Sanaa, puis Moroni. "On ne veut plus de Yemenia [pour] les vols [vers les] Comores", vitupère l'un d'entre eux.
Face à la colère, toujours aussi vive trois jours après le crash d'un A310 de Yemenia Airways au large de Moroni, la compagnie a décidé "de stopper pour une durée indéterminée ses vols au départ de Marseille et à destination de Sanaa", en invoquant "un cas de force majeure". Yemenia s'est engagé à rembourser les billets. Une mobilisation avait déjà entraîné l'annulation d'un vol prévu mercredi.
Aujourd'hui, les manifestants veulent aller plus loin. Ils réclament la création d'une commission d'enquête incluant l'État français et des représentants de la diaspora. "Tant que nous n'aurons pas les résultats de la commission d'enquête, aucun vol ne partira de Marseille", préviennent-ils.
En fin de journée, les manifestants ont appris que le président Nicolas Sarkozy, présent hier à la Grande Mosquée de Paris pour assister à la cérémonie inter-religieuse en mémoire des victimes, répondait positivement à leur demande d'affréter un avion pour les parents des victimes souhaitant se rendre sur les lieux de la tragédie.
Les familles des victimes reçues à l'Élysée
Nicolas Sarkozy s'est mêlé aux 250 proches et parents des victimes, avant la traditionnelle "prière de l'absent".
Il a par ailleurs indiqué que le parquet de Bobigny, qui est chargé de l'enquête sur l'accident, s'était engagé à faire régulièrement le point avec la communauté comorienne de Marseille sur les investigations, et qu'il recevrait la semaine prochaine les représentants des familles des victimes.
"Je recevrai la semaine prochaine, avec les ministres concernés, les représentants des familles qui ont droit à la vérité", a-t-il déclaré. Alors qu'une polémique a vu le jour concernant l'état de l'avion de Yemenia, interdit de vol en France, Nicolas Sarkozy a dit n'avoir "pas d'éléments" sur ce point. Il a, en revanche, défendu l'idée d'une réglementation mondiale en la matière.
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a demandé qu'une prière en hommage aux victimes, toutes musulmanes, soit dite dans toutes les mosquées de France, vendredi, après la grande prière de midi.


















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