03 juillet 2009 - 06H43
- Airbus - Comores - Crash de l'A310 de Yemenia - Yémen

Yemenia suspend ses vols entre Marseille et Sanaa
À la suite des manifestations organisées par la communauté comorienne contre Yemenia à l'aéroport Marseille-Provence, la compagnie décide de suspendre ses vols au départ et à destination de Marseille, "pour une durée indéterminée".
Par FRANCE 24 (texte)
Cyril VANIER / Karim HAKIKI (vidéo)

"Yemenia assassin !", "Supprimez, supprimez !", scandaient, jeudi, les quelque 500 personnes d'origine comorienne venues manifester à l'aéroport Marseille-Provence contre Yemenia Airways. Dans une ambiance tendue, hommes et femmes vêtus de tenues traditionelles ont formé une chaîne humaine pour bloquer l'accès aux guichets d'enregistrement du vol 7501 de la compagnie yéménite qui devait décoller à 18 heures (GMT+2) pour relier Sanaa, puis Moroni. "On ne veut plus de Yemenia [pour] les vols [vers les] Comores", vitupère l'un d'entre eux. 

Face à la colère, toujours aussi vive trois jours après le crash d'un A310 de Yemenia Airways au large de Moroni, la compagnie a décidé "de stopper pour une durée indéterminée ses vols au départ de Marseille et à destination de Sanaa", en invoquant "un cas de force majeure". Yemenia s'est engagé à rembourser les billets. Une mobilisation avait déjà entraîné l'annulation d'un vol prévu mercredi.

Les recherches se poursuivent
Les opérations de recherche se concentrent sur "une zone de dérive" où les débris sont de plus en plus difficiles à repérer, a indiqué jeudi l'armée française. À environ 130 km des côtes comoriennes, l'avion Transall et les navires français "La Rieuse" et "Nivôse" sont chargés de localiser l'épave de l'avion. Le Transall doit redécoller ce vendredi de l'île de Mayotte pour une nouvelle mission de reconnaissance de cinq heures sur la zone du drame.
L'A310 de Yemenia s'est abîmé en mer, mardi, près des côtes comoriennes avec 153 personnes à son bord. Seule Bahia, une adolescente de 12 ans, a survécu et a depuis, été rapatriée en France. Parmi les victimes, il y aurait 61 Marseillais originaires des Comores. La communauté comorienne installée à Marseille atteindrait 70 000 personnes.

 

Aujourd'hui, les manifestants veulent aller plus loin. Ils réclament la création d'une commission d'enquête incluant l'État français et des représentants de la diaspora. "Tant que nous n'aurons pas les résultats de la commission d'enquête, aucun vol ne partira de Marseille", préviennent-ils.

En fin de journée, les manifestants ont appris que le président Nicolas Sarkozy, présent hier à la Grande Mosquée de Paris pour assister à la cérémonie inter-religieuse en mémoire des victimes, répondait positivement à leur demande d'affréter un avion pour les parents des victimes souhaitant se rendre sur les lieux de la tragédie.


Les familles des victimes reçues à l'Élysée

Le chef de l'État s'est rendu à la Grande Mosquée accompagné des ministres de l'Intérieur, Brice Hortefeux, de l'Immigration, Éric Besson, de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, et des secrétaires d'État aux Transports, Dominique Bussereau, à la Coopération, Alain Joyandet, et au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, était présent également.

Nicolas Sarkozy s'est mêlé aux 250 proches et parents des victimes, avant la traditionnelle "prière de l'absent".

Il a par ailleurs indiqué que le parquet de Bobigny, qui est chargé de l'enquête sur l'accident, s'était engagé à faire régulièrement le point avec la communauté comorienne de Marseille sur les investigations, et qu'il recevrait la semaine prochaine les représentants des familles des victimes.

"Je recevrai la semaine prochaine, avec les ministres concernés, les représentants des familles qui ont droit à la vérité", a-t-il déclaré. Alors qu'une polémique a vu le jour concernant l'état de l'avion de Yemenia, interdit de vol en France, Nicolas Sarkozy a dit n'avoir "pas d'éléments" sur ce point. Il a, en revanche, défendu l'idée d'une réglementation mondiale en la matière.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a demandé qu'une prière en hommage aux victimes, toutes musulmanes, soit dite dans toutes les mosquées de France, vendredi, après la grande prière de midi.

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